Notamment les 6 op. 41, 48 el 50 pour le plein air
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Sion', enlin ses deux supeihes oratorios, siiriintient A lui assurer une tri's liaiile plaoe ilans l'hislolre de la musique. Suint l'tiul el Klic sont des monuments dont la fjrandinso aicliitecture rappelle les callié- ■di'ales sonores de lliendel el de liacli. Mendelssohn y touolie la note Juste, il doimi' à ses personnapes nu accent tiaitique, et met de la vivacité dramatique jusciue dans les cIkimiis. Dans toute la musique sacrée, doiil il l'ut un ardent léiiovati'ur, il semble que le sentiment judaniue vienne à son aide et l'aninii' du souille des anciens piophétes de sa race; et il nous oITre ainsi un impressionnant éclio des rudes inspirations ilaulrelois, la riposte d'une conscience moderne civilisée, assagie, élargie par plusieurs siècles dV'preuve.
Pour me résumer et pour maintenir ce grand maître sous son viai .join', la question de son génie ne nie parait pas faire l'ombre d'un doute. Auliemenl <lit, nul artiste ne reçut en apanage un mélange plus génial de sentiments et de capacités expressives. 11 fut grand par la modération et par l'équilibre. Il n'enfla point sa voix et ne méconnut pas les limites dans lesquelles sa révélation pouvait être entendue. Kxenipl de toute pédanterie, plaisant sans adulation, il ne baussa point son front jusqu'à retléler les soleils que l'Iiorizon de son siècle voilait encore, mais il aclieva de glaner sur lui toute la lumière éparse aux alentours.
Le piano lyriqno : Chopin.
Parmi les successeurs de Weber, le premier qui se présente à l'esprit dans l'ordre chronologique est Mendelssohn, à cause de sa Un prématurée, et surtout de sa précocité singulière. iMais dans l'ordre des afiinilés c'est Frédéric Chopin- qui me semble venir le plus près de l'auteur de la sonate en la hcmol. Avec ce génial Franco-Polonais^ nous assistons à la reprise du piano au point exact où Weber l'avait laissé. L'instrument que Mendelssohn a tenté de poétiser avec un peu trop de sagesse, et qui seit d'arène à tant de parodies échevelées et grimaçantes, va enfm reconquérir la royauté où seul, entre tous, Keelhoven avait su l'élever, vers la lin du classicisme. Chez Chopin l'angoisse beelliovenieinie, la sombre mélancolie de Schubert, la fierté chevaleresque et déjà morbide de Weber se trouvent fondues et exprimées par un ensemble de moyens mélodiques et harmoniques d'une suprême puissance. Le piano de Chopin reste «ne des créations les plus saillantes du romantisme et de la musique tout entière. D'augustes cantilénes planent à d'incommensurables hauteurs sur des lacs harmoniques d'infinie transparence, ou bien ce sont des traits enflammés qui décrivent leurs zigzags audessus d'océans convulsés et sans fond. Le piano suffît à révéler ces sublimités : ainsi certaines gravures nous traduisent plus de modelés, plus de jeux de lumière et d'ombre que des tableaux faisant appel aux aitifices de la couleur. Comme la musique de Chopin s'idéalise en se dégageant de toute substantielle préciosité instrumentale, en se dérobant au
1. Pour le culte catholique. Mendelssohn n'(^cri\it pas de messe.
3. Qu'on s'étonnera peut-être de voir ici incorporé à la musique allemande; mais puisque lart polonais ne fait point l'objet dune étude spéciale dans cette Encyclopédie, il paraîtrait moins logique et plus superficiel d'associer Chopin à la musique française, â laquelle, psvchologiquemcul, il ne se rattache en rien. Kji réalité, la Pologne lui iloît de compter au 1^^ rang dans le concert musical des nations.
4. Lo double échappement inventé par Sébastien Erard à la fin du
charme enjôleur on lerrillant des cordes, des bois ci des ctiivres el eu s'émancipant des habiletés polyphoniques ou contraponliques qui nous sub|ugiient, un peu malgré nous, par l'instinctive appri-cialioii dt; la ilifliculté maîtrisée! Qu'avons-nous ici à faire des timbres'.' (Ju'avons-nous fi faire de la fugue'? Sous d'autres inspiraleurs, la musique s'en est faite suflisamment l'esclave. Le piano de Chopin parle en maître comme il a déj^ parlé dans Vnpiiaxsinnutii. i\\cc Chopin comme avec Keelhoven il exhale le tréfonds de son Ame, il nous traduit des mystères intimes et redoulables ravis à la divine mu>iquit jusque dans le septième empyrée où elle se cachait. Kn pitidiiisant tant de symphonies, de cpiatuors et de concertos, les maîtres de chapelle avaient tissé des fils de soie sur des cocons vides. La vierge céleste, avant de rompre ses attaches terrestres, avait posé son immortel et fugace baiser sur les lèvres naïves de Schubert, et mainlenant elle revenait tendre à Chopin le vase eucharistitpie contenant son essence la plus subtile. Lui, resta fort de ce breuvage surhumain : ni la gène ni le triomphe n'entamèrent son armure adamantine.
Schubert était ne avec l'instincl du lied; Weber, celui du drame, et .Mendelssohn, celui de l'orchestre; de même Chopin vint au monde avec le sens inné du piano. Oiielques années de leçons avec un professeur tchèque, ù Varsovie, firent de lui le pianiste génial que les plus haiiiles professionnels : DreyscbocU, Kalkhrenner, Moscheles, llerz, Tbalberi', etc., furent contraints d'admirer en rival qui les éclipsait. Liszt lui-même enrichil son piano, en écoutant Chopin, d'effets de sonorité auxquels il n'avait pas songé, tant à l'exécution qu'à l'écriture.
L'arrivée de Chopin sur la scène du monde coïncide avec le moment où le piano, étant devenu d'une grande perfection mécanique, pouvait préteinlie à un rang musical élevé '>. Beethoven, Schubert, Weber, .Mendelssohn lui avaient donné ses lettres de noblesse. Chopin le haussa jusqu'à la royauté. Sa maîtrise extraordinaire se fait sentir dès ses débuts, dans une publication qui sacrifiait cependant au goût du jour : des variations pour piano et orchestre sur un thème de Don Juan'-. Celte élincelante paraphrase est tombée en désuétude, comme toutes les pièces dans lesquelles Chopin ne traita pas le piano seul. Elles sont d'ailleurs peu nombreuses'' et appartiennent pour la plupart à la période pendant laquelle ce jeune maître cherchait encore sa voie. Désireux de se produire comme pianiste compositeur, il ne pouvait songer à se présenter décemment sur un programme dont l'orchestre serait banni''. C'est pourquoi il faisait appel auxdites variations et à sa Krakowiak^ pour conquérir le public viennois en 1829. 11 avait 20 ans. L'année suivante il donna son concert d'adieu à Varsovie, et déjà il put mettre dans son bagage d'exil quelquesuns des manuscrits auxquels il doit son immortalité. En écrivant ses premières études, mazurkas, valses, nocturnes, Chopin n'écoute plus que la voix intérieure de son génie poétique. Stimulé par les malheurs de sa patrie, il fait du piano le conlîdent
xvni* siècle fut breveté par son neveu, Pierre Erard, à Londres en 1821.