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HISTOIRE DE LA MUSIQUE
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I. Voici le sens des |)arolcs : « Mes soupirs el mes plaintes, je les I et loi peuvent me ennsolcr. Prnlnpioi rester inarccssilile? » cxlialc eu valu. 11 me faut vivre dans la crainte et l'angoisse : lo ciel | 2. « Je [lorte ce fardeau avec une ùmc ijui no craint point. » (N° 46.)
XVII" ET XVIII» SIÈCLES. — ALLEMAGNE ht?
Dans d'autres mélodies encore, nous trouvons la même teinte sombre. Erlebach y emploie avec énergie etavec une grande justesse le vocabulaire expres-
Violons
sif des musiciens du xvn» siècle. Il nous suffira de citer quelques passages où il applique, habilement d'ailleurs, et sans vulgarité, les procédés communs :
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Surtout, il nous épargne les jérémiades verbeuses : -son discours est sobre, les vocalises ne l'ornent point au hasard, mais le renforcent, tellement elles appartiennent à la déclamation pathétique du texte. Aussi son éloquence agit-elle plutôt par le ton que parles images. Les plus caractéristiques n'apparaissent que préparées, quand la passion éclate, à la fin des phrases uniformes où elle s'est accumulée. La modération
habituelle du style donne une vigueur particulière aux grands mots lyriques. L'accompagnement même reste généralement calme et discret ; on n'y trouve de relief et de mouvement que s'il importe de multiplier les eflforts du chant : partout ailleurs, les instruments ont la même simplicité que la voix. Ainsi, Erlebach se fait d'autant mieux écouter qu'il ne souligne point chacune des paroles, mais indique en maître le sen-
timent général de la poésie qu'il interprète. En cela il obéit à des prescriptions pleines de bon sens. 11 se peut qu'il les ait reçues en France. On a dit, en effet, qu'il passa quelque temps à Paris. Il n'est pas invraisemblable qu'il ait lu le traité où de Bacilly, après Mersenne', recommandait aus musiciens de ne pas trop « raffiner sur la signification des mots n, et de « considérer... toute la phrase ensemble- ». La constitution de ses airs lui impose aussid'être prudent et de ne point insister sur les détails : juste dans le premier couplet, la formule mélodique trop distincte
Mezo pian, largo, i Violons.
serait déplacée dans les autres couplets. H ne se garde pas toujours de cet abus, bien que, souvent, un certain parallélisme entre les mots employés dans chaque strophe l'autorise à renouveler, avec des acceptions dili'érentes, les mêmes figures-'. Il faut avouer toutefois que c'est bien dans la première strophe qu'il trouve son inspiration. Ce n'est qu'unie à celle-là, par exemple, que la musique du i^" air a toute sa valeur significative et nous dévoile quelle énergie concentrée et quelle rudesse le musicien met dans sa résignation.
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