‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1024 sur 1158 · De 1814 à · texte numérisé non relu

De 1814 à

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iiitripiiant et dont l'ambilion dépassait les moyens. Il mourut à Enf.'hien, en 1849; son œuvre prolilique, concertos, sonales, musique de cliamhre, s'éteignit avec lui.

A l'époque où Kalkbrenner vivait à Londres, il dut y rencontrer un concurrent de large envergure dans la personne du compatriote et disciple de Beethoven, Ferdinand Ries. Venu comme tant d'autres chercher un refuge en Angleterre, au moment où l'Europe conlinentale était sillonnée de guerres et d'agitations. Ries arriva à Londres en 1813, âgé de 29 ans, après avoir subi toutes sortes de vicissitudes. Alors qu'il était momentanément sujet français, en 180li, il avait échappé avec peine à la conscription qui le menaçait, comme citoyen de la ville de Bonn. A Vienne, en 1809, il était tombé de Charybde en Scylla'. Ne trouvant point en Allemagne un poste digne de ses talents, il avait tenté une tournée en Russie en passant par la Suède. Pris par un navire de guerre anglais, il avait été mis en quarantaine dans un îlot de la Baltique; enfin, ayant réussi à atteindre Moscou, il en avait été chassé par l'incendie de cette ville! .-iprès de telles tribulations, la grande île commerçante et mélomane dut lui apparaître comme le paradis rêvé. Dès son premier concert à Londres, il fut chaudement accueilli. « Son jeu, écrit un critique musical de l'époque^, se distingue de tous autres par sa sauvagerie romantique. » Saluons au passage ce mot, alors que nous le rencontrons pour la première fois. Ries possédait donc quelque chose du fi'u et de l'emportement du maître qu'il avait assidûment fréquenté. Sa virtuosité pianistique y gagnait sans doute un beau lustre, mais ses nombreuses compositions latillenl trop, aux yeux sévères de la postérité, l'impression qu'elles causaient déjà à Beethoven lorsqu'il s'écriait : « Ries m'imite trop^! » La musique syniphonique de ce compositeur est passée de mode. Quelques concertos, un londo, une polonaise, une fantaisie variée, sont tout ce qu'on joue de lui maintenant, dans des séances d'élèves.

Un de ses concertos a comme titre les Adii-ux à Londres. Ries quitta en 1824 cette ville généreuse où la fortune lui avait enfin souri. 11 mourut à Francfort en 1838, après avoir dirigé maint imporlanl concert orchestral, et présidé, au succès de son meilleur opéra, die Rauberljnial^.

Pour épuiser la liste des contemporains de Cramer qui jouirent de l'hospitalité britannique, il me faut encore nommer un musicien curieu.'i dont la puissance fut certainement supérieure à la réputation qu'il a laissée. Le nom de Joseph "Wœlfl est aujourd'hui à peu près inconnu du public. L'artiste qui le porta mérite cependant mieux qu'une simple mention, si l'on se rapporte à son histoire et à l'examen de ses œuvres.

Originaire de Salzbourg'', Wœlfl avait fait de fortes études de piano et de composition sous la direction de Léopold Mozart et de Michel Haydn". Après avoir remporté des succès, il était venu se fi.xer à Vienne a. l'âge de 22 ans, et il avait eu l'honneur fort rare de gagner la considération de Beethoven, dont les jugements sur ses contemporains étaient rarement flatteurs. Loin de traiter le rival qu'on lui opposait avec le peu d'égards qu'il témoigna envers Himmel,

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