La bion-aiméo absente (vl/) lUe fcnic Gclieble
13. Du p(îcheur, dumalchit, du laboureur, du pitre, du voyageur, etc.
HISTOIRE DE LA MCSÏQUE
pa^'iiemenls sont tantôt très simples, tantôt reniarquablenient ouvragés, ce qui élait du nouveau et les faisait rejeter par les éditeurs comme trop difficiles. Ktant donnée la rapidité de composition de ces ceulaines de pages, on est émerveillé d'y trouver si peu de << li\clié >> dans la facture. Les changiuiient^ de ton paraissent quelquefois trop fréquents, mais Schubert sait aussi eu tirer ses plus beau.\ elfets, ainsi que des balancemenls caractéristiques entre les deu.x modes. Il emploie les octaves de renforcement avec goût, varie richement ses basses; il n"a besoin ni d'artilices contrapuntiques, ni de rappels de motifs, ni de rythmes chevauchés pour oiner sa palette des couleurs les plus vives et des nuances les plus Unes, traduisant dans sa diversité la piodigieuse mêlée de sentiments qui avait bouillonné dans les civurs de plusieurs générations de poètes.
Schubert (et bien d'autres maîtres après lui) s'est chargé de prouver que le texte d'un bon Lied musical n'est pas chose difficile à découvrir. Il en va tout autrement lorsqu'il s'agit d'un poème d'opéra, requérant l'adresse et la vivacité scéniques sur lesquelles l'habitué des théâtres ne transige pas, fût-il par ailleurs le plus patient auditeur de cantates et d'oratorios.
Grand compositeur vocal et grand symphoniste (ainsi qu'on le verra dans la suite de cette étude), Schubert fut naturellement hanté par l'idée de réussir dans le genre puissant que ses modèles, Gluck, Mozart, Spontini et son maître Salieri avaient illustré. Mais c'est à Weber que devait revenir l'honneur d'introniser le romantisme sur la scène. Lorsque le Freyschùtz fut salué avec enthousiasme par les Berlinois en 1821, Schubert n'avait encore produit que des pièces d'un caractère léger — opérette ou SingspiF.L '. — Il travaillait, il est vrai, à un opéra en trois a.cles. Al fonso uncl Eslrella, qui eut une étrange destinée. Terminé en 1822, il ne fut accepté ni à Berlin ni à Gratz. Treute-deux ans plus tard, Liszt le monta à Weimar, sans grand succès; et après un nouvel intervalle, de vingt-cinq ans cette fois, cet opéra trouva une certaine faveur auprès du public allemand^, grâce au remaniement complet du libretto de Schober, opéré par le Capellmeister Fuchs.
Eu 1823 Schubert redoubla ses elforls du côté du théâtre. 11 ne lit pas moins de trois tentatives, malheureusement vaines. La première fut un mélodrame' appelé die Versclmorencit'. Cet acte — une adaptation française, par Castelli — eut un sort analogue à celui d'Alfonso; il ne connut la lampe qu'en 1861, à Vienne, puis il fut joué à Francfort, Salzbourg, même à Paris^ et en Angleterre^.
Ensuite Schubert composa un drame « héroicoromantique », de Kupelwieser, intitulé Fin-abnis, suffisant pour justifier- à lui seul toutes les attaques de Wagner conlr-e les livrets de l'ancienne école''. Fier- <ibras resta dans les cartons du maître, qui avait pris la peine de l'illustrer d'un millier de pages de partitionl
1. Sorte de vaudeville dans lequel la musique n'a qu'un rôle épisodiquo. ne concourant pas à la psj chologic des caraclères ni au dénouement.