‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 144 sur 297 · TUT · texte numérisé non relu

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Les deux fils de Heinrich Bach ont composé de remarquables motets, publiés au xix' siècle. Le plus âgé, Johann-Christoph (1642-1703), fut organiste à Eisenach depuis t06:> jusqu'à sa mort. On a louéjustement son habileté à » trouver de belles idées et à exprimer les paroles », et le charme mélodique, la plénitude de sa musique, ont été admirés'. Son audace émerveillait encore Philippe-Emmanuel Bach. Je signale seulement l'inoubliable motet à deux chœurs Ich lasse dich nicht, que l'on connaît en France sous le nom de Jean-Sébastien^. Ph. Spitta donne une analyse complète d'une composition où Johann-Christoph traite les paroles de l'Apocalypse : « Et un combat s'éleva dans le ciel. >> Deux chœurs à cinq voix, deux violons, quatre altos, le basson, quatre trompettes, les timbales, la basse à cordes et l'orgue sont employés dans cette œuvre puissante. Je renvoie ici à l'ouvrage de Spitta qui cite des passages caractéristiques de cette scène musicale^. J'observerai cependant que l'idée du premier motif n'a pas été imaginée par Hammerschmidt [Ander Theil geistllcher Gesprciche iiber die Evanr/elia, Dresde, 16:17, n" 26.^), mais que Michael Altenburg la formule déjà (Die Ew/elisclie Schlacht, n» 4 du recueil intitulé Gaudium Christianum, 1617)''. On possède encore quelques motets du même maître, qui est un architecte et un poète. Spitta les analysa d'une manière assez détaillée et avec pénétration , dans son admirable livre sur J.-S. Bach. Qu'il me soit permis de renvoyer à cet ouvrage (I, p. 71) et à l'édition que F. Naue a donnée de ces compositions. Le frère de Johann- Cliristoph,Johann-Michael (1648-1694), est représenté dans ce recueil par quelques motels. Le talent de ce musicien est inégal. Quelquefois profond comme Johann-Christoph, il se montre souvent inférieur à ce maître par le plan et par la technique de ses œuvres. Après avoir signalé deux motets dont l'un {Sei nun wieder zufrieden) lui paraît mal construit, Spitta énumère plusieurs motets avec choral. Dans le dernier qu'il cite, il distingue un présage de la fantaisie romantique de J.-S. Bach, appliquée à la traduction de ces paroles : Unscr Leben ist cin Schatteii.

1. Mizier, Musicnlisrhe Ilibliolhc/i, IV, 1754, l'«parlie, p. 159 (notice nécrologique de J.-S. Bacli).

2. Ce motet est publii^' par M. Cli. Bornes, dans les collecliona de la Svhota Cantorum.

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