Kd. par M. de Lange
8. Dans la première partie. clla<iuc suite commenco par un prélude dont la construction rappelle la Toccata italienne.
HISTOIliE DE LA AfUSIQUE
d'unité, moins de sécheresse que les SuUes de Scliultheiss, mais elles manquent d'ampleur; les Allemandes seules s'élèvent au-dessiis de celte médiocrité de stvle et de proportions qui semble destiner l'ceuvre à des amateurs. Par la succession des tonalités, ce recueil est fort intéressant : les 17 suites qu'il renferme sont en ut mineur, ut majeur; rd mineur, ré majeur ; mi mineur, mi majeur: fa majeur: sol mineur, sol majeur; la mineur, la majeur; si bémol majeur; si miyieur:do dièse mineur; mi bémol majeur; fa dièse mineur; la bémol majeur*.
Dans V lle.racliordum Apollinis (I699I, Pachelbel nous présente six Airs variés, où il écrit, non plus avec la recherche de contrepoint des maîtres du nord de l'Allemagne, mais d'une manière uniquement mélodique, avec une sorte de gracieuse bonhomie. Tout en se refusant aux effets de virtuosité familiers à Poglietti, par exemple, Pachelbel sait écrire en claveciniste délicat, avec un sentiment raffiné de l'harmonie et de la sonorité.
J.-Ph. Krieger a écrit, avec la même simplicité aimable, une Aria avec 24 variations : d'autre part, une Passacaijlia, insérée sous son nom dans les Toccate, Canzoni, et ultre Sonate... dalli principall Maestri... Kerll, Borro, J.-P. Kriegeri composte (1075), est fort brilianle.
Les Suites de Johann Krieger (SecJis Musicalische Partien, 1697) comprennent essentiellement quatre pièces lAltcmande, Courante, Sarabande, digue). Elles sont d'un remarquable caractère musical: tandis que ses prédécesseurs n'oublient guère que dans les Allemandes l'origine des pièces qu'ils liaitent, il transforme les danses en œuvres d'inspiration élevée. Dans son Anmutltiye Clavier-Uebung (1699), avec des compositions où le style d'orgue et le style du clavecin sont mélangés, on trouve une chacone, dont les variations sont écrites surtout en contrepoint, mais où ne manquent pas les ell'ets de virtuosité.
De Christian-Friedrich Witte (1660?-1716), quelques pièces manuscrites, dont deux Suites, sont dans la manière un peu courte de Pachelbel; une Passacaglia de sa composition a été attribuée à J.-S. Bach; les reprises de la mélodie fondamentale, au cours des variations, rappellent les procédés de Muffat.
Tandis que les clavecinistes que nous avons énumérés jusqu'ici se contentent généralement de traiter les quatre danses essentielles de la suite, J. Kaspar Ferdinand Fischer, maître de chapelle du margrave de Bade, admet dans ses Partien un nombre de pièces indéfini, qui varie de l'une à l'autre, de sorte qu'il ■est impossible de les rapporter à un plan commun ; elles ne se ressemblent, dans la disposition, que par le prélude qui les commence-. Dans ces préludes, ■d'ailleurs, apparaissent les particularités de l'art de Fischer : la forme, tout en rappelant un peu la forme ■des préludes de J. Krieger, en est particulière. Les séries d'accords répétés qui les composent, et surtout •le caractère et 1' << accent » de ces accords, sont fort remarquables. D'autre part, dans quelques-unes de ses pièces de danses se manifeste , ainsi que dans les préludes, le goût de Fischer pour les harmonies sombres. A ces traits on reconnaît l'âme allemande • de l'auteur, sérieuse daus le sentiment et personnelle dans l'expression^.