‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 185 sur 297 · Jbid., t. II, Leipzig, 1880, p. 732 el suiv · texte numérisé non relu

Jbid., t. II, Leipzig, 1880, p. 732 el suiv

3. Pour l'histoire de la vie et des œuvres d'Emm, Bach, les sources priucipales sont : son Autobiographie, reproduite avec 14 lettres dans les ilusiker-Briefe, de L. Nohl. Leipziî, 1867, in-8', p. 59 el suiv., elles ouvrages de C.-H. Biller, C.-Ph.-E. Bach und W.-F. Bach und deren Brùdur, Leipzig, 1808, i vol. in-8»; Weitzmann, Geschichie der Claviermusik, nouv. édit., remaniée par SeilTert, Leipzig, 1899-1900, in-8»; A. Wotquenne, Cnlaloijne thématique des œuvres de C.-Ph.- Emm. Bach, Leipzig, 1905, in-S".

ni le nombre des morceaux n'étaient encore arrêtés. Les pièces qu'il joignit à sa méthode de clavecin, et les sonates " avec reprises variées » qu'il (it paraître en 1760, indiquèrent chez Emmanuel Bach un très grand progrès. Il ne donna toute sa mesure que dans les sixlivresdédiés, de 1779 à 1786, « auxcoiniaisseurs et aux amateurs », — recueils formés d'ailleurs en partie de sonates composées plusieurs années auparavant.

Au point de vue du plan, les innovations qu'Emmanuel Bach introduisit ou développa dans la sonate de clavecin consistaient dans l'adoption de la coupe ternaire de l'ouverture, du concerto et de la sonate de violon italienne, eu trois mouvements séparés, dont le premier et le troisième se jouaient dans une allure animée, et le second lentement. Le plan particulier du morceau initial, ou allegro, avec sa division en deux sections, dotit la première ne conclut pas dans le ton principal, et dont la seconde y revient après un développement thématique sommaire, avait ses racines dans l'art de la génération précédente. On en trouve les modèles dans les préludes de Krebs, datés de 1740, et dans quelques airs et préludes de Jean-Sébastien Bach*.

Sous le rapport de la tonalité, Emmanuel Bach ne se fixa point à un système rigide. Tantôt, selon les traditions de l'ancienne «Suite », il composait toute une sonate dans le même ton; tantôt il en écrivait chaque partie dans un ton dilférent; tantôt il donnait au second morceau, pour tonique, la dominante ou la sous-domitiante du ton choisi pour le premier et le dernier mouvement. Ce fut à celte disposition que s'arrêtèrent ses successeurs.

L'histoire de la forme «Sonate », parallèle à celle delà forme « Symphonie », apparaît, dans ses lignes générales, comme divisée en trois époques : L Période d'organisation, peudatit laquelle subsiste, au milieu de certaines hésitations, une liberté relative dans l'agencement et la disposition des dilférentes parties^; IL Période d'exploitation , où des règles établies, que l'on regarderait comme téméraire d'enfreindre, président au tracé fondamental de l'œuvre; III. Période d'alfranchissement, où la pensée musicale recouvre son indépendance et rompt les moules uniformes'''. Pour décider quelle part revient exactement à Emmanuel Bach dans le travail de la première période, il est essentiel de maintenir constamment une comparaison chronologique entre ses recueils et ceux de ses contemporains. On en conclura qu'il iiuiove par la décoration interne de ses sonates, plutôt que par leur architecture. Dans un cadre élégant, qui ne lui appartient pas en propre, il exprime des idées mélodiques coulantes et agréables, harmonisées rarement à plus de trois parties, quelquefois à deux seulement, et dont les développements ne recourent ni aux richesses du style fugué, ni aux recherches du symbolisme descriptif, dont Joh. Kuhnau et Joh. -Sébastien Bach avaient fait un si large et si admirable emploi. Telle mélodie d'un « adagio alTetluoso » de C. -Pli. -Emmanuel Bach fait penser à Mozart :

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