CHANTS TRADITIONNELS
La liturgie juive comporte une question fort complexe et qui est loin d'être résolue, c'est celle de l'origine des mélodies ou airs traditionnels. Les mélodies Juives sont des chants à une voix sans accompagnement. Elles sont chantées soit par l'officiant seul, soit alternativement par l'oftkiant et les fidèles. Elles ne reposent sur aucune mesure fixe et le rythme en est librement varié.
Faute de documents, faute d'histoire de l'art musical chez les Israélites, nous sommes réduits, lorsque nous voulons sonder le mystère de l'origine de ces mélodies, à nous en tenir à des hypothèses, qui, soit qu'elles llatteiit notre imagination, soit qu'elles paraissent devoir répondre le plus vraisemblablement à la réalité, ne sont que des hypothèses, c'est-àdire que nous restons plongés dans le doute et l'indécision. Toutes les reclierches de la science moderne, tous les efforts des savants et des musiciens juifs contemporains ne sont point parvenus à jeter la lumière sur cette question.
Doit-on recherclier les sources des mélodies traditionnelles juives dans les temps les plus reculés de l'histoire du <■ peuple élu »? doit-on au contraire leur attribuer comme auteurs une phalange d'artistes relativement modernes? Sont-elles nées en Orient, ou bien simplement dans l'Euiope centrale, et dans nos régions "? C'est ce que nous allons nous efforcer d'établir en comparant entre elles les ditférentes hypothèses émises par ceux qui, avant nous, ont traité cetl.e question
Une certaine tradition indique un rabbin allemand appelé Jacob MoELN, mais qu'on désignait communément sous le nom de Mah.^ril, et qui vivait à la fin du xiv siècle, comme étant l'auteur de la plupart de ces mélodies. Nous croyons pouvoir affirmer qu'il n'en est rien, et que ce rabbin se borna à fixer les chants en usage jusqu'alors en donnant l'ordre de n'y apporter aucun changement. Les ofliciants, en effet, n'ayant point, en général, de culture musicale très développée, se sont appliqués de tout temps et comme à plaisir à dénaturer les chants ti'aditionnels en y introduisant des variations, et en les'agréraentant de vocalises et autres procédés vocaux qui ont toujours été très goûtés des fidèles, plus sensibles à la virtuosité vocale qu'à la beauté des chants dont ils ne comprenaient pa^ la grandeur. Il faut donc penser qu'une tradition existait déjà à l'époque de Mah.xril, et que certaines mélodies traditionnelles sont de deux ou trois siècles plus anciennes que ce rabbin pour qu'il ait eu l'idée de les fixer.
Mais certains auteurs prétendent leur attribuer une origine encore plus reculée. D'après eux, on devrait en rechercher la source non pas dans les productions du moyen âge, mais bien presque dans les chants juifs les plus anciens, dans ceux chantés au temple de Jérusalem. La musique était en grand honneur dans les cérémonies sacrées à Jérusalem. Les textes nous parlent de l'ordonnance musicale des ollices; nous savons, d'autre part, que les lévites étaient en grande partie musiciens, soit cliauteurs, soit instrumentistes, et que le concours des voix et des instruments venait ajouter à la beauté et à la majesté de l'office divin. 11 serait donc possible que les chants sacrés du temple se fussent transmis jusqu'à nous. Mais un des principaux faits qu'invoquent ces auteurs estl'existence des accents toniques ou Neginoth
TECHNIQUE, ESTHÉTIQUE ET PÉDAGOGIE
TABLEAU DES ACCENTS TONIQUES AVEC LA TONALITÉ PARTICULIÈRE AFFECTÉE AUX DIFFÉRENTES SOLEN- NITÉS D'APRÈS LA TRADITION EN USAGE DANS LE NORD ET L'EST DE LA FRANCE, EN ANGLETERRE EN ALLEMAGNE ET DANS TOUS LES PAYS SLAVES. '