ACCENTS TONIQUES
Tandis que la récitation des prières est assez libre et tolère l'improvisation chez l'officiant, celle des Saintes Ecritures est fixée dans des limites assez étroites, et, au lieu d'embrasser une phrase entière, la mélodie s'applique à chaque mot. A l'époque du second temple, ces règles étaient déjà établies et se transmettaient oralement de génération en génération; mais elles n'ont été exprimées au moyen des signes que beaucoup plus tard. Quand on craignit de voir s'altérer la récitation traditionnelle de la Bible, on eut recours à un système de notation, et les signes employés ont reçu le nom d'accents. D'après l'opinion la plus répandue, le système actuel d'accentuation daterait du vu' siècle, et serait l'œuvre des savants appelés Massorêtes qui vivaient en Tibériade.
Les accents, en principe, indiquent la manière dont on doit couper Les phrases dans la lecture de la Bible. Ils répondent donc aux points et aux virgules, mais, contrairement à nos signes de ponctuation, ils se placent suc ou sous les mois. La récitation ayant pris un caractère musical de plus en plus niarqué, on a donné des signes non seulement au mots auxquels on s'arrête, mais aussi aux autres. Seuls, les mots
courts reliés aux mois suivants par un trait d'union en soni ilrpourvus. On a donc deux sortes d'accents, ceux qui inai'qucnt une pause plus ou moins lorte et qui s'appellent disjonclifs, et ceux qui n'indiquent aucun arrêt et qui s'appellent coujonctifs.
La Bible ayant été, à une date très ancienne, divisée en versets, l'accent le plus disjonctif est naturellement celui qui termine le verset, et qui s'appelle
Sillouy ou Sof pasoug I . Le verset est, à son tour, divisé en deux moitiés, et chaque moitié se divise en parties plus petites, qui, elles-mêmes, se subdivisent en parties encore moindres. C'est ce qu'on nomme le système de la dicholomie. L'accent qui partage le verset en deux s'appelle Efnachta K . Si ce verset est très long, la première moitié est divisée en deux, la première moitié étant terminée par le Se'ji'il .*. . S'il est d'une longueur moyenne, on divise la première moitié par le Zalœf katon ' ou
gadol I' ; de même, la seconde moitié. Entre le .lake/' et l'Etnachta ou le Sof pasoiifj, on subdivise au moyen du Tipcha L . Une division moindre est marquée par le Rcbin . ; une division encore
moindre par le Zarka r.- , le Paschta ? (changé quelquefois en Yetib -<: , ouïe Tcbir -7- ■ Les plus petites pauses sont marquées par le Guùreisch C ,
qui peut être remplacé par le Guerschayim C C , le Telischa guedola /> ou le Vazer î' . Les accents
coujonctifs sont le Moiinach J le Kadma
Manjmch = , le Meircha , , le V)arga oj , le Teliicha guetanna o^ , chantés de diflérentes manières selon l'accent des mots qui suivent. Le mol accent vient de ce que la plupart des signes se mettent sur ou sous la syllabe acccnluéc ou tonique du mot (dernière ou avant-dernière).
Quelques signes, cependant, se mettent au commencement ou à la lin des mots, comme nous l'avons indiqué, le signe au milieu, à gauche ou à droite du trait qui représente le mot.
Chaque accent étant chanté à l'aide d'un groupe de notes plus ou moins nombreuses, la note principale, c'est-à-dire la plus longue, tombera toujours sur la syllabe accentuée.
Nous allons donner : 1° un tableau des accents toniques d'après la tradition en usage dans le Nord et l'Est de la France, en Angleterre, en Allemagne et dans les pays slaves (rite allemand), avec l'interprétation affectée aux diverses solennités ; exemples tirés du Pentateuque, des Prophètes, du Livre d'Esther et des Lamentations de Jérémie.
2" Un tableau de l'interprétation des accents toniques dans le Sud de la France, en Espagne et au Portugal (rite portugais).
3° Quelques exemples tirés du Pentateuque, des Prophètes, du Livre d'Esther et des Lamentations de Jérémie (rite allemand).