Le ptrc du grand Mozart cl le frère du grand Haydn
Gelinek et Steibell, Beethoven accepta, en diverses occasions, de jouter avec NVœlfi, comme l'avaient fait entre eux Mozart et Clementi.
Avec un peu d'emphase, le compositeur Ignaz. von Seyfried nous montre « les nombreux amateurs de la ville impériale partagés en deux camps, comme naguère les glucUistes elles piccinistes ». Les mémorables rencontres avaient lieu à driinberg, dans les salons du baron de Wetziar, ami du prince Lichiiowsky''.
" Chacun des adversaires faisait entendre ses productions les plus récentes; tantôt l'un, tantôt l'autre, laissait un libre cours aux inspir-ations momentanées de son ardente fantaisie; ou bien ils se mettaient chacun devant un piano et improvisaient à lourde rôle sur des thèmes qu'ils se donnaient réciproquement. Ils créèrent ainsi plus d'un caprice h. quatre mains qui certes eût résisté à l'oubli s'il avait pu être écrit au moment de sa iraissance*. »
Quand on songe que sous les doigts de Beethoven jaillissait l'inspiration abondante et diverse qui dicta les immortelles sonates, on a la mesure des hautes facultés de Wœlfl, et on se prend à regretter qu'une vie nomade, irrégulière et trop brève ne lui ait permis de cueillir, presque exclusivement, que les lauriers éphémères de l'interprète.
D'une plume alerte et légère, il écrivit très jeune plusieurs opéras que Vieruie reçut avec faveur. On les joua même à Prague et à Leipzig, mais ils ne survécurent point au siècle de Mozart.
Les deux symplionies de Wœlll et sa musique de chambre sont tout aussi désuètes. Cependant n'eùt-il écrit que la lirande Sonate avec inlroduclionct /'ugiic, il mériterait une place à part dans l'histoire du piano. Kn cette harmonieuse sonate, d'un style élevé, d'une inspiration véhémente et soutenue, palpite un souffle moderne; on pressent déjà Weber.
Comme pianiste, Wœlll se classe à côté du plus grand maître de son temps. Tout en conservant la clarté et l'élégance mozartiennes, il parait avoir été un des premiers à rompre avec les traditions du jeu vif et saccadé que les clavecinistes avaient mis à la mode' : en quoi il se rapproche de Beethoven et de Clementi. Vers la fin de sa carrière seulement il put rencontrer le vieux maître londonien qui vingt années lui survécut. Wu'lfl se raéla à la vie musicale de Londres de 1805 à 1812. Il y mourut en plein succès, à l'âge de 4U ans.
Cette même année 1812, un autr'e remarquable pianiste compositeur, plus jeune que Wœlll de cinq années, Ludwig Berger '", vint aussi d'Allemagne chercher en Angleterre des palmes qui ne lui furent pas refusées. Berger avait été, sur le continent, l'élève de Clementi. Il s'établit à Berlin en 1815 et y devint le maître réputé de Mendelssolm, llenseltet Taubert. Sa contribution à la littérature du piano n'est pas négligeable. Ses vingt-sept éludes ont été republiées par Breitkopf avec une préface de ReinecUe.
Lorsqrre Clementi visita Pétersbourg, en 1804, il élait accompagné de Berger et d'un autre élève non moins distingué, August- Alexander Klengel", de Dresde. Après un séjour de plusieurs années dans la mélropole russe, ce virtuose revint dans sa ville natale, où il fut nommé organiste de la cour. On cite