‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 10 sur 1158 · D'après une phoLograptiie de M. J. Garslans · texte numérisé non relu

D'après une phoLograptiie de M. J. Garslans

4. Annales du Service des Antiquités de t'Etji/pte. t. V. le Caire. 1904. p. 2i4.

5. Fig. 34 = J. Gaudner Wilkinson, The tnanners and customs of the ancien! Egyplians, London, t. 1, iS7â, p. 4lil, Gg. JiO.

HISTOinE DE LA MrsiQVE

b FiRuriilionsiiii Noiivi'l Kmpiriî (\VIlI-XX''(lyn.) — Tambourin ou fiinnc tit' tuiiiiek't alluuu»'' ; cnnrriiit's irallaclii' ou roso.iu.

c Muste (lu I, ouvre (opoque P'isloricuro au Nouvol Kmpirt'). — Tambour en forme do tounoict courl ; courroies d'attache parallèles.

Ce tableau nous raconte de façon très claire l'évolution lia tambour en Ejiypte entre les deux périodes exlri'mcs que iii>us l'ont connaître le spécimen de Béni-Hassan et ci'liii du Louvre.

Les représentations ne nous montrent jamais le tambour de bois ipientre les mains d'bommes, et plus parlii'uliéi'cineiil do militaires (lif;. 14). Des nèi^res même en jouent', ce qui nous autorise à nous demander si ce tambour alloiii;é n'est pas ori;.;inaire du liant ^ll. On le porte suspendu horizoïilalement au cou et ou le l'rapjie à chaque extrémité, non avec

des baj^'ueltes, mais à j.;rands coups de poing.

Le nom égyptien de cet instrument est

* J © , tabn, mot dont le sens spécial de lami,-,^ 3=, bouriii est prouvé indis-

Nom égyptien du lambourin'. cutablement par l'orthographe particulière qu'il porte dans un texte du grand temple de Karnak àThèbes iTig. 3.ÏJ.

2° Le tambour de basque. — Le tambour de basque est le phis souvent de forme circulaire. D'après l'ensemble des nombreuses représentations de cet instrument sur les monuments, il avait un diamètre moyen de 25 à 30 centimètres (fig. 36, k). Mais il en exisiait de plus petits et, chose plus étrange, de beaucoup plus grands.

FiG. 36. — Danses au sou du tambour ^

Le plus petit nous est connu non pas en dessin, mais en original. 11 se trouve exposé au Musée égyptien du Louvre •. Il mesure exactement 0™,165 de diamètre sur 0"',0o de hauteur. Il a, non pas une seule peau, comme le tambour de basque de nos jours, mais deux peaux, lesquelles sont retenues l'une à l'autre, comme dans le tambour tahn, pas une lanière de cuir qui passe en zigzag d'une peau à l'autre, tout autour de la monture de bois. Par-dessus cette lanière en zigzag, et pour la cacher, on a collé une bande de peau ornée de mosaïques en cuirs diversement coloriés.

1. Voir la représentation d'une danse de nègres au son du tambourin (XVlll" dynastie) dans J. Gardner Wilkinsù>-. The manners and customs of tfie oncient Egyptians. t, I, London, iSTS. p. 4.'i8.

2. D'après une pliotograpliie prise à Karnak par M. D. Héron.

3. Fig. 36 ^ J. Garuser WiLKlNSON, op. cit., t. I, p. 443, Cg. tiO.

Par contre, le plus yrand tambour de basque que je connaisse — cidui-lù est ligure assez souvent — mesure de 70 à 75 centimètres de diamèln'. Il date de la XXII" dynastie et se trouve re[irésenlé plusieurs l'ois dans le temple de lîubastis (lig. 37). 11 est si grand, si lourd et si incommode qu'une seule personne ne peut le porter et le jouer à la l'ois.

Aussi un homme le tient-il sur ses épaules, tandis qu'une femme le suit et frappe l'instrument. La légende qui accompagne le groupe, |' ^ ■ ■ — •

n "=" FiG. 37. — Le ^M-and lam-

•^=^1' e , signifie « jouer du bour de basque ^ tambour de basque ». Il n'y

a donc aucun doute à avoir sur la signification de la scène. Le nom Mrou, qui désigne ici le tambour de basque, est connu du reste par ailleurs, sous l'orthographe I' ® sarou, qui s'applique à des tambours de basque plus petits. Mais le même instrument semble avoir été désigné par un terme de sens un peu moins restreint.

Le mot

, khanrit, dérivé du nom ;

khanr.

« cuir, peau », semble s'appliquer de façoli eénérale, au moins à l'origine, à tout instrument de percussion dans lequel une peau représente l'élément

sonore. Tout comme les mots ^ J @ tabn et|' ^

sarou, le mot ^rr; ^ , est déterminé par le signe w,

qui représente un tambour de basque. Aussi, des femmes qui sont chanteuses ou musiciennes de telle ou telle tiivinité portent-elles souvent, en plus des

titres 5 î 1 1 T M /tousi<,« chanteuse, »ou "t^ H ^ SÏ

schdmit, Il musicienne >>, le titre ^^ 1 ' ^ • il khanrit, qui semble les désigner comme « tympanistes » et non pas, ainsi qu'on l'admettait jusqu'ici, comme « pallacides )> ou « femmes de harem ".

Que des tympanistes aient pu, d'ailleurs, être considérées comme des femmes désirables à possé der plus ou moins passagèrement dans un harem, ou que, en sens inverse, il ait pu paraître agréable aux Egyptiens que les femmes qui divertissaient leurs loisirs sussent jouer du tambour de basque, c'est la afi'aire de gotitet qui peut expliquer comment le mot Il tympaniste » a pu servir à désigner par euphémisme des femmes de mœurs faciles. N'en était-il pas de même à Rome pour les joueuses de Otite, qui jouissaient de la plus fâcheuse réjiutation et dont le nom de métier était plus ou moins synonyme de Il courtisane »'.' Mais, entre les kJianrit égyptiennes qui, comme au Papyrus Westcar'', couraient routes, rues et ruelles en jouant du sistre et des crotales, et les grandes dames de l'aristocratie égyptienne qui s'intitulaient khanrit d'Amon ou d'Hathor, il y avait dilTérence en matière de vertu, peut-être, mais non en matière de désignation : le mot khanrit les désignait toutes, impartialement, comme « joueuses d'instruments de percussion », d'instruments en peau

5. Fig 37 = Ed. Naville, The Festival-hall of Osorknn II in tlie great temple o/' Bubastis, London. isyi, pi. XI, 6. — Voir d'autres scènes analogues, ibid., pi. xiv, 3, et xvi, 9.

6. Cf. G. Maspero, les Contes populaires de l'Egypte ancienne, 2' édit., Paris, 1889, p. 77, 83.

ENCYCLOPÉDIE DE LA MCSIQVE ET DICTIONNAIRE DU CONSErtVATOIliE

principalement, mais aussi d'instruments métalliques, par confusion avec le terme plus précis 1 } 1 ' àhi, qui, lui, désignait surtout les joueuses de sistre et de crotales.

Une seconde forme de tambour de basque, que l'on rencontre assez fréquemment sous le Nouvel Empire (fifî. 3G, B), consiste en un rectangle allongé dont les quatre cotés sont légèrement concaves. Je ne sais si cet instrument portait un nom spécial; je ne l'ai pas, en tout cas, rencontré encore dans les textes égyptiens, et l'instrument lui-même n'a jamais, à ma connaissance, été découvert en original dans quelque tombe pharaonique.

Au contraire du tabn, instrument militaire qui n'est joué que par les hommes, ce sont toujours des femmes qui jouent le tambour de basque. L'instrument sert parfois dans les temples, comme on l'a vu d'après les représentations de Bubastis (fig. 37), mais le plus souvent (fig. 36) il accompagne les scènes de danse dont les Égyptiens se plaisaient à agrémenter leurs repas d'apparat et leurs réceptions.

3" Le tambour de terre cuite. — Ce tambour est très commun aujourd'hui en Egypte, où il porte le nom de tabl. 11 a la forme d'un vaste entonnoir dont la hauteur est d'environ 30 à 40 centimètres, le plus f,'rand diamètre de 20 à 30 centimètres, et le plus petit 10 centimètres environ. Une peau est tendue sur la partie la plus large de l'instrument et fixée simplement au moyen de colle'.

On n'a pas encore, que je sache, retrouvé ce type de tambour en original dans les tombes égyptiennes, mais il est figuré sur certain bas-relief thébain du Nouvel Empire (fig. 36, C), et nous voyons qu'il servait, avec les deux formes de tambour de basque, à accompagner les danses. La peau est collée, comme dans le labl moderne, sur le rebord de l'instrument.

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