‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du Conservatoire (volume 5)Chapitre 87 sur 297 · Né ù Venise ^ers · texte numérisé non relu

Né ù Venise ^ers

2. Né à Salù le 15 août 1725, mort ù Desenzano le l*^ décembre 1713.

composition. On trouve en lui le reflet de la vie italienne à celte époque, amie de l'art et de ses jouissances, où l'on appréciait la culture et où l'amour de la beauté poussait à suivre les études musicales encore bien éloignées de la diffusion de nos jours. Dans nos recherches il doit être cité surtout pour la généralisation, si ce n'est pour l'invention, de la Basse Alberti qui sert à désigner une formule dont on va user et abuser dans les périodes à venir. La manie du simple chant amenait les compositeurs, nous l'avons vu, à soutenir la mélodie de la main droite au moyen d'un simple accompa:;nement de la main gauche. Alberti range cet accompagnement en des figures constantes d'arpèges, semblables aux suivantes, tirées de la Sonate VI° dans l'œuvre citée :

siiclo. Il faut se rappeler que des qnati-c instituts de musique de Venise, à cette époque (les IncnnibHi, ['Oipcdalctto, la Pietà et les Mendicanti], ce dernieiavait la primauté pour les jeunes filles qui se consacraient à l'étude des instruments, ce qui contribua au perfectionnement de Bertoni dans la technique dont nous allons parler.

Bertoni, compositeur d'opéra applaudi, en 17S4 succédait à Galuppi dans les fonctions de premier maître dans la chapelle de Saint-Marc. 11 est un des soutiens les plus fermes de l'art italien devant l'inlluence allemande toujours croissante, ce qui parait dans les Sei Sonate pcr Cembalo (Paris, 1780-1781) et les Sci Sonate per Ccmhalo cou V'/o/mn (Berlin, 1789). L'inliltration de l'élément sentimonlal dans la musique instrumentale, que nous avons déjà observée à propos des violonistes, se continue avec Bertoni :

V. l'i^liulo lie Ttmciii, ilejà eitei-, dans la Itii'isld musicale ilitlinint, ',' année, 2" livr. (lilÛO, Torino, liocca).

iiisminE DE i.A Mrs[orE

même lorsque les formules de l'Opéra se taisaient, le lyrisme auquel elles ameuaient élevait sa voix.

Et, eu parlautde la scène et des compositeurs d'opéras, on peut encore citer Pietro Gufilielmi' , compositeur de prés de 200 opéras, musicien de valeur, élève de Durante et auteur d'œuvres pour le Clavecin telles que Si.); Sonalus for titc Pianoforle, op. III, publiées à Londres chez Rrenner; Sei Quai-letii per il Ccmbalo, 2 Violini e Violonccllo, publiée aussi à Londres eu 1768 et réimprimées par Brenner avec le titre anglais : Six Diverlimenls for thc Harpsic/iord inid Violin. printed for Ihe Aiilhor, même à Londres. D'autres compositions, parmi lesquelles des Toc/atc et des Symphonies, restèrent manuscrites : quelquesunes sont possédées par le Conservatoire de Milan; on y aperçoit le musicien à la production facile sinon profonde, digne d'être menliouné dans cette dernière péi'iode.

De la même importance jouit Giuseppe Sarti-, élève du Père Martini et maître à son tour de Cherubini. Savant en acoustique, il fut accueilli en 1794 par l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, pour l'invenlion d'un appaieil destiné à calculer les vibrations des sons. Des Sonate per Claviceinialo parurent à Vienne et à Londres, et quelques essais oui été réimprimés en des éditions moJei'nes. On en trouve un exemple dans l'édition de Kùhler, cahier IX : remarquable sui'tout VAlleijro en sol majeur, riche d'élan, solide pour ce qui concerne la forme, gracieux dans sou style orné. Il est bien évident que la purclé italienne de la période passée a déjà subi l'inlluence allemande; toutefois l'alluie et le chant déployé sont encore fils du type national, et les agréments qui paraissent ont des tendances bien dilîérentes de celles de l'école de clavecin française. Il eu est de même dans les Sonate per il Cembalo de Giovanni Rutini, de

Floi'ence^, publiées à plusieurs reprises et constituant quatre recueils, les trois premiers de six Sonates, le quatrième de sept. Hutini avait étudié dans le Conservatoire de Sant-Onofiio, à Naples, d'où, en 17.Ï4, il se rendait eu .Vllemagne, pour revenir en Italie en 1766. Dans Pauer {Alt<; Mcister, 111, p. 12S-15o) on peut voir trois Sonates (eu do, en la, en ilo) qui offrent un intérêt pour l'esprit moderne qui les anime et pour l'absence de formules scolastiques. Quelquefois les agréments sont excessifs pour les traditions italiennes : ce que l'on voit dans le 1"'' temps [Andanlc) de la Sonate en do majeur, et dans le 2" temps (-1)!ilanta de celle en la. La l'orme est binaire et équilibrée; la technique du piano y est agile et silre. Les temps se succèdent au nombre de trois. Deux de ces Sonates nous donnent de gracieux modèles de Menuet. On pourrait l'eprochei' à lUilini quelques accords incomplets, la libre disposition de quelques parties; mais toute la période en question, et même Domeiiico Scarlatti, nous ont déjà familiarisés avec de semblables fantaisies.

Antonio Sacchini'', élève de Durante dans le Conservatoire de Sant-Onofrio, à Naples, condisciple de Piccinni et Guglielmi, dans la seconde moitié du xvin" siècle, laisse douze Sonates pour Clavecin et Violon, publiées en deux recueils : en elles revit la grâce naïve et suave qui émane de sa facilité mélodique prodiguée dans les opéras. Ce sont des mouvements mélodiques aisés et élégants, distribués sur le clavier avec une grande simplicité de moyens et d'artifices : quelquefois un parfum mozartien en augmente le charme; quelquefois encore, ainsi que dans le premier temps de la Sonate en fa majeur, on y aperçoit le souvenir des idylles du théâtre, chères à l'école napolitaine.

Anrianle.

Dans ce petit exemple le dessin mélodique est assez mouvemenlé, de sorte qu'il na pas besoin d'agréments excessifs : il est soutenu par la Basse Alberti, qui est désormais très commune. Ce fait nous dit clairement le style chantant de l'auteur. La forme est binaire; le thème s'élève à la dominante, après quoi il s'abandonne à une vraie phase de développement, se subdivisant et variant par des alternatives de majeur et mineur. Le même principe est suivi

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