Auteur delà Mvgère apprivoisée
12. Avec la pièce intituléc^atini^^n. Citons aussi lacélèbre ouverture ; J'oéte et Paysan.
dramatique et coloré, tout étincelant des parures dont Beethoven, Schubert et Weber l'ont fraichemeut doté. Il n'en est rien encore. Jusqu'au moment où Mendelssohn se dressera comme un jeune dieu sur l'estrade du Gewandhaus, à la tôte d'une élite enthousiaste, la symphonie, trois fois veuve des génies qui l'avaient si bien conquise, s'étiole et se traîne languissante en des unions trop respectueuses, trop honnêtes, trop bourgeoises. C'est à Mendelssohn qu'appartiendra le rôle de bénir l'alliance libre du classicisme et du romantisme. Ses prédécesseurs immédiats et maint contemporain qui lui survécut, non pas en gloire, mais en années, s'attardèrent en une sorte de conservatisme où d'hétéroclites éléments se frôlent sans fusionner.
Tandis que Weber jette la symphonie dans les bras du théâtre", Spolir, plus timoré, voit toujours en elle l'épouse sacrée de Mozart; et, n'osant lui ravir le cœur, il se contente de l'orner de nouveaux atours ou d'appeler sur son visage des expressions passagères et factices : il l'afïuble d'un double orchestre, il la dédie à l'illustration d'un poème déjà composé à la louange des sons, et sa musique n'est [plus que le rellet d'un relief^.
Franz Lachner"' avait été lié avec Schubert. Ses importantes symphonies en portent la trace évidente dans leur instrumentation et jusque dans leur prolixité, qui n'a point le génie pour excuse". La réminiscence même y fleurit à côté du contrepoint reçu des mains habiles de Sechter. Dans les allées symétriques de ses pages d'orchestre, des cantilènes italiennes et des cadences françaises encadrent de leurs indolences et de leurs prestesses la lourdeur des canons germaniques. L'œuvre de Lachner lient une grosse place dans l'Allemagne du Sud, où son renom fut édité, par ses frères, à un triple exemplaire". Au cours de sa longue carrière il subit l'intluence des temps nouveaux, mais il ne cessa d'appartenir au clan des maîtres de chapelle, ces musiciens « qui ont écrit selon les règles de l'art, mais sans talent créateur et sans inspiration". »
J.-W. Kalliw^oda -" doit sans doute l'oubli complet où il est tombé au tlétrissement subit de son talent après un début plein de promesses. Ses premières symphonies décelaient une personnalité élégante et simple. Dans la cinquième, d'une unité particulièrement agréable, il régne une fluidité fraîche, enveloppante et comme sous-marine... Disons que Kalliwoda s'adonna comme Spohr à la virtuosité du violon et devint, après son maître Pixis, un des meilleurs représentants de l'école de Prague-'.
« L'important maître de chapelle étant venu en personne diriger sa symphonie, une réception favorable était naturelle et correcte. » Ce propos de Schumann -- s'applique à K.-G. Reissiger-', le moins personnel, peut-être, des savants compositeurs que
13. L'expression est de Schumann {Ecrits sur la musique et les niusiciens).