ï^aseal, Pensées, première partie, art. Vil
8. Wustmann, Ans Leiftziij's VerganQcnheit (Leipzig nu temps passé), Leipzij;. 188;j, ln-8" ; p. J80.
9. V. sur ce musicien l'étuiie de M. Karl HeUl, Dus Krcuzkantorni zn Dresden, dans la Vierteljakrsschrift fur Mnsikwissensrlui/'t. t. X, I89i, p. 239 et Suiv.
lu. V. le chapitre précédent.
HISTOIRE DE LA MCSIQVE
ment qu'on a porté de lui, qu'il lut « le plus important entre ses frères, sans être celui qui avait le pins de talent' », s'explique par le rôle que les circonstances autant que ses dons personnels le conduisirent à tenir dans l'histoire de la musique. Wilhelm- Friedmann lîach, mieux doué, avait failli devenir « la caricature » de son père, parce qu'il en était l'élève favori et qu'il s'était docilement modelé à son image-. Au contraire, par son inclination naturelle, par son éducation dirigée vers la jurisprudence et où la musique n'était d'abord intervenue que d'une façon accessoire , par l'obligation entin où il s'était trouvé, une fois sa carrière fixée, de servir les goûts de Frédéric II et de la société de son temps, Emmanuel Bach fut amené à prendre la tète du mouvement transformateur. Son » importance " en ce sens se caractérise en premier lieu par la recherche d'un style nouveau d'exécution au clavecin; la création ou plutôt l'ordounanceraent et la régularisation de la forme moderne de la sonate apparaît comme le résultat de ce premier stade d'effort, et le coup de barre qui poussa bientôt définitivement la musique du clavecin vers des contrées inconnues, trouve ainsi sa cause déterminante dans le dilettantisme des cours ^.
Dans les commencements de son séjour chez Frédéric, Emmanuel liach, en bon courtisan, affectait pour la flûte « une visible prédilectiou », qu'il n'eut pas la patience ou la dissimulation de soutenir jusqu'au bout. Le clavecin, à ll'exclusiou même de l'orgue, que tous les Bach avaient touché, resta sou unique instrument. Dédaigneux du piano-forte, dont il coimut les premiers spécimens, il joua toute sa vie, pour la chambre, le clavicorde, et pour le concert, le grand clavecin. "Versé dans la connaissance des œuvres italiennes et françaises autant que dans celle des compositions de son père, et doué avant toutes choses d'un adroit éclectisme et d'un « bon sens pratique » qui, dans l'ordre privé, lui valut le reproche d'avoir un peu trop estimé les profits vulgaires, il devait tendre de bonne heure à se constituer, comme exécutant et comme compositeur, une manière souple, attrayante, accessible. Quelques pionniers l'avaient précédé dans le champ de la sonate de clavecin. En 1739, Maltheson écrivait que, depuis peu, l'on avait commencé d'en composer, c car autrefois on n'en possédait que pour le violon et les autres instruments )i;raais, ajoutait-il, « jusqu'ici elles n'ont pas encore atteint la bonne forme, et sont plus propres à être touchées qu'à toucher, c'est-à-dire qu'elles cherchent plus volontiers à remuer les doigts que les cœurs ». Les deux premiers recueils de sonates d'Emmanuel Bach parurent en 1742 et 174o, avec des dédicaces au roi de Prusse et au duc de ^Vurtemberg. C'étaient des œuvres indécises, rians lesquelles se marquait l'intluence de Domenico Scarlatti et de toute la musique instrumentale italienne; on y voyait appliquer le plan en trois mouvements de l'ouverture qui, en même temps, servait aussi de modèle aux premières symphonies; mais ni l'ordre
1. Spitta, Joh. Seb. tlnch, t. 1", Leipzig. IST3, in-S», p. G20.