‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 286 sur 297 · Op. 47 (mémo date · texte numérisé non relu

Op. 47 (mémo date

HISTOIRE DE LA MVSIQIE

génie invenlif de l'auteur, au lieu de s'épuiser, alla se rafrinant davantage à mesure qu'il écrivait pour un puljlic plus naïf, en s'aslreignant à une plus grande simplicité de moyens. L'op. 47 contient de petits chefsd'œuvre' dont la poésie se peut comparer à celle de certains préludes de Chopin el du Kiiulerdlbum de Scluiniann. Quant aux Eludes caracItTistiques (op. 00), ce sont, dans leur dimension restreinte, des essais malheureux de musique à programme. Kn lisant les légendes explicatives qui parsèment le texte, et que l'auteur avait supprimées dans la première édition^, on croit avoir sous les yeux un livret de pantomime.

Le charmant génie déployé par Ileller dans ses études lui restera lldèle sa vie entière. 11 sera toujours un peu le romantique des bébés, un conteur pour enfants, sachant leur graduer les émotions avec un tact infini, les entraîner sans fatigue, les mûrir pour les fortes vibrations, les giandes secousses d'art qui palpitent, éperdues, entre les feuillets de Chopin et de Schuniann. Kt c'est ainsi qu'au premier rang des compositions de Heller nous trouvons encore ses sniHitinci. L'op. 147 avec sa variété et sa distinction mélodiques, son scherzo clair, son andante ému, sa gracieuse tarentelle finale, est la digne héritière des petites sonates de Clementi, Mozart et Beethoven. L'op. 149 est un joyau de goût et de sentiment. Le début « lent, avec expression », atteint au sublime avec la même aisance que celui de la sonate Au clair de lune. L'intermezzo est une valse pressante, aristocratique et langoureuse. Le finale, d'une énergie passionnée, pathétique, complète ce bel ensemble auquel je ne puis découvrit' une seule faiblesse. J'augurerais mal de la musicalité d'un élève qui aborderait cette sonatine sans enthousiasme, et les vii-tuoses l'éputés y trouveraient une excellente occasion de montrer leurs qualités de diction, — s'ils en possèdent,- — car ici, mieux que jamais, Heller se montre expert en 1' « art de phraser ». Dans la sonatine romantique on peut le proclamer roi.

Il est regrettable qu'il ne s'élève pas si haut avec ses sonates. Les trois premières et la f'anlaisii'~!<oiiale'^ ont de la monotonie et laissent voir des intluences trop précises'. La quatrième mériterait des auditions ftéquentes. Son finale contient un peu trop d'écriture à deux parties, à l'octave, — procédé favori de Heller et dont il tire d'heureux elfets quand il n'en abuse pas, — mais la légende qui sert d'andante et surtout le premier mouvement exposent des thèmes éloquents et bien conduits.

Parmi les œuvres un peu trop nombreuses de Stephen Heller il y a forcément bien des pages à laisser de côté, à cause de l'insuffisance de leur caractère au milieu d'une époque si féconde en productions d'un relief saisissant. On peut classer dans cette indif-

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