Chapitre x, versets de 1 à
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DtCTlONNAIRE DU CONSERVATOIRE
meut employé même à la {.'iieire : la lln(c, et quand je (lis un iiouvi'l iiistruiiient, c'est plusieurs qu'il faut entendre, car, de m/'uie que trompette doit s'interprtMer : tout instruiueut de métal; de corne ou mt'me de ooquillaf^e comme les buccins et les trompes, dont le son est produit par une embouchure à bocal, et les diverses notes obtenues par le seul secours des lèvres, de même. Hâte doit s'entendre, à cette époque, de tout instrument dont le son est produit pur un sifllet, un simple trou ou une ancbe simple ou double et les diverses notes obtenues par des trous ouverts ou fermés par les doigts de l'Instrumentisle. C'est en somme déjà les deux séries modernes : cuivre et boU.
La tlûte apparaît dès la guerre de Troie', ei, dès lors, elle ne cesse plus d'être employée partout : en marche, au combat, dans les cérémonies religieuses, dans les luttes, dans les jeux, pour accompagner les chants, les danses, les poèmes, les orateurs mêmes.
C'est que la tlûte se prêtait mieux que la trompette, et avec moins d'elforts, à l'interprélalion do mélodies de tous genres, et puis, suivant que cette tliUe était en réalité une syrinx, une flûte simple ou double, ou bien un chalumeau, on pouvait en obtenir des effets fort dilîérents.
Les syrinx et les tlûtes à bec, avec leurs sous purs et cristallins, convenaient parfaitement à tous les chants ainsi qu'à tous les accompagnements dont les accents devaient être doux, discrets ou intimes, tandis que les chalumeaux, dont les sons étaient vraisemblablement plus âpres, plus rugueux que ceux de nos hautbois modernes, devaient faire le meilleur efl'et en tête des troupes partant en expédition, ou dans l'accompagnement des cliœurs nombreux, là où les flCites à bec devenaient insutTisantes.
Y avait-il là orchestnilion dans le sens que nous donnons aujouid'hui à ce mot? Je ne le pense pas, car il ne devait pas y avoir de mélange, d'association ou de dialogue de timbres; on employait l'un ou l'autre genre de jli'itef,, suivant les circonstances, les besoins ou même les ressources, et si l'on employait un genre plutôt qu'un autre pour telle ou telle fonction ditférente d'une même séance artistique, le choix en devait être fait pour des fragments entiers, et, je le répète, sans dialogue de timbres. D'ailleurs, à part les danses ou les exercices de gymnastique, de course ou autres, le chant, le chant seul devait primer, et l'orchestre, le dessin orchestral, tel que nous le concevons, n'existait pas ; l'instrument n'avait pour mission que de doubler le chant note pour note afln de le guider. S'il en était autrement, aucun texte, jusqu'à ce jour, n'est veim en faire mention. Les Grecs étaient plus aitistes que belliqueux et ils avaient plus de tlûtes que de trompettes; les Romains, qui étaient plus belliqueux qu'artistes, paraissent avoir employé plus de trompettes que de tlûtes; là semble se borner toute la différence. Cependant, j'ai à signaler que, si les Grecs tenaient la musique et l'usage d'un instrument comme absolument indispensable à toute bonne éducation, les Romains furent les premiers à former des musiciens professionnels et une sorte de conservatoire de musique. En effet, lorsque Servius Tullius organisa le peuple romain en centuries, il en réserva deux composées de joueurs d'instruments destinés à fournir des musiciens à l'armée'^. Ceci se passait cinq sièeles et