‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1064 sur 1158 · Eu i8:i8, avec Friedrich Wieck et Hcinricb Dorn · texte numérisé non relu

Eu i8:i8, avec Friedrich Wieck et Hcinricb Dorn

aurait pu lleri'menl répondre la parole du «rand réforniatt'ur Kouriiu- : " j'écris dans l'ordre dispersé!» Au lieu de cela il laissa son coîiir se lomlre aii.< |iresli;.'ieux rayons du soleil néo-classique; il produisit à son tour des sonates, des cineurs, dc!S ornlorios, des symphonies, et cela l'ut en diverses occasions presque une erreur. Je veux dire (lui; Schumann ne trouva pas dans loules li'S formt^s qu'il culliva l't^xpri'ssion parlaite de sa f^énialilé. Il se lrom[iait en re|)i'ochant à ("hnpin de se borner au domaine restreint île la musique <le piano. Sans dout((, sur la lorri! de la symphonie, dans un milieu où frémissaient de vivants orchestres, comme ceux de Leip/ig et do Dresde, où llorissaieiit des cineurs comme celui de Diisseldorf, la tentation était irrésistible de manier di-s niasses sonores; nous devons à ces inconst.ances de nobles symphonies, de chai'inanls oratorios. iMais, à part la puissance inhérente à la matiért; emjilovée, nous n'y trouvons pas d'impicssions aussi cmuplelemenl sublimes que celles qui se lèvent de certaines pa{,'es de piano, ou de lied, ou do musique do chambre. Dans ce Iriple domaine Schumann fut transcendant, et c'est plus tpi'il ne faut pour l'élever au-dessus de toute compétition.

A l'opposé de Mendeissohn, qui possédait une technique parlaile avant même d'avoir niilri sa pensée, Schumann hérita d'un sentiment poi'tiqiie précoce et vij^ourenx avant d'être un liaiiile ouvrier des sons. Son aptitude innée pour la musique se manifesta d'abord à l'aide du piano, ce souple auxiliaire de la pensée romantique sous toutes ses formes. Ses premières coinposilions notoires datent de répo(|ue où il s'adonne à l'élude simullanée de la virtuosité et de riiarnionie", ou, si l'on préfère, à la révision de ces deux éléments qui dormaient au fond de son être-', l'rés vite il devient capable d'afliriner sa personnalité, comme on peut s'en rendre compte en jetant un coup d'oeil sur sa Toccata^", pièce extrêmement diflicile d'exécution et témoignant d'une richesse orchestrale de sonorités.

Ce morceau, de même que les caprices d'apirs l'aijanini^^ , une partie des éliulcs symjihoiticiacs'-, la sunalc en sol minciif''', la (ji-amle fantaisie'^ et le conccrlo^'^, représente la contribulion de Schumaim à la virtuosité pianistique, c'est-à-dire son slyle le plus brillant, le plus externe. Cependant dans aucune de ces œuvi'os ne ligurent des ell'ets de bravoure élrangers à leurs pensées cardinales.

Avec les Papillons, op. 2, Schumann nous initie à une dialeclii|ne musicale tout à fait nouvelle, procédant des faiilaisies humoristiques de Jean Paul et d'ilolfniann. Sous ce titre symbolique, Papillons^'^, l'auteur fait défiler devant nous une suite de courts tableaux, formant autant de mimoilrames expressifs. C'est la transposition libre d'une fiction imaginée par Jean Paul dans l'avant-dernier chapitre de ses Annéi's de folie : des scènes de bal paré où des mas-

'.I. l'iemicres coinposilions non publiées, et écrites, pour ainsi dire, •• d'oreille ■■ : un concerto et un qnaluoi- avec piano, des polonaises a 4 mains, des lieder sur des paroles de byron.

Page 1