‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 224 sur 297 · Composée vers · texte numérisé non relu

Composée vers

i. 11 ea publia en 1797 el 1809 deux édilions que Scliuberl dul connaître.

3. C'est le ouucHKouroscSTESLiKO, dont Mozarl donne un unique cclmntillon avec das Veilchen (la Violelle).

ves de Mayrhofer, aux partei'res mélancolii|ues de Salis et il'IIix'lly, aux vallons printaniers de Claudius et de Millier, aux plages nocturnes de Novalis... l'Mle revêt pour lui, lour à tour, tous ses costumes, se drape d'un pepluni, se pare d'ime robe à traîne ou ramène sur sa poitrine l'humble lichu de la paysaime. Chaque malin Schubert la trouve assise à son chevet, protectrice de ses songes, souriante à son réveil ; et elle ne le quitte qu'au milieu du jour, après avoir compté les feuillets finement écrits où des trésors d'inspiration s'accumulent pour le bienfait des âges à venir.

S'il est un esprit impressionnable, réceptif de l'ambiance, c'est bien celui de Schubert. Presque encore un enfant, et d'un naturel enjoué, il concentie déjà sa pensée sur les aspects sombres de la vie; il trempe son âme et l'afline clans la tristesse volontaire, comme la plupai't des artistes d'un milieu où Wrrlhi'r était éclos. Vers la lin du xviii" siècle, une véritable ci'ise de mélancolie, impoitée par Young et Macpherson, sévit sur l'Allemagne. Toutes les lyres résonnent d'accents angoissés, de complaintes élégiaques, de fantaisies nocturnes et funèbres; il plane sur tous les récits du mystère et de l'efl'roi. Le génie viennois, essentiellement mobile et sensitif, s'imprègne de ces courants. Grillparzer, le poète national, renchérit dans ses drames sur le fatalisme tragique de Schiller; Zedlitz traduit CliiUle Harolil, et ses publications s'appellent la Revue Nnclurne, la Couronne dfs morts.

Tout aussi suggestifs sont les titres des premiers Lieder de Schubert. De 1811 à 1814 il emprunte à Schiller des inspirations caractéristiques, telles que Plainte de la jeune fille. Fantaisie macabre^. Anxieux ilésir'>, Thélila, voix d'un Esprit; à Matthisson, les Ombres, l'Approche rfes Esprits, Sacrifice aux mânes, etc. ; à Gœthe, la plaintive Marr/iierite au rouet, Chant nocturne, Larmes consolantes'', etc. Le goût de la mort, des tombes, des adieux et des regrets, des déclins et des nuits, restera pour Schubert un thème favori jusque dans ses derniers Lieder, où se remarquent les poèmes navrés de W. Millier. Avec ce poète populaire Schubert revient aux accents si touchants, si empreints de naturelle simplicité, qui correspondent le mieux à son tempérament intime. Après 1814 il abandonne les sujets fantastiques auxquels le théâtre de Weber et de Marschner donnera bientijt leur plénitude d'expression.

1815 et 1816 sont les deux grandes années du Lied pour Schubert. Il n'en écrit pas moins de deux cent cinquante-cinq! On est émerveillé de la piodigieuse diversité de sentiments que témoigne ce travail colossal, surtout lorsqu'on pense à la vie simpliste et recluse menée par son auteur. En quittant les chœurs du Convict il essaya de se conquérir une petite indépendance et il devint professeur élémentaire dans l'école paternelle. Il ne put supporter plus de trois ans'' ce métier subalterne. Cependant, s'il acquit la liberté complète de ses gestes, ce ne fut pas pour tenir la porte plus large ouverte sur le monde extérieur, mais pour s'absorber, se dédier corps et àme à son labeur quotidien d'écrivain musical. Il n'avait presque pas eu besoin d'apprendre la technique de son art; il ne lui fut pas plus nécessaire de jouir de

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