Uailliasar lie Heine, die /J'ureubraut, etc
10. Voir encore : At .S'(/m(;(/)v(6cr (le chercheur de Trésors), /''rB/;lingsfahrt (Hromcnado priulanierc), die feinliche llruder (les l''r6res ennemis), etc.
HISTOIRE DE LA Ml'SIQlE
On s'est justement apitoyé surla tiisto lin de Schuniann à l'iiospice d'aliénés de Eiidenicli, en IS.ïG, mais on a voulu marquer une date trop prématurée à l'éclipsé de ses facultés. Parmi les lieder qu'il composa de 1S49 à J852, de nombreuses pages prouvent qu'il n'avait pas perdu le pouvoir de s'énoncer en beauté, 'l'outefois, à côté de la douce subtilité harmonique d'IlcrzeU'id^ on trouve des niatités, une impression d'usure et d'étouU'enient dans une partie des dernières œuvres : les CUanlsilc Marie StuurC. par exemple, les Marchenzalilungen', les Fitghcltcn^ et les ballades avec déclamation, qui ne produisent aucun elFet.
En terminant cet essai sur un des plus hauts génies de la musique, je dirai qu'il a rempli lui-même — tout en étant trop modeste pour s'en aviser — la prophétie qu'il écrivit naïvement dans son journal :
« Mendelssohn, disait-il, ne sera pas le dernier grand artisle. Ce Mozait moderne sera suivi d'un nouveau Beethoven qui est peut-être déjà né*. »
Suprême floraison du romantisme, Schumann ferme le cycle que Beethoven avait ouvert. S'évadant du mirage des iniluences e.\térieures, il redevient le peintre des élans tumultueux et des détentes sereines de l'âme, dans la lutte des divers éléments du moi. Chez lui l'accent lyrique remplace l'objeclivalion dramatique intérieure, et pour la première fois la musique dresse le front au-dessus de la philosophie de son temps. Sous la formidable coulée d'un des torrents psychiques les plus abondants qui aient rejailli sur notre planète, les dernières frontières et spécialisations du romantisme s'écroulent, les formes ne sont plus que des prête-noms, et les sentiments externes vieimenl mourir sui- le bord de la personnalité de Schumann pour faire place au chant triomphal de la liberté humaine qui s'élargit. Les événements, a dit le poète, projettent leur ombre au-devant d'eux; les vérités nouvelles, avant de monter à l'horizon, projettent aussi des clartés sur le front des précurseurs ; ils tressaillent et répandent dans l'humanité leur liesse auguste, leur exaltation splendide. Les sources d'inspiration d'un Beethoven ou d'un Schumann se perdent dans cet au delà où le présent et l'avenir se confondent; et cela prête à leur souffle une vitalité que, sauf le péché de lèse-relativisme, on serait tenté d'appeler éternelle.
L'entourage de Sehiiinann.
Dix années durant, Schumann tint la plume de ■critique musical, exaltant avec amour ce que la production contemporaine contenait de solide et de sincère, mais dénonçant aussi sans pitié les mauvais alois •du succès. Ses appréciations sur les grands maîtres, ses prédécesseurs et ses émules, font autorité et restent acquis à leurs bibliographies. De même, ses jugements concernant les musiciens du second rang ont été presque tous ratifiés par la postérité. Tirés hors de pair par le Xeue Zcitschrift fur Musit;, Heller, Henselt, Hiller, Rietz, Taubert, Franz, sont exactement ceux dont les noms sont restés connus de tous les
1. Chagrin de cœur. J'en ai donné une Iradnclion dans un supplément du Courrier tnusical.