‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 220 sur 297 · Le père du grand Mozarl et le frère du grand Haydn · texte numérisé non relu

Le père du grand Mozarl et le frère du grand Haydn

Gelinek et Steibell, Beethoven accepla, en diverses occasions, de jouter avec Wu'Hl, comme l'avaient fait entre eux Mozart et Clementi.

Avec un peu d'emphase, le composileur Ignaz von Seyfried nous monde « les nombieux amateurs de la ville impériale partagés en deux camps, comme naguère les glucUistes et les piccinistes ». Les mémorables rencontres avaient lieu à Griinberg, dans les salons du baron de Welzlar, ami du prince Lichnowsky'.

« Chacun des adversaires faisait entendre ses productions les plus récentes; tantôt l'un, tantôt l'autre, laissait un libre cours aux inspirations momei'itanées de son ardente fantaisie; ou bien ils se mettaient chacun devant im piano et improvisaient à lourde rôle sur des Ihèmes qu'ils se donnaient réciproquement. Ils créèrent ainsi plus d'un caprice à quatre mainsqui certes eût résisté à l'oubli s'il avait pu être écrit au moment de sa naissance*. »

Quand on songe que sous les doigts de Beethoven jaillissait l'inspiration abondante et diverse qui dicta les immortelles sonates, on a la mesure des hautes facultés de Wœlfl, et on se prend à regretter qu'une vie nomade, irréguliére et trop brève ne lui ait permis de cueillir, presque exclusivement, que les lauriers éphémères de l'interprète.

D'une plume alerte et légère, il écrivit très jeune plusieurs opéras que Vienne reçut avec faveur. On les joua même à Prague et à Leipzig, mais ils ne survécurent point au siècle de Mozart.

Les doux symphonies de Wœlll et sa musique de chambre sont tout aussi désuètes. Cependant n'eùt-il écrit que la Grande Sonate avec inlroductioml fugue, il mériterait une place à partdans l'histoire du piano. En cette harmonieuse sonate, d'un style élevé, d'une inspiration véhémente et soutenue, palpite un souffle moderne; on pressent déjà Weber.

Comme pianiste, Wœlll se classe à côté du plus grand maître de son temps. Tout en conservant la clarté et l'élégance mozartiennes, il paraît avoir été un des premiers à rompre avec les traditions du jeu vif et saccadé que les clavecinistes avaient mis à la mode' : en quoi il se rapproche de Beethoven et de Clementi. Vers la fin de sa carrière seulement il put rencontrer le vieux maiire londonien qui vingt années lui survécut. Wœlll se mêla à la vie musicale de Londres de 1805 à 1812. Il y mourut en plein succès, à l'âge de 40 ans.

Cette même année 1812, un autre remarquable pianiste composileur, plus jeune que Wœlll de cinq années, Lud^vig Berger '", vint aussi d'Allemagne chercher en Angleterre des palmes qui ne lui furent pas refusées. Berger avait été, sur le continent, l'élève de Clementi. Il s'établit à Berlin en 181 îi et y devint le maître réputé de Mendelssohn, Ilenseltot Tauberl. Sa conlribuliori à la littérature du piano n'est pas négligeable. Ses vingt-sept éludes ont été republiées par BreitUopf avec une préface de Reinecke.

Lorsque Clementi visita Pélersbourg, en 1804, il était accompagné de Berger et d'un autre élève non moins distingué, August- Alexander Klengel", de Dresde. Après un séjour de plusieurs années dans la métropole russe, ce virtuose revint dans sa ville natale, où il fut nommé organiste de la cour. On cite

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