Ecrits sur la musique et les musiciens
0. Avec qui il resla toujours en relations. Heller possédait toute une
Sous ce titre suggérant l'activité fiévreuse d'un cerveau que dédaigne le sommeil, le composiletir nous initie à des impulsions animiques et céréliral^'S dont l'intei'prétation est laissée à l'auditeur. Nous sommes dans le domaine de la musique pure, loul autant qu'avec les suites de Bach et de Scarlatti. .Nous restons libres de faire appel au verbe ou à l'image pour souligner nos émotions, ou nous pouvons en jouir en musiciens, sans avoir besoin d'une traduction pour ce superbe idiome, si notre entendement en possède la clef.
Malgré la bonne cinquantaine de morceaux qui constitue le bagage strictement personnel de ce charmant claveciniste du Romantisme, son nom pâlit déjà, et la vente de ses œuvres est décroissante. Cela tient-il uniquement à l'efracement de son existence? A ce qu'il n'eut pas une cohorte de parents et d'amis pour soutenir sa réputation après sa mort? A ces causes possibles il faut en ajouter de plus profondes. Heller, comme Mendeissohn et toute proportion gardée, ne devança point son époque. H resta toute sa vie le demi-classique que Schumann avait discerné en lui. Le pianiste du temps actuel, amateur des subtiles étrangetés dont se tlatte maintenant notre sens auditif, se déroule au premier abord de la musique de Heller. Comment! Plus d'enharmonie, ni de flottement tonal? Plus de modulations abruptes? Plus d'âpres frottements ni de rythmes évasifs? Sommesnous vraiment à l'époque de Chopin et de Schumann?
En effet, c'est à peine si çà et là une teinte légère, un accent, une progression, nous rappellent que Heller fut l'admirateur de ces deux maîtres. Il a un tempérament trop pondéré, trop raffiné dans la distinction, pour tomber dans leuis excès ni dans les abîmes sans fond de leurs génies^. Mais quelle verve et quelle poésie nous découvrent sa limpidité mélodique, et son maniement moelleux des tonalités, son style tout en courbes harmonieuses, sans un zigzag, sans heurt ni rudesse! Avec quelle simplicité de moyens ce TROVATORE nous fait vivre son rêve intérieur! Une série d'accords parfaits et quelques altérations lui suffisent. N'est-ce pas une des plus étonnantes oiiginalités, celle qui s'impose par la seule sincérité du geste et de l'attitude, sans faire appel à d'artificieux accessoires?
Whatistherein aname''? Qu'y a t-il dans un nom?... Heller"! Plus clair, en ellèt, que ses grands contemporains aux musiques appâlies, adombrées d'aubes et de crépuscules... Heller !... Lumineux comme Mendeissohn et Mozart, musiciens d'air et d'espace...
A l'imprudent jeune virtuose qui me prierait de lui organiser un programme de morceaux de SIepben Heller, je serais obligé de répondre : « Si vous êtes en quête d'acrobatiques bravoures, nous n'avons pas votre allaire. Vous ne trouverez ici que des traits tombant sous les doigts et ne visant point à l'ellet. Peu de polyphonie, moins encore de subtiles dissonances. Vous êtes prêt à vous en priver? Fort bien. .Maintenant que vous faut-il? Du clair-obscur? Demandez-le à Beethoven. De la mélancolie légère? C'est usé par Mendeissohn. Une preste et capricieuse agilité? Vous
itnporlarilo correspondance de Schuntann. 11 eut le niallieur de la perdre dans un détnéiia^îcineiit. (Je liens ce détail de M. Sclumdl, qui lut en relations personnelles avec Ihdler.)
6. « Heller? Un cimrniant musicien, — ilit un jour I.is/I i» M. Edouard Scbui'é, — mais qui ne i'ist|Me jtas de s'<''j,'arer dans son vul. j)