‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 35 sur 297 · yf^t^tg^g^''û'■^'v · texte numérisé non relu

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De Vabray, de Visée et Médard fiirenl élèves de Corbelta. Le dernier lui fit une épitaplie qui, dans sa conclusion, est très semblable à celle qui a été gravée sur le tombeau de Lully:

Apprends qu'il no dovnit jamais finir son sort,

Kt qu'il aurait chnrmi'' la mort ; Mais, hOlas ! par malheur elle n'a point d'oreilles.

de Visée, qui, dans son Livre de Giiilairc (Paris, 1682), publia une Allemande portant le titre : Tombeau de m. Fnnicûqw Curhct. J'en reproduis la première partie et le fic-simUi! du texte comme exemple de la tablature française de guitare ; j'invite le lecteur à remarquer cette co'incidence fort curieuse que la composition de R. de Visée commence ainsi que la marche funèbre de la symphonie héroïque de Beethoven.

L'n autre ho m mage fut rendu à son maître par Robert

Roni^RT Diî ViSKtî, 1682. — Tonilieaii lic il. fruucistinf Corhct. Allem;inde

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ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIliE

Je n'ai rien rencontré de remarquable après cette musique dans le livre de H. de Visée. Nap. Coste a publié de nouveau en nolalion moderne Neuf plicea très {gracieuses de cet auteur; il les réduisit pour la guitare à six cordes, ce qui donne sans doute plus d'éclat aux accords, qui avec six cordes sur la toucbe peuvent avoir la basse régulière, mais ce qui altère l'originalité spéciale de ces compositions pour la guitare ancienne.

Plus tard nous trouvons les Nouvelles Dccouvertes swla Guilai-epar François Campion (Paris, t70o).Cet ouvrage nous montre le grand nombre à'accordature que l'on essaya sur la guitare (voir ci-contre).

Je répète ici l'observation que j'ai déjà faite à l'égard des ditïérentes manières d'accorder le lutb : dans

accordature ordinaire.

accordatures variées.

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notre système ordinaire de notation la lecture de la musique sur la guitare accordée d'une façon différente de l'ordinaire serait ennuyeuse et difficile; mais dans la tablature, où au lieu des notes musicales sont indiquées les toucbes sur lesquelles résonnent les notes, le cbangenient d" accordature n'apportait au joueur aiKune confusion.

Je cite une Sarabande de Campion :

Fe. Campion-, 1705. — Sanihiuule.

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Je n'ai vu aucune autre tablature de guitare après celle de Campion, mais je crois que désormais ces livres ne pourraient plus attirer l'attention des historiens. Les temps héroïques des instruments à pincer étaient passés, tandis que le clacicembalo les avait remplacés avantageusement, soit sous le rapport de la valeur des compositions que l'on écrivait pour lui, soit sous celui de l'exécution. La musique instrumentale d'ailleurs avait pris une foi'me décidée par le mérite de Bononcini, Vitali, Torelli, Bassani, Corelli, etc., qui, dans des compositions géniales à plusieurs parties, en continuantrœuvre commencée parGabiieli et Mascara à la Un du xvi° siècle, avaient frayé à la musique moderne de nouveaux chemins. En effet, après l'invention de l'opéra, le violon et plus lard le quatuor d'archets occupèrent la première place dans l'ensemble orcliestral et contribuèrent à ordonner et ;'i définir les fonctions des autres instruments qui étaient amoncelés pêle-mêle dans les orchestres primitifs. L'ilalie peut se glorifler de violonistes très habiles, qui parurent dès les premières années de la renaissance musicale. On connaît de l'époque la plus ancienne : Biagio Marini.Jqui se révéla parmi les premiers virtuoses compositeurs par les Affctli muaicali (ion); Carlo Farina, inventeur du style d« caincra;

Tarquinio Merulo, qui fonda la technique du violon; Gio.-Baltista Fontana, auteur distingué de sonates pour violons et basse; Gio.-Battista Bassani, compositeur vraiment inspiré et très fécond, maître du fameux Arcangelo Corelli qui est regardé à bon droit parmi les plus anciens classiques; Gio.-Battista Vitali, qui a su répandre le style instrumental par le goût exquis deses œuvres; Giuseppe Torelli, créateur du Concerta grosso: enfin Antonio Veracini et Antonio Vivaldi, joueurs et compositeurs de grande valeur. Leurs Sonates, leurs Concerti, leurs Capricci. ne permettent pas seulement d'apercevoir l'habileté du violoniste, mais ils doivent aussi être hautement appréciés par la grâce, la fraîcheur, l'originalité de la mélodie que l'on peut y relever.

Dans une telle évolution des formes musicales, toujours plus grandioses, le luth, aux moyens si limités, devait disparaître; il fut regretté par quelques solitaires rêveurs du temps passé, épris de la naïveté d'expression de l'art primitif; seule a survécu la renommée romantique de ses sons harmonieux. La guitare existe encore, doux instrument qui conserve toujours des effets attrayants, mais qui depuis longtemps ne répond plus aux progrès de la musique moderne.

1)'- Oscar ClULESOTTI, r.il2.

firSTOFRE DE L.l MCSlçriC

ITALIE n85

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