En
10. Octuor à cordes déjà cil^. Mecresstitlc (calme de la mer), ouver- '
der; le philosophe Hegel, le physicien Ilumboldt, le recteur Schubring, qui guida sans doute ses premières effusions de musique sacrée^.
En novembre 1826, à Berlin, un pianiste de 17 ans fait entendre, devant un groupe de maîtres illustres, la IX" symphonie magistralement réduile, de visu, d'après la colossale partition : c'est l'auteur de l'ouverture du Songe d'une nuit d't'-té, composée quelques mois auparavant. Dépassé depuis longtemps, son maître Zelter n'a plus rien à lui apprendre. Trois ans plus tard il accorde en grommelant à ce disciple trop zélé la peimission de faire exécuter à la Singakadeinie la Passion selon saint Mathieu'. Entre temps Mendelssohn a voyagé en Allemagne, il a rafraîchi son front aux brises de la Baltique* et du Harz'. Ses œuvres, déjà personnelles, accusent à la fois les deux sources d'inspiration auxquelles il lestera fidèle : la littérature et la nature'".
Armé dune infaillible technique et d'une culture générale mises au service d'une grande passion d'idéal, Mendelssohn s'élance à la conquête du monde. Admirablement conseillé par son père ",1e meilleur de ses amis, il fuit la prétention gourmée des institutions berlinoises, secoue la poussière officielle de son pays et prend le large pour faire un lour d'Europe. La terre de Shakespeare sollicite d'abord son imagination éprise de légendes saxonnes. 11 s'élève jusqu'à son front septentrional, soulève son écharpe de brume, el, dans le murmure des vagues lingaliennes, les sagas eddiques lui révèlent leurs secrets. Le poète musical en enferme la magie dans son cœur, et c'est au soleil d'Italie qu'il s'adresse pour mûrir les éclosions nouvelles de son génie. A cette période, la troisième '-, se rapporte une riche production d'œuvres imporlantes, solides et variées; d'abord trois symphonies : l'Ecossaise, une grave eau-forle, l'Italienne, une vive aquarelle, et celle composée pour célébrer le tricentenaire de la Béforme à Augsbourg. Ensuite, deux des plus belles ouvertures : les Hébrides*^ et la Belle ;U«h(sme'*, ayant encore toutes deux pour fond de tableau ce ciel renversé et mouvant qu'on appelle la mer'-'.
Après avoir séjourné dix-huit mois à Borne, visité .Naples, Venise, la Suisse et Paris, Mendelssohn a accepté la charge de Capellmeisler à Diisseldorf, en 1833. Alors commence pour lui ce que j'appellerai sa fiévreuse activité allemande. Au concert, au théâtre, à l'église, il fait œuvre de prosélyte; ses programmes réjouissent les amateurs d'art sincère el vrai. Sous sa direction Irioniphent Palestrina, Lotti, Haendel, Mozart, Clierubini; il est le chef des beethovenistes, le centre de la renaissance de Bach. En 183.') il est nommé — je serais tenté de dire couronné — chef du premier orchestre du monde, celui du Gewandhaus à Leipzig. Les devoirs grandissent et se multiplient. Il se prodigue encore comme interprète, passe du piano à l'orgue
turc daprês Gœlhe. Sonf/e d'une nuit d'été. A celte époque appartiennent encore le quintette à cordes op. 18 (18261, avec son remarquable scherzo fugué, le délicieui lied Ist es u-nltr? (Est-ce vrai?) sur des ]>aroles de Voss; et pour piano le concerto en sol mineur, les première.-^ romances sans paroles, le rondo capriccioso, la futjue avec choral en mi mineur, pièces également classiques et célèbres.
11. Le banquier Abraham Mendelssohn, homme de devoir, chef de famille el éducateur remarquable.