‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 152 sur 297 · COMPOSITIONS PROFANES POUR LE CHANT · texte numérisé non relu

COMPOSITIONS PROFANES POUR LE CHANT

C'est une œuvre de Schutz que nous signalerons tout d'abord; cette œuvre, antérieuie aux Psaumes que nous avons examinés au début de l'élude qui précède, fut publiée à Venise en 1611 : dix-neuf madrigaux à cinq voix, écrits sur des paroles italiennes, témoignent de la sùrelé et de l'élégance du jeune musicien qui se contente, ici, de se montrer l'élève habile des maîtres dans l'art du contrepoint (9= vol. ■de l'éd. Spilta)-.

En 1621, parait la Musica boscareccia, oder Wnld- Uederlein auff Italienisehe Villanelische Invention de J. Hermann Schein (lo86-1630) : cettemusique est faite pour trois voix seules, auxquelles peuvent se joindre, ou même suppléer, selon l'usage, clavecin, luth ou autres instruments. L'inUuence italienne se lévèle, •comme chez Schutz, dans la structure mélodique des motifs, mais l'esprit allemand se reconnaît aussi dans la précision expressive et le caractère pénétrant de la composition. Grâce à l'édition qu'en a donnée M. A. Prûfer (Breitkopf et Hârlel , 1904), le recueil de Schein, si important pour l'histoire de la musique profane en Allemagne, est devenu accessible à tous : la nature de l'exposé succinct auquel je dois me borner ici ne me permet point de parler plus longuement de cette œuvre, pleine de charme et de

1. La bibIiogra[iliie des Iravaui modernes faits sur les musiciens allemands de cette période se trouve dans les tables des .Voiintshefte fur yusihtjrsi'hichti; d'Eitner, dans les tables de ta Vierteljnhrsschfift fui- MitsikiiisS'^nschaft, des Sammetbânde et de la Zeitschrift • der inteniationa/en yiusik-GesellscUnft. Quelques ouvrages écrits en français sont consacrés à IVlude des mêmes maîtres : la collection Chantavoine (libr.Alcan) comprend des livres sur J7à»(^f'/ (par M. Romain Rolland). H. Schutz et /. 5. Bach. Je signalerai encore Dach, le musicicu-jiocte^ de M. A. Schweitzer, Bach, de M. \V. Cart; Diptrich Buxtehiide, et L'EsthétiQtte de Bach (libr. Fischbacher). Pour l'étude ^ies textes musicaux, je renvoie aux grandes éditions modernes de £acb, de Hiindel et de Schutz, aux nombreux volumes des iJenkmàlev deutschcr Tonkunst, aux Benkmùler der Tojlkunst in Oesterreich. et

vie. Il eo est de même des Airs de Heinrich Albert (t604-16ol), le cousin de Schiilz. Publiés dans les Deiikmâler deutscher Toiikunst (l''= série, vol. 12 et 1.3), ces airs, au sujet desquels M. A. Heuss a écrit une substantielle étude (Zeitschrift der Internationalen .\liisilajeselkchaft , juillet 1904), sont à la portée de chacun. J'observerai cependant que, dans la formation mélodique, Albert s'inspire souvent de Schiilz et de Monteverde; que, dans la déclamation des paroles, il se montre le serviteur ingénieux du poète; que, enfin, dans certaines pièces, l'accompagnement a une importance particulière, et dialogue avec la voix. Andréas Hamnierschraidl( 161 1-1073), dont nous avons déjà cité les œuvres religieuses, se distingue aussi comme compositeur de chants profanes ( Weltliche Oden oder Licbesi/esanije, I, 1642; II, 1643,111; 1649). Comme dans sa musique d'église, il manque un peu de souplesse dans l'invention, et s'asservit à l'étroite déclamation du texte.

D'Adam Krieger (1634-1666), élève de l'organiste S. Scheidl, nous avons un recueil d'airs publié après sa mort (1667), et récemment réédité'. Il a écritles vers et la musique de ces Arien, dont les mélodies aisées chantent le vin et l'amour. Ce ne sont point des airs pour une voix seule : si quelques-uns n'ont qu'une partie de chant, d'autres sont faits pour 2, 3, 4 et 5 voix. Deux violons, deux violes et le ?)io/oîîe jouent les ritournelles, assez développées.

Nous pouvons encore citer, parmi les compositeurs

à la riche lollection de musique allemande qui se trouve à la Bibl.nat. dont le Catalogue de i^I. Ecorchevillc rend, de jour en jour, la connaissance plus facile. Enfin, je rappelle que M. LeichlentriU a présenté, et jugé, les œuvres de beaucoup de compositeurs allemands qui n'ont pas même été nommes ici, dans son excellent livre Geschichte der Molette (lOUS), enrichi d'exemples de musique abondants. On trouvera aussi beaucoup de documents nouveaux dans l'ouvrage de M. Wustmann {Musiki/eschichte LeipzUjs. 1900) et dans la Festschrift publiée pour le 90" anniversaire de U. von Liliencron |19I0).

2. Certaines pages sont aussi fort expressives. Sehiitz connaît déjà, évidemment, les œuvres de Monteverdi (cf. Schutz, dans la Collection des Maîtres de la Musique, libr. Alcan).

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