‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 282 sur 297 · Terminé en · texte numérisé non relu

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des vai'iations. Liszt est ici dans son élément. Son inspiration la meilleure accourt k l'appel de thèmes brefs, émergeant d'un antique terroir de choral ou de plainchant. Ainsi dans sa l)anf.c des morts déjà mentionnée, la stabilité tonale et l'instrumentation pleine d'effets originaux forment un ensemble des mieux réussis. Plus musical encore est le morceau varié composé sur un motif de Bach 3. C'est un chef-d'œuvre de ciselure harmonique, exprimant avec poésie quatre aspects intenses de la douleur humaine'.

Les quatre concertos offrent un travail thématique analogue à celui de la sonate. Leur unité de structure est obtenue au moyen du procédé favori de Liszt : la transformation des thèmes. Leur qualité l:i. plus notoire réside dans l'équilibre du pi.ino et do l'orchestre, admirablement traité. Mais étant venus dans le sillage du merveilleux concerto de Scbumann^, ils ont été distancés à jamais par celui-ci.

Le même phénomène s'est produit pour les deux polonaises, les deux ballades, les nocturnes", les impromptus, les valses, la berceuse. La succession de Cliopin est trop lourde à supporter. Cependant ces morceaux sont déjà des spécimens d'évolution, non d'imitation. Liszt s'y montre le prédécesseur de Franck, de Fauré, de Glazounow et d'autres maîtres du piano contemporain.

D'un intérêt moindre et de tendances ultradescriptives sont les Li'iicndcs' et les Harmonies poétiques ci ndigieiises". Toutefois ces pièces, bien exécutées, sont d'un effet certain sur le public, grâce à leur dentelure pianistique, rehaussée d'harmonies dignes de Wagner.

Les treize années que Liszt passa à Weimar furent le moment capital de sa carrière de compositeur et lui permirent en même temps de donner la mesure de son indépendance et de sa libéralité artistique". Il exerça la plus heureuse intluence sur le mouvement musical du temps en se faisant le protagoniste des œuvres de (^luck, Beethoven, Weber, Schubert, Berlioz, Schumann et Wagner'". Comme Weber l'avait fait à Dresde, il commenta lui-même ses programmes en des études pleines de savoir et de sympathie. 11 eut à lutter fréquemment contre le goiit médiocre du public, et c'est à la suite d'une cabale montée contre son ami Peter Cornélius" qu'il donna brusquement sa démission.

Alors commença sa vie romaine. De plus en plus incliné vers le mysticisme catholique qui lui avait dicté déjà plus d'une elfusion musicale, Liszt se lit investir du Tiers Ordre et domicilier dans la Ville Eternelle. Son prestige s'accrut de la soutane qu'il portait avec l'élégance seyant à un ultime représentant du Romantisme, égaré par la vieillesse dans l'inclémence d'une fin de siècle.

Lorsque la princesse de Wittgenstein''^ entendit Liszt, à Kiew, jouer sa fantaisie sur la Somnamhula : « C'est un étoimant virtuose, » pensa-t-elle. A quelque temps de là, il recréa devant elle une sonate de

6. Liebes Traùme (Ré\es d'amour) sur des vers de Uliland et de t''reiligralli.

7. Saint Franeois de Paule marcliant sur les flots, Saint François d'Assise prêchant aux oiseaux.

8. Dont les jdus connues sont : Invocation, Cantique d'amour, liénédiction de Dieu dans la solitude.

1». Il donna des leçons gratuites â un grand nombre d'élèves.

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