‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 203 sur 297 · N»« 478 et 493 du catalogue de Kucbcl · texte numérisé non relu

N»« 478 et 493 du catalogue de Kucbcl

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ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOX.XAIRE DU CONSEIiVATOinE

basson, composé en 1784', sonl particulièrement admirables.

Mozart, dans ses quatuors pour instruments à cordes, suivait les modèles de Hajdn, auquel il dédia en 1783 ses six premiers ouvrages en ce genre-. Il innovait toutefois par le développement du finale, que Haydn traitait ordinairement dans des dimensions moindres que celles du premier morceau. Lorsque, en 1790, Mozart dédia trois quatuors au roi de Prusse Frédéric-Guillaume 11, qui jouait du violoncelle et passait pour un « amateur sérieux », il eut soin de réserver un rôle plus intéressant à l'instrument du roi, et au lieu du quatuor avec premier violon « conducteur ", penclia vers une forme concertante, moins répandue en ce temps ■>.

Haydn n"a pas écrit un seul quintette pour instruments à cordes : on en possède dix de Mozart, entre lesquels brille surtout le beau quintette en ml mineur, de l'année 1787'*. Non moins célèbre est celui pour clarinette et quatuor à cordes, composé pour Anton Stadler en 1789= et dont le larghetto est un des plus beaux poèmes qu'aucun musicien ait jamais écrit pour la clarinette. Mozart aimait le timbre de ce bel instrument, qu'il avait connu à Mannheim, et auquel il destina souvent de splendides mélodies dans ses compositions orchestrales ou dramatiques. Les ressources spéciales de tous les instruments à vent lui étaient familières, et il n'en est aucun pour lequel il n'ait écrit quelque page favorable, depuis ses sérénades pour six ou huit instruments à vent jusqu'au morceau comique qu'il dédia, par plaisanterie, à son ami le corniste Leitgeb''.

Mais les œuvres qui marquent l'apogée de la production instrumentale de Mozart sont ses trois symphonies en mi bémol, en sol mineur et en ut, toutes trois composées coup sur coup, en quelques mois de l'année 1788''. Peut-être l'extraordinaire facilité de composition de Mozart ne s'est-elle jamais manifestée d'une façon plus frappante : car non seulement ces trois grands ouvrages appartiennent cà ce qu'il a produit de plus achevé, et par conséquent à ce que le répertoire symphonique possède de plus précieux, mais ils olîrent, dans les formes mélodiques et dans les sentiments qu'elles expriment, une variété telle, que le fait de leur éclosion si rapprochée en devient encore plus surprenant'. Par cette variété expressive, les trois grandes symphonies de Mozart se distin-

guent essentiellement des œuvres analogues de Haydn, dont les formes musicales ne se renouvellent pas avec moins de fécondité, mais dont le contenu sentimental se limite à un cercle plus borné de dispositions morales. Quelques symphonies de Haydn mises en face des trois symphonies de Mozart sont comme des miroirs où nous voyons se relléter le visage ou plutôt l'àme des deux maîtres. Haydn y apparaît tel que toute sa biographie, toutes ses autres œuvres, nous ont appris à le connaître : robustede santé, heureux de caractère, paisible, égal, constamment semblable à lui-même, ignorant des complications sentimentales; Mozart, mobile, expansif, délicat, impressionnable, hâtif comme un préjugé populaire veut que soient quelquefois ceux qu'attend une mort prématurée. Au point de vue purement musical, et tandis que chez les deux maîtres les formes générales, la « coupe » de la composition instrumentale, restent analogues, de très grandes différences se font sentir, qui ne tiennent pas seulement à l'allure mélodique ou aux formules harmoniques dechacun. Les contemporains des deux illustres rivaux reconnaissaient chez le plus jeune une abondance mélodique déconcertante pour eux. Uittersdorf, tout en admirant la « l'ichesse d'idées » de Mozart, déplorait qu'il en fiU « si prodigue » et qu'il laissât à peine l'auditeur « reprendre haleine », tant chez lui les motifs nouveaux se succédaient et se surpassaient rapidement-'. Tandis, en elfet, que Haydn s'attachait davantage à développer et à varier un thème principal auquel il conservait la suprématie durant tout le morceau, et qu'il entourait de formules dérivées du thème lui-même ou de motifs secondaii'cs en quelque sorte attendus, Mozart semait à profusion, dans le travail thématique, et au cours du développement logique de la mélodie fondamentale, une foule de dessins qui semblaient être eux-mêmes des mélodies abrégées, et qu'un musicien moins fécond eût «;misde côté » pour en faire le noyau d'autres compositions. Dans les morceaux en mouvement lent de sesquatuors ou de ses symphonies, Mozart usait moins que Haydn de la forme variation; il préférait habituellement la forme « lied », ou forme strophique,. où se répète le thème, diversement entouré. Où se trouve plus tranché le contraste entre u l'inspiration » des deux maities, c'est dans le menuet, que- Haydn interprète dans le sens familier, naïf, joyeux,.

(Haydn.) 7"?^ SYMPHONIE DE LONDRES

i. N» 4fi2 de Koohel. Mo/.art avait coinposô ce quinleUe pour un de SCS concerts à Vienne, et on parlait à son prie dans une lettre du iO avril 1784: k... 11 a eu un succès csU-aurdinaire ; moi-môme je le considère comme ce (|ue j'ai encore fait de mieux dans ma vie. Jp voudrais que vous eussiez- pu l'entendre !... » (Lettres, trad. de Curzon, p. .-iao.)

2. iN»» 387, 421, 428, 458, 464, 4(io do Kocliei. La composition de ces six quatuors s'échelonne entre les années 178i ot 17.S,>, ce qui a permis ii Mozart de les désip;iicr, dans sa dédicace, comnu! les fruits d'un long travail. Le sixième de ces quatuors, en iit, contii'ut dans son introduction un passa;:^n fameux, dont la hardiesse harmonique (fausse relation) donna lieu autrefois à dérives controverses, auxquelles prirent part Félis, Perne. Gottfricd Weber et autres, ot dont les traces, depuis lonj^temps oubliées, peuvent être recherchées dans la lierue viasicala, tomes V, VI et VIU, VAHi/eyneina musi/calischc Zcitung, tomes XXXIII à XXXV, et la Caccilia, tome XIV.

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