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Un gros manuscrit du même genre de tablature que j'ai eu l'occasion d'étudier, ne m'a pas offert de résultats assez brillants pour me pousser à d'autres recherches sur ce sujet. Cependant ce lulli, ioujours avec la même notation, a duré plus d'un siècle. En effet, David Kellner, en 17i7, composa pour l'inslru-
menl FanUme, Ciaccone, Ghjhe, PasloreUe, Campanelle, Sarabande, Gf(i;o<(e, Rondeaux, Passe-Pied et des Airs assez variés. J'ai lu toutes ces pièces, et quelquesunes m'ont charmé ; toutefois de pareilles compositions ne pouvaient désormais satisfaire que le petit nombre de dilcttanli d'un instrument qui s'était sur-
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE Dr CONSERVATOIRE
vécu à lui-même et était bien déchu. D'ailleurs la guitare allait prendre un caractère tout à elle, qui ne manquait pas d'une certaine grâce artistique. Elle prenait faveur à cause de sa plus robuste et plus parfaite sonorité en comparaison du luth, due à la grandeur de l'instrument; à cause de Vaccordatura bien plus facile (on a dit qu'un luthiste perdait la moitié de sa vie à accorder le luth!); à cause des effets des accords arpégés (batteries! qui relevaient par un agrément nouveau l'exécution sur les cordes pincées ; et à cause du doigté plus aisé sur la touche.
Avant la composition régulière d'une vraie musique pour la guitare nous trouvons les étranges sonates de ,Chitai'ri(jlia. Cet instrument à cinq cordes était
accordé' ainsi : /js i | J # f ~ On
la lettre G
de manière qu'exécutée
avec l'index sur la première touche, elle faisait résonner l'accord de fa (à vrai dire à l'état de deuxième
renversement, c'est-à-dire de 4'° et
avait inventé pour lui un alphabet dans lequel chaque lettre indiquait la position des doigts sur les touches nécessaires pour obtenir un accord de cinq sons; par exemple, la lettre D exigeait cette combi-
naison du doigté
la ré
sot et il en résultait
l'accord de la mineur. Quelques lettres ne laissaient pas des cordes à vide (désignées par un zéro), comme
6'S = ( i) \do/
sur la troisième (G^) l'accord de sol( 4 ) ,surla quatrième (G*) celui de la bcmol ( 4 J , etc. Ilfautremar-
quer cependant que, selon la méthode employée par le guitariste qui écrivait la tablature, parfois un numéro sur la lettre indiquait la touche à laquelle se référait la position de la main pour serrer toutes les cordes dans le but d'atteindre un certain accord, et parfois une lettre spéciale pouvait signifier le même accord, particulièrement lorsqu'il s'agissait de noter un accord qui était d'un fréquent et facile usage sur l'instrument.
Voici l'alphabet le plus commun de la Chilnrriglia; il passa plus tard et se conserva longtemps dans la tablature pour la guitare alla spagnolu. même en Italie :
Hif4
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=fr'^
Pour noter les sonates de ChitarrinHa on mettait les.lettressur une ligne transversale; de petites lignes perpendiculaires à celle-là, vers le haut ou vers le bas, indiquaient si l'accord devait être arpégé avec le doigt de l'aigu au grave ou du grave à l'aigu. Une semblable ràclerie toute rudimentaire, et rien de plus, constituait la sonate! A l'exécutant manquait
toute indication de temps!! Il devait se contenter de cette seule règle que lorsqu'il trouvait un point il fallait qu'il s'arrêtât un petit peu, et que là où les lettres étaient placées entre deux S, les batteries laccords arpégés) devaient être exécutées plus à la hâte. Le fac-similé suivant est tiré d'un petit livre intitulé Vaijo fior di virtii Dûve si conticnu il cero modo d'im-
2>oii4s alla veta SpagnoU .
Aï e î ai g 1 1 ï ^ I c ITT a T g T T
1 11 11 11 11 11 b ï c \ A \ finct
11 a 11 il 11 11
e T ' T e T bï T T
i I e ï fine .
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Ll ai L T h j I I L T a i T Î L T h T 1 P l
1 11 11 11 il U 11 U il 11 U U 11 11
a j L I fine. ■
HISTOIRE DE LA MUSfQUE
Fii/iiis alla rcru S/mifuu/it.
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parare di sonore La Cliitairiijlia Con iina aionta di PiissacatiH, e Cliiacoiic alla vcni Spaijnola e anco Baltell novi. e Correnti Fnmcese non piit vediill. H tutto diito in lucc (la me Lodovico del Monte da Ikdogna. Je n'ai traduit que la première Follla, d'un goijt d'ailleurs exécrable.
Néanmoins, dans les premières années du xvii= siècle parurent plusieurs tablatures de Chitarriijlla : en 1020, Gio.-Ambrosio Colonna était arrivé à son deuxième livre, même assez gros; et ce goût dura lontcteraps, jusqu'à ce que l'on associât aux lettres simplement raclées le pincement des notes comme dans le luth, et l'on eut alors la guitare alla spa- Uiwla avec une musique moins primitive.
Mais on continua l'usage de l'alphabet ]Mur la gui- Inri', afin de noter les accords, même en faisant des lautes grossières, sur la basse écrite des chansons à une ou plusieurs voix, ce que j'ai remarqué dans presque toutes les compositions des Affetli aniorosi de lliovanni Stefani (1621), de la Misticanza di Vigna alla lii'iiiamasca de Fasolo (1626?), et des ^4 rie de Francesco Severi (1626).
FiG. 308. — Chitarra del secolo xvii».
Fasolo, 1825. — Peiilimenlo di sih'gnn amoroso a modo di Bnllello friiiicese.
Pcntimemo di fdegno Amorolb: à modo di BallettoFrancefè .
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