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Mais ce ciiic l'aulcur de l.i Ihimiiiilion disait, an sujrt lie l'air fameux ■■ IDiviiiili's liu Styx! », cette, autre merveille de sufjfjestiou instrumentale, est éfjalemeiit vrai quandjil s'af^il de l'iiUerprélalion de la scène de l'Oracle, ou, pour mieux dire, de tonte la musique de Gliu;!» : >• Il faul que l'orchestre soit inspiré. »
Telles sont les qualités extraoï'dinaires de la symphonie gkiekiste. Les défauts seraient la monotonie et la lourdeur.
La lourdeur, nous l'avons vu, tient surtout à la question des basses, que nous avons examinée déjà en parlant de l'emploi de ces instruments; l'interprélation peut la corriger dans une large mesure.
Quant à la monotonie, ne serait-ce pas plulôlchez 1(^ chevalier un excès de réserve ou de style, mal compris par notre génération trop agitée? Nous sommes désormais si curieux de virtuosité que nous supportons impatiemment une noblesse, un recueillement, une dignité qui nous privent des sursauts brusques, auxquels nous accoutuma l'artnerveux du XIX' siècle. Etquand on songe à toutes les oppositions si fréquentes de ces drames, on hésite vraiment à leur reprocher la grave tenue de certaines scènes, comme le commencement du dernier acte d'AlcesIe aux portes de l'Hadès, si supérieurement homogène dans ses lugubres (einles, ou comme la scène des Champs-Elysées, à propos de laquelle Gluck luimême disait à Corancez : « Le bonheur des justes doit consister principalement dans sa continuité et conséquemment dans son égalité, n
Et puis, si vraiment l'auteur à,'Armide fut parfois monotone, quand la situation insuffisamment tragique ne portait plus son orchestre (dans certains airs de ballet, par exemple), il fit faire, en somme, un pas si décisif aux recherches instrumentales qu'on ne saurait lui tenir rigueur de ces quelques faiblesses, part que le temps s'arroge toujours dans toutes les conceptions humaines, et que les siècles seuls font apparaître comme des rides fatales au visage des chefs-d'œuvre.
Si l'on veut retrouver pour le chevalier une admiration sans mélange, après ces légères chicanes, il suffit de rouvrir à leur première page Alcexte ou les Iphigi'nies, de relire leurs ouvertures qui, suivant l'eNpression de Gluck, « doivent prévenir les spectateurs de l'action qui va se représenter », et de voir ces ouvertures s'enchaîner sans interruption, sans cadence au premier acte du drame. On s'incline alors, plein de respect devant l'extraordinaire conception que cet homme du xvni= siècle se fit de la puissance suggestive de l'orchestre . Avoir trouvé cette recette de psychologie symphonique cent ans avant Wag.nek, c'est, à n'en pas douter, le fait d'un des plus grands génies orchestraux que le monde ait connus.