‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 19 sur 297 · J . J . IJ · texte numérisé non relu

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HISTOIRE DE LÀ MUSIQl'E

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A cette époque était célèbre en Italie le luthiste Francesco da Milano, que ses contemporains appelèrent (7 dicino. On connaît bien peu de sa vie; dans sa jeunesse il était peut-être aux gages de (jonzaga à Mantoue, et certainement vers l'an 1530 il fut à Rome auprès du cardinal Ippolito de' Medici. // divino, dont il nous reste bien des tablatures de luth, traita toujours les formes les plus pures de l'art, soit en se livrant à des Fantasie originales, bien souvent constituées au commencement par des canoni à la quarte, à la quinte ou à l'octave, qui se développent ensuite avec une imagination très libre, soit en s'inspirant de l'ensemble d'une chanson, dont il agrandissait quelques traits saillants, avec les complications du style de ce temps-là, mais avec une clarté admirable de pensée. 11 paraît plus sévère dans les Ricercari, dont la simplicité n'a d'égale que la douceur.

Il eut aussi le mérite de contribuer au progrès de

grâce à

la culture musicale comme transcripteur sa renommée se répandirent en Italie les chansons françaises, dont il mit en tablature (lo36) La Batta- (jlia francese et La Canzon deijli uccelU de Janequin, puis peu à peu les meilleures compositions du genre. On ne rencontre cependant pas d'airs de danse dans ses tablatures ; si cela prouve que le compositeur ne voulut jamais abandonner les sphères les plus élevées de l'art, d'un autre côté il est à regretter qu'un musicien aussi parfait que lui n'ait pas traité ces formes nouvelles, créées par le génie populaire, qui ont eu tant d'inlluence pour faire sortir la mélodie du style polyphonique. J'ai publié beaucoup de musique de Francesco da Milauo (Libro I" et Libro 111°) en quelques-uns de mes ouvrages' ; je citerai ici un Ricercare de sa composition.

1. Consultez û ce |iro|ios les ouvrages déjà noiiiiiiés. le Sat/gio suUn melodia popolare iSet ciiiguecerito, ediziuiie Kicordi, et les Sammelbeinden der Internationalen Musikgesellschaft, anno IV°, fascicolo 3.

ESCYCLOPÉniE DE LA MCSI{)I;E ET OICTfnWArUE Or r.nySEnVATOIRE

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Perino Fiorentino, élève de Francesco da Milano, s'efforça de surpasser son maître, en cherchant de nouvelles combinaisons de sons et de nouveaux entrelacements de parties. J'ai lu quelques-unes de ses Fantasie dans le Libro 111° de Francesco {l'ôil), mais si elles sont surprenantes à cause de la difficulté de leur exécution, elles n'excellent pas par l'élégance de l'idée.

Pietro Paolo Horrono est du même temps et du même pays que Francesco da Milano. J'ai pu examiner son Libro (Htavo de tablature du luth, imprimé à Venise parG. Scottoen 1S48. Au premier abord, il me promettait merveilles, parce qu'il contenait force Pavane, Sallwelli. plusieurs Ftintasie (deux de l'auteur et onze de Francesco da Milano), quelques chansons françaises (une de Josquin et quatre de musiciens inconnus), et deux Moteltl de J. Mouton; cependant le résultat de ma lecture n'a pas répondu à mon attente. Soit à cause de l'inhabileté du transcriptcur pour le lulh, qui pourtant se dit eccellenic dans le titre de son livre, soit à cause des fautes communes à toutes les éditions de Scotti, ]iru de pages de cette tablature peuvent être interprétées d'une façon si'ire. Il ne reste que la faible satisfaction de remarciuer, en comparant quelques chansons avec d'autres tablatures, la grande liberté que prenaient les luthistes en faveur de leur instrument dans la traduction musicale, non seulement en enrichissant de fiiirilure la

forme originale, mais aussi en réduisant l'harmonie jusqu'à l'insignifiance, et parfois même en chani;eant entièrement les accords, aPin d'exécuter avec beaucoup de sonorité sur le luth les compositions écrites pour les voix.

Je me sers des fac-nimilrs do M. Morphy, dans l'ouvrage cité, pour interpréter une Pavane, un peu fade mais gracieuse, et une Romance assez, intéiessante comme étant l'un des plus anciens exenqdes de ce genre dans l'art moderne. Ces compositions sont mises en tablature dans le livre El Maestro (lo:!6) de Luis Milan, musicien qui était au service du viceroi de Valence, Don Hernando de Aragon, et qui jouit d'une grande lenonimée en son temps. Il emploie la tablature italienne, mais il place les cordes

au rebours 1"

c'est-à-dire de haut en

bas, et, lorsqu'il doit noter une chanson avec accomliagncment de luth, il écrit en rouge sur les cordes la touche (numéro) qui se rapjiorte à la voix. Cette trouvaille très ingénieuse a été adojitée par d'autres liilhisles espagnols, qui cependanlont accepté piesque ^généralement le système des tablatures italiennes

IllSTOirtE DE LA MUSIQUE

XVI» ET XVII<^ SIECLES. — ITALIE f.'.7

avec les cordes de bas en haut •?"

n'y iiratii[iKuit que quelques légères nioJilications,

que l'on peut comprendre bien aisément.

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