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lient la chaire de renseignement supérieur du |)iaiio''. .Mais sa inusicaliti' sedéconcerte en facedes hardiesses de Chopin et de Schumann.

Kn somme Moscheles, conleniporaiii de Weber et de Schubert, ne marcha point comme eux à la tête de son temps. Porté par son piestige à écrire mainte pièce pour la vente, il ne sut pas relever la variation de sa décrépitude, et il fut un des inangurateurs du pot-pourri d'opéra donnant au piano cette lausse dramatisation si inférieure au pathétique de lieethoven. « Sa veine romantique, énonce Schumann'", sans ilépasser la culture contemporaine, peut s'appareiller à celle de Mendelssohn, avec celte différence que celui-ci y apporta toute la verdeur de sa jeunesse. >>

M«-ntlolssobii el l:i rpiiaiNsaiicc de Bach.

Au moment oi'i la musique allemande llécliissait et menaçait de « s'emperruquer" ■., un enfant de ;;énie, un nouveau Mozart ■jrandissait et semblait se hâter à dessein de milrir un des talents les plus complets et les plus silrs qui aient jamais exisli".

J'ai nommé Félix Mendelssohn-Bartholdy '-. ' Lorsque ce jeune Israélite surgit à l'iinpr oviste — tel Jésus parmi les docteurs — au milieu des maîtres de chapelle qu'il dépassait en inspiration et même en savoir, il courut une haleine de printemps sur les bourgeons desséchés de la forêt romantique. De 1830 à 1845 la sève remonte aux arbres jaillis du fort terreau beethovenien, les feuilles verdissent dans une atmosphère de paix, à l'abri des invasions et des émeutes. Les querelles anciennes posent les armes, les contlits nouveaux dorment encore sous les plis du futur. Conservateurs et libéraux s'aju-nouiUent d'tm geste parallèle pour se confondre dans un culte égal de la nature et de la vie.

C'est le temps où fleurissent les aimables chansons de Riickert, Eichendorlf, Kerner, Môrike; et Mendelssohn est la parfaite expression de ce calme lyrisme dans la sphèi e des sons. Son sens d'équilibre, la pureté de son goût et son culte sévère de la forme lui valurent l'appellation de néo-classique. Le fait est qu'à l'instar de Heine succédant aux premiers poètes du romantisme, Mendelssohn venant après Schubert et Weber retourne à l'excellence plastique et y apporte les puissantes facultés d'assimilation de la race juive. Son éducation, harmonieuse comme celle de .Montaigne, au sein d'une famille aisée, unie et respectée, développe avec le même bonheur son intellect et son sentiment, ses aptitudes pour les lettres'^, le dessin et la technique musicale. Berger lui transmet sa virtuosité pianistique. Zelter" lui inculque l'amour de Bach et le dote d'une science achevée dans la composition'-'. Le style des anciens maîtres n'a pas de secrets pour lui. A l'a ans il émerveille tous ceux qui l'entendent jouer du piano, improviser ou même causer d'esthétique. 11 charme la vieillesse de Gœlhe,dont l'œil d'aigle plane au-dessus des écoles diverses du romantisme. A côté de l'auguste vieillard il apprend à discerner la beauté et à l'honorer

ro. Op. cit.

II. En .\llemagnc on créa l'espression de Zopfmusik, musique à perruque.

13. A 18 ans il publie une traduction raétriqued'une pièce de Térence. A -1 ans il traduit en vers des sonnets du Dante, de Boccacc, Cecco Angiolini et Cino.

14. Elève de Fasch, qui lui-môme avait étudié sous Je.tn-Séb. Bach.

15. Il étudie simultanément l'instrumentation, la fugue, le violon et l'orgue.

ESCYCLOPÉDIE DE LA MT^IQVE ET DICTIOWAIP.E Df COSSEIiVATOIliE

partout où elle se trouve. 11 revient au pré-romantisme de Lessing, Ilerder et Schiller, lit Sophocle, Racine, Shakespeare. Au théâtre de Weimar, avant 1860, n"avait-on pas joué Phèdre à côté de Macbeth? Le romantisme de Mendelssohn n'y perd point ses droits. Il ne néglige aucun des apports de ses devanciers, il s'éclectise, et l'art intellectuel forliliera avec lui son internationalisme superhe.

Il n'est pas étonnant que les premiers produits d'une éducation aussi raffinée soient des impressions de littérateur. A 17 ans Schubert avait écrit la Marijucfile au rouet. Avec une précocité plus surprenante encore, Mendelssohn cisèle à 17 ans une merveille d'orfèvrerie orchestrale : l'ouverture du Songe d'une nuit d'iHé de Shakespeare. Il possède un sentiment inné de la justesse des timbres, et les occasions ne lui ont pas manqué de l'exercer dès l'enfance grâce aux fréquents concerts de la maison familiale. En 1825, — à 16 ans, — il s'est essayé dans une symphonie' et il adonné sa mesure d'originalité dans le scherzo de l'octuor à cordes op. 20^. Pour Mendelssohn, le scherzo n'est plus l'éclat de lire sardonique et formidable de Beethoven, c'est un frémissement d'ailes chatoyantes, c'est l'adoption au concert des génies aériens de Weber qu'idéalise encore une allure de souveraine purelé classique.

Noions que le fameux scherzo du Songe d'une nuit d'été fut écrit, avec les autres morceaux de cette partition, 17 ans après l'ouverture, et cela sans la moindre diminution dans l'élégance et la fraîcheur du coloris. On a profité de cela pour avancer que Mendelssohn était resté stalionnaire. Mais celte remarque n'est pas tout à fait exacte, car on peut aisément reconnaître dans la carrière de Mendelssohn plusieurs étapes progressives.

La première, celle de l'enfance et de la prime adolescence, trahit nécessairement de louables empreintes : celles de Bach, Beethoven, Weber, dans la musique de piano, de Mozart dans la symphonie, de Schubert dans le Lied'. C'est le moment oùnotre néophyte applaudit chaleureusement le Freischûtz, copie de sa main la Passion selon saint Mathieu, improvise en pulilic sur des thèmes de Haendel. H étudie le violon avec Eduard Ritz et perfectionne son jeu de pianiste sous la direction de Moscheles; il joue avec prédilection le concerto en mi liémol de Beethoven et le coucertstiick de Weber; il approfondit le style de la sonate : ses premiers quatuors'" et son sextuor à cordes'' eu bénéficient.

Dans la deuxième période le cercle des influences s'élargit. Mendelssohn achève avec succès ses études universitaires; il lit et traduit Térence, les poètes italiens, Shakespeare, Thomas Moore: il fréquente dans les salons paternels une foule d'hôtes distingués : les poêles et les écrivains Ilolty, W. Millier, Uellstab; Heine, qui lui fournit déjà des textes de lie-

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