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Op. o4, composé en

IG. Dans l'esprit de Schumann, ce mot écrit en français signifiait un « essor "d'idées se dég:igeant du chaos. C'est le symbole grec pour l'envol psychique. S'il eût été Français, Scliumann n'aurait pas employé cette image à laquelle notre race légère a donné un sens d'inconstance. Fourier créa le moi papillonne (passion du changement) vers 1820.

E.Vr.yCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIRE nr COXSEliVATOfnE

ques l'ont alterner leurs ebals, leurs railleries et leurs causeries sentimentales. iS'en va-t-il pas tout ainsi sur la scène du monde?

Ce sont de telles personnifications que Scliumann donne à ses modalités d'ùme dont la qualité et la diversité — il l'écrit expressément à Mosclieles', l'intéressent cent fois plus que le mérite artistique de ses compositions. Il entend par là la science du développement d'un plan purement musical. A cette abstraction Scliumann substitue des séries de mouvements et d'attitudes qui sont l'image même de la vie.

Voyez son célèbre Carnaval'^. Voici l'entrée solennelle des masques. Ils rompent les ran^^'s et tourbillonnent. Pierrot se détaclie de la mêlée et nous adresse de grands saluts, en battant l'air de ses manches trop longues. Arlequin sautille sur de souples jarrets. Passe un couple de valseurs langoureux; puis c'est le blond Eusebius'' qui vient nous entretenir de ses mystiques divagations. Il est interrompu par l'impétueux Florestan*, suivi d'une coquette à qui ses œillades et ses grâces attirent une tendre supplique... La scène se perd dans un nuage de danseuses dont les entrechats palpitent comme des ailes de papillons. La noble et loyale Cliiarina'^ s'avance, et, près d'elle Chopin, son illustre rival, fait rêver le piano dans un coin de pénombre... Estrella' traversesans se presser, en déployant avec all'ectation la certitude de ses charmes. IJeux autres pei'sonna;;es surgissent de la foule; ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps et ils laissent bavarder leurs souvenirs... Qui donc maintenant pirouette et virevolte? C'est Pantalon et Colombine. Une valse allemande les entraine dans un mouvement fou et les heurte à la démoniaque ligure de Paganini, qui sabre l'air de son vertigineux archet. A l'écart de ces folies, un amoureux agenouille aux pieds de sa belle une invocation naïve... IJe bons bourgeois allemands se pi omènent bras dessus, bras dessous. A peine ont-ils disparu que tous les masques débouchent sur la scène, en lile indienne, et se livrent à une poursuite ellrénée, tels des singes dans une cage. Tout à coup, comme par magie, ils s'accordent au rythme collectif d'une ardeur parallèle, ils organisent une imposante manifestation d'ensemble contre les Philistins". Bientôt ils se débandent, courent, montent à l'assaut des préjugés, aux accents rococos d'un thème du grand siècle* qui reprend ici, comme dans les Papillons, sa signilication de Kehral-s, la sortie, le couvre-feu... Aussitôt la foule masquée s'éparpdle et se bouscule dans la strette finale.

J'ai tenu à décrire tout au long cet échantillon d'étincelante fantaisie, parce que le Carnaval est une composition montrant Schnmann dans son originalité la plus typique. La sève de sou génie y coule à pleins bords".

Voilà qui ressemble singulièrement — pensera-l-on

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