W. M. Flinders Petbie, Denderefi, London, 1900, pi. x
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIO.WAIRE DU COSSERVATOIRE
aakhmW, qui dérive précisément du mot sakkm. Le nom de l'autre sistre, saischschit, n'a donné naissance qu'à un verbe de sens assez général qui signifie à la fois "jouer du sistre » et « jouer delà mainit^ ». Le
terme \\\^ lui-même présente un sens encore plus large, puisqu'il sert a désigner tout joueur de sistre, ou de iiiainit, ou même de crotales.
11 semble bien résulter de ces diverses remarques que le sistre sakhm est le premier en date. Le second sistre, forme perfectionnée du premier, remplaça bientôt celui-ci et se répandit si bien que ce fut très vraisemblablement de son nom, saischschit, que les Grecs tirèrent leur mot uîTirpciv.
On ne trouve que très rarement le sistre représenté dans les scènes musicales relatives à la vie privée. C'est plutôt un instrument de caractère officiel et religieux. Les grandes dames d'Egypte le tiennent presque toujours à la main, ainsi que la mamit, mais il n'en faut pas conclure qu'elles s'en servaient à la moindre occasion. C'était, pour elles, bien plus un insigne de fonctions qu'un objet usuel à portée de la main. Toutes ces dames, en effet, tenaient à honneur de faire partie de la « maîtrise » du grand temple de leur ville, soit à titre de chanteuses si elles avaient de la voix, soit à titre de joueuses de sistre et de crotale si elles ne pouvaient ambitionner davantage. C'est pourquoi nous rencontrons, dans les tombeaux des riches Thébains du Nouvel Empire, tant de représentations de dames tenant en main le sistre et la mamit; toutes sont, d'après les légendes hiéroglyphiques qui accompagnent leurs portraits, chanteuses ou crotalistes de telle ou telle divinité.
Les tambours.
Les Égyptiens connaissaient trois sortes de tambours : 1° le tambour en bois, dont la forme est ordinairement assez allongée pour qu'on puisse lui donner plutôt le nom de tambourin; 2° le tambour de basque, circulaire le plus souvent, mais parfois rectangulaire; 3° le tambour de terre cuite, répondant au tabl des Égyptiens modernes et à la darab'iuka des Algériens, et présentant la forme d'un entonnoir.
1° Le tambour de bois. — Ce tambour est le plus ancien dont on ait rencontré un spécimen dans les
FiG. 33. — Tambourin de la XII' dynastie'.
tombes. Jusqu'ici, on ne le connaissait qu'en forme de tonnelet, d'après des bas-reliefs datant du .Nouvel Empire. M. J. (jarstang, professeur à l'Université de
1. Heciifil de travaux mlaCifs à la philologie et à l'archt^olof/ie ègyptii^nnes et assijrienncs , l. .Wl. p. 56 (époque de la .\XI1" dvnaslie).
ï. Conte de Sanouhit, dans A. EitïiAN, .■Eijyptische Cfirestomathie, Berlin, 1004, p. 8.
Liverpool, en a découvert récemment un spécimen fort bien conservé dans un tombeau du .Moyen Empire (XII» dynastie), faisant partie delà nécropole de Béni-Hassan en Haute-Egypte*. Ce tambour appartient aujourd'hui au Musée d'antiquités du Caire. M. Garstang a bien voulu m'autoriser, ce dont je le remercie vivement, à en publier le croquis ci-joint (fig. 33). Comme on le voit, ce tambour archaïque est, non pas en forme de tonnelet, mais en forme de cylindre régulier. 11 mesure, d'après ce que me dit M. Garstang, environ 3 pieds (c'est-à-dire 1 mètre) de longueur. A chaque extrémité se trouve appliquée une peau, et les deux peaux sont retenues et tendues au moyen d'un réseau de lanières de cuir qui couvrent presque complètement les flancs de l'instrument.
Un second spécimen de tambour en bois se trouve exposé au .Musée du Louvre (fig. 34j, mais on ne sait
Tambour du Musée égyptien du Louvre'.
ni par qui il a été découvert, ni dans quelle localité, ni à quelle époque il appartient. Il présente de notables différences avec le tambour de Béni-Hassan. D'abord, il est bien plus court et répond plus exactement à notre tambour, tandis que l'instrument de Béni-Hassan rappelle plutôt la forme du tambourin. Ensuite, ses parois, au lieu d'être strictement parallèles, s'arquent et s'écartent vers le milieu, de façon à donner à l'instrument la forme d'un tonnelet. Le procédé d'attache des deux peaux l'une à l'autre est beaucoup plus simple que dans le lambourde Béni- Hassan. Ce sont tout bonnement des lanières de cuir placées parallèlement à une certaine distance l'une de l'autre et dont chaque extrémité est attachée à l'une des peaux du tambour.
Ces deux types de tambour me paraissent représenter les deux extrémités de l'évolution du tambour de bois sur les rives du Nil. En effet, tous les tambours de bois figurés sur les monuments appartiennent au Nouvel Empire et rappellent en grande partie le tambour de Béni-Hassan, et en proportion moindre celui du Louvre [cf. fig. 14). Comme le tambour de Béni-Hassan, ils sont beaucoup plus longs que larges et rentrent par conséquent dans le genre tambourin; de même, ils ont un système de courroies de cuir entrelacées en réseau pour relier les deux peaux. Mais, comme l'instrument du Louvre, ils ont la forme d'un tonnelet allongé, et non pas celle d'un cylindre régulier. De sorte que, si nous avions à classer chronologiquement les trois formes de tambours de bois qui nous sont connues jusqu'à présent, nous obtiendrions le tableau suivant :
n Béni-Hassan, XIK dvnaslie. — Tambourin cylindrique; courroies d'attactie en réseau.