‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 260 sur 297 · En 18^8, avec Friedrich Wieck et Heiurich Oorn · texte numérisé non relu

En 18^8, avec Friedrich Wieck et Heiurich Oorn

aurait pu lièremeiit répondre la parole du grand réformateirr' F'ourier : ■< J'écris dans l'ordre dispersé!» Au lieu de cela il laissa son cœur se foudre aux prestigieux rayons du soleil néo-classique; il produisit à sou tour des sonates, des chœurs, des oratorios, des symphonies, et cela fut en diverses occasions presque une erreur. Je veirx dire que Schumann ne trouva pas dans toutes les foi'mes qir'il cultiva l'expression parfaite de sa génialité. Il se trompait en reprochant à Chopin de se bor'ner au domaine r'estreint de la musique de piano. Sans doirte, sur la terre de la symphonie, dans un milieu oCr frémissaient de vivants orrhestr-es, comme ceux de Leipzig et de llr-esde, où florrssaient des chœurs comme celui de Oiisseldorf, la tentation était irrésistible de manier des masses sonores; nous devons à ces inconstances de nobles symphonies, de charmants oratorios. Mais, à part la pirissance inhérente à la matière employée, nous n'y troirvous pas d'impressions aussi complètement sublimes que celles qui se lèvent de certaines pages de piano, ou de lied, ou de musique de chambre. Dans ce triple domaine Schumann fut transcendant, et c'est plus qu'il ne faut pour l'élever au-dessus de toute compétition.

A l'opposé de Mendelssohn, qui possédait une technique parl'ailé avant même d'avoir mi'rri sa pensée, Schumann hérita d'un sentiment poétique précoce et vigoureux avant d'être un habile ouvrier des sons.

Son aptitude innée pour la musique se manifesta d'abord à l'aide du piano, ce souple auxiliaire de la pensée romantique sous toutes ses formes. Ses premières compositions notoires datent de l'époque oii il s'adonne à l'étude simultanée de la virtuosité et de l'Iiarmonie', ou, si l'on préfère, à la revision de ces deux éléments qui dormaient au fond de son être". Très vite il devient capable d'aftirmer sa personnalité, comme on peut s'en rendre compte en jetant un coup d'œil sur sa Toccata^", pièce extrêmement difficile d'exécution et témoignant d'une richesse orchestrale de sonorités.

Ce morceau, de même que les caprices d'après Pai/(/)ii(ii", trne partie des éludes symplioiiieiucs'-, la sonate en sol mineur''-', la yrande fanlaisie'^ et le concerlo''^, représente la contribution de Schumann à la virtuosité pianistique, c'est-à-dire son style le plus brillant, le plus externe. Cependant dans aucune de ces œuvres ne figurent des effets de bravoure étrangers à leurs pensées cardinales.

Avec les Papillons, op. 2, Schumann nous initie à une dialectique musicale tout à fait nouvelle, procédant des fantaisies humoristiques de Jean Paul et d'Iloll'mann. Sous ce titre symboliqire. Papillons"-, l'auteur fait défiler devant nous une suite de courts tableaux, formant autant de mimodrames expr-essifs. C'est la transposition libre d'une fiction imaginée par Jean Paul dans l'avaiit-dernier chapitre de ses Années de folie : des scènes de bal paré oij des mas-

î'. Premières compositions non publiées, et écrites, pour ainsi dire, " d'oreille " : un concerto et un quatuor avec piano, des polonaises â 4 mains, des lieder sur dos paroles de Byron.

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