Op. .SO
l'J. C61cbrj violoncellislc, 17C7-1S41.
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DIcriOWAIBE DU CONSEnVATOIlŒ
L'historien consciencieux a le devoir de ne point omettre deux artistes qui, avant d'être fauchés dans leur prime jeunesse, reçurent de Schumann les marques de l'approbation la plus chaude. 11 s'agit de Norbert BurgmuUer' et de Lud-wig Schunke-. Us laissèrent chacun une sonate de piano pleine de feu et de maîtrise. Lorsque Schumann rencontra Liszt pour la première fois, il crut voir une nouvelle incarnation de son regretté Schunke, tant il y avait d'analogie dans la fougue pianistique des deux artistes, et jusque dans leurs profils schilleriens'.
Hurgmiiller' composa une symphonie qui contenait les plus heureuses promesses», et, parmi des œuvres déjà nombreuses, des lieder d'une surprenante intériorité.
Ajoutons à ces noms ceux de J.-P. Gràdener" et de F. Kiihmstedt' également appréciés dans leur pays, le premier pour sa musique de chambre, le second pour sa musique d'orgue. Mentionnons aussi G. Kiicken', Jacob Rosenhain'-' et trois compositeurs hongrois : Erkel'", "Volkmann" etMosonyi.
Plus encore que l'orchestre, dont l'évolution moderne date de Wagner, le piano fut l'outil de la musique romantique. Son perfectionnement mécanique provoqua dans le domaine musical des mentalités nouvelles qui s'appliquèrent à scruter les ressources de l'instrument expressif et populaire, apte à rendie les polyphonies du chu'ur et de l'orchestre en même temps que l'individualilé du compositeur, ij'apogée de l'orgue remonte à Bach, celle du quatuor à Beethoven, celle du piano à Chopin et à Schumann.
A côté des grands compositeurs-pianistes il y eut encore place pour d'éminents pianistes-compositeurs. L'élude approfondie de leur personnalité me parait liée à celle de l'instrument auquel ils se vouèrent, (in serait tenté de dire en elfet de Henselt, Thalberg, Herz, qu'ils ne furent pas novateurs en musique, mais en piano exclusivement. Ils interprétèrent surtout leurs propres œuvres, démodées maintenant, autant qu'elles parurent séduisantes naguère, à cause des nouveaux gestes, des nouvelles dextérités sonores qu'elles livraient à la curiosité matérielle des foules.
Adolf Henselt'- mériterait d'être rangé parmi les poètes du piano s'il n'y avait trop souvent versé un médiocre sentimentalisme propre à le rendre « dangereux aux cœurs féminins », nous dit malicieusement Schumann'^. Ses œuvres manquent de la vie ardente, nerveuse, surhumaine des génies. En examinant ses euphoniques feuillets on doit dire cependant qu'il ne se borna pas à reproduire le style des romances sans paroles. Tout en conservant des lignes mélodiques d'une belle tenue, il paya son tribut à l'évolution du
3. Autres œuvres de Sctiunltc ; Caprice, op. 'J et 10; trois pitces à 4 m»ins, op. 13 ; Variations et /Polonaises sur un thème fie Schubert.
4. Son frère aîné, J. Burgmiiller, écrivit des pièces enfantines estimées.
o. On ta joua au Gcwandliaus un an après sa mort (1837). 0. l!ili-8:i.
8. 1810-82. Berlin joua avec succès en 1839 son opfra In FiiiU; en Suisse. Ses ciiansons et duos sont 1res populaires dans les niasses.
'J. 1313-''4. Vécut à Stnttgart, Francfort et Paris. Fit jouer 3 syinptionies, à Leip/ig, bruxeltoset Londres.