Le Tannhauser î\it moulé en 1840, Lolieni/rin en
11. Dont il avait voulu faire jouer le Jiarbier de lîagdad. i'I. 'Jui l'ut pour Liszt l'amie de sa maturité.
E.XCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOWAIRE DU COXSERVATOIRE
Heethoven, et elle s'avoua : « C'est un artiste véritable. )> Enfin, lorsque, à l'église, elle sentit planer sur son cœur de fulèle les harmonies d'un Paler nosler de Liszt, elle s'écria : a Cet homme est un profond créateur'. » Sans raliher complètement ce dernier jugement d'une femme qu'attirait un vivant magnétisme, la jeune postérité place la musique religieuse de Liszt en un haut lang parmi ses autres œuvres. Dans cette branche encore la place était vide. En d8D4, deux ans après la mort de Schumann,que le sujet de la messe avait médiocrement inspiré, Liszt écrivit sa Messe de Gran. Il y apporta sa maîtrise chorale, son sentiment du coloris et l'usage déterminé du leitmotiv-. Cependant cette œuvre a une enflure solennelle qui la rend, ce me semble, très inférieure au psaume XIII composé à la même époque et contenant, outre un délicieux aria, deux mouvements fugues d'une réelle éloquence'.
On doit à Liszt deux autres messes. La Missa choraUs, a capella*, et la /«cs.se ila couronnement'', où il réalisa la curieuse intention de fondre ensemble sa foi religieuse et son sentiment national. On peut dire qu'il y réussit assez bien. Le mode hongrois'", avec ses accents et ses cadences particuliers, n'eut point, sous la main du mondain abbé, les résonances profanes qu'on aurait pu craindre.
Liszt revient encore à l'élément liturgique grégorien dans son Clirislus'', oratorio composé sur un texte ayant pour centre celui des Béatitudes. Il y a là de grandes fresques d'un impressionnant réalisme. Quant à l'autre oratorio Sainlc Elisabeth de Hongrie*, son caractère demi-profane et théâtral, ses épisodes lyriques et pilloresques, sa mélodie plus abondante et plus développée, lui valurent de satisfaire davantage le goût du public; aussi est-il resté au répertoire des sociétés chorales'.
Le fait que Liszt, comme Mendelssohn, n'écrivit point d'opéra'" est un gage en faveur de sa sincérité et de son esprit sagace. Il se contente d'être V aller ego de l'auteur de ParsifaI, et c'est un beau rôle qui l'englobe à jamais dans l'immortalité wagnérienne.
En contraste frappant avec Schumann, ce silencieux, dont l'àme était pleine d'altitudes, Liszt, lui, les posa toutes. Voyageur infatigable sur les routes de la terre et sur le chemin de la vie, il embrassa d'un geste grandiose, en la double échelle de l'espace et du temps, la totalité du Romantisme.
HcUcr, poèle.
Heller! Liszt!... Il est piquant de réunir dans les pages d'un livre ces deux artistes qui n'eurent rien de parallèle, sauf trois circonstances extérieures à leur intime personnalité : l'origine, l'époque, la résidence. Stephen Heller naquit en Hongrie" en 1813. Il ré-
I. lîapporlô par M™" Liiia tt.imann [îîïofiraphir dp Liszt). '1. Wagner Iravaillait à ce monieni à VOrdit Rlùit.