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Créa en 1840 l'opéra national hongrois

siècle vers la complexité en élolîant ses harmonies qui, largement étalées, produisent de beaux effets de sonorité, si elles peuvent être embrassées par des mains comme étaient les siennes : d'une extensibilité exceplionnelle.

Au dire de Mendelssohn, de Schumann cl de tous ceux qui entendirent son jeu ferme, suave et polyphone, Henselt fut un virtuose de la première grandeur. 11 n'aurait tenu qu'à lui de se conquérir une renommée universelle, mais il se déplaça peu, sauf pour s'aller fixer à Pétersbourg dès l'âge de iJt ans.

D'humeur voyageuse au conlraire, Sigismund, Thalberg'' et Heinrich Herz'» ainasseient dans leurs tournées à travers les deux mondes de colossales réputations de pianistes.

(' Le don réel de Thalberg pour la composition fut à peu près ruiné ]iar la vanité de l'exécutant"'. » Un manque d'équilibre des facultés créatrices se fait sentir dans les morceaux de Thalberg. On peut les classer en deux groupes distincts : d'une part les variations et fantaisies brillantes, et de l'autre les nocturnes, scherzos, caprices, éludes, s'etforçant vers la pensée originale sans jamais y atteindre. Kl Schumann de s'écrier : << C'est toujours de la musique à écouler les yeux ouverts'"! » Il ne ménage pas ses sarcasmes à ce paladin du clavier » qui n'a pas plus besoin décomposer qu'un banquier », et qui, en publiant un morceau intitulé Suiircttir de Jieetliove.n, s'imagine qu'on peut impunément « jouer avec les lions ». Cependant Schumann reconnaît que certaines fantaisies brillantes sont assez bien conduites et dénotent assez d'expérience pour flatter même l'oreille des connaisseurs. Assis au piano, Thalberg n'avait jias seulement une [irodigieuse égalité, mais, ]diéaoniéne plus rare, 'il possédait une qualité de son large et chantante". Sa façon de placer la mélodie au centre du clavier et de diviser aux deux mains les arpèges qui l'entourent fit la sensation d'une découverte extraordinaire. Ainsi, nous explii]ue .Marniontel", " les doi;;ts forts jieuvent marquer léchant avec plus de fermeté, tandis que l'harmonie plus corsée est soutenue aux deux mains par des basses profondes et des arpèges rapides-" ».

Henri Herz personnifie le règne de la virtuosité lirillante et vide. C'est à Paris qu'il lit ses études et s'établit pour l'exercice de son quintuple négoce de virtuose, compositeur, professeur, éditeur et facteur. Ses compositions eurent vile fait de voler, sur le vent de la réclame, au coiur des capitales germaniques. " 0 Herz, mein Herz, warum so Iraurig-' '/ » clame comiquement Schumann en lisant ■< des pièces de bravoure où s'entassent des réminiscences de toutes les écoles et des indications italiennes telles que " con dolore », « espressivo », " smorzando », etc., «jouant ici le rôle des ailes de pigeon du ténor-- »! ■foutefnis Schumann s'émerveille avec une philosophique indulgence de trouver à ces concertos, fantai-

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