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1. Il arrive môme quelquefois que l'éditeur a donné une indicalion
plus précise. Tel, par exemple, ce recueil d'Attaignant de 1533 où certaines chansons sont dites « ... les plus convenables à la lleusle d'Allemant ".
Il va sans dire que ce rapport de convenance n'est pas ici détermina par leur caractère musical, mais par certaines particularités d'étendue
ou de tonalité qui les rendaient aisées à transporter sur cet instru-J raent, notre flûte travcrsière d'aujourd'Iiui.
-1. Les valeurs, dans reltc transcription, sont diminuées en vue île j faire de la noire l'unité de temps, selon l'usage moderne. Dans te texte, ce rûle est dévolu aut stmi-hrèves, c'est-à-dire aux rondes. Une noire, ici, égale une ronde de l'original.
HISTOIRE DE LA MVSlnllK
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Dans la seconde moitié du xvi'- aussi bien qu'au commencemenl du xvii' siècle, les pièces de ce style observé, écr-iles pour un {;roupe hiimogruc d'instruments tels que ceux-ci, ne sont pas introuvables. En Allemagne, en Angleterre (où les violes étaient particulièrement cultivées), leur littérature est même encore assez liclie. Cependant, à en juger par de nombreux témoignages, il parait certain qu'aux transcriptions de motets ou de chansons aussi bien qu'aux compositions originales analogues, on prisait aussi d'autres dispositions. Les ensembles d'instruments dissemblables, groupés suivant certaines règles dont la convenance nous échappe, trouvaient là leur emploi. Car, pour avoir constitué les instruments en familles (quelles restrictions d'ordre pratique limitaieut elîectivement cette tendance, nous l'avons dit), il ne s'ensuivait pas qu'on se fit scrupule de rapprocher des voix ne semblant pas toujours faites pour s'unir.
En efl'el, beaucoup de combinaisons courantes nous paraissent assez, irrationnelles. Quels ell'ets pouvaient bien résulter de certaines, quel plaisir les oreilles contemporaines goûtaient à ces rapprochements, nous avons peine à le comprendre. L'école vénitienne des Gabrieli, l'école allemande à sa suite, sont, à cet égard, tout particulièrement significatives. Leur orchestre, s'il est permis d'appliquer ce mot à une réunion d'instruments si peu nombreux, chacun restant seul de son espèce, devait manquer souvent d'équilibre. Dans une polyphonie réelle où figuraient sur le pied d'égalité, par exemple, un violon, une tlûte, un ou plusieurs trombones, pouvait-on avoir une sonorité exactement balancée de part et d'autre'? Et
si cette inégalité a pu servir à mieux faire ressortir la marche des diverses voix, l'ell'et d'ensemble, tout au moins, paraîtrait bien singulier, souvent, à notre goût moderne.
Ceci est évident surtout dans l'œuvre de fi. Gabrieli. A la vérité, il s'agit moins, dans les Stjmphnnix sacrs: de ce maître, d'inie musique instrumentale pure que de combinaisons où les instruments s'unissent aux voix en vastes ensembles. Toutefois le rûle des instruments reste assez considérable; il comporte des ritournelles fort étendues et suflisamnient développées pour mériter d'être prises eti considération. Divisés ordinairement en plusieurs groupes, de même que les voix le sont très souvent en deux ou trois chœurs, les instruments s'opposent l'un à l'autre, ils se répondent, ils concertent. Et ce style concerlé, assez dill'érent en son essence de l'ordinaire polyphonie dérivée d'un élément directeur unique, laisse déjà pressentir le style instrumental qui, dans l'œuvre de Bach, héritier direct des Allemands formés à l'école vénitienne, trouvera sa perfection la plus achevée.
A titre d'exemple, voici une « Symphonie » tirée d'un motet de G. Gabrieli pour voix et instruments : Surrcxit Christus. Deux cornets, deux violons, quatre trombones, sans basse continue (au moins indiquée; : voilà les éléments sonores, assez simplement, mis en œuvre. Notons que les violons [violini) sont des instruments plus graves que ceux de nos orchestres, au diapason sans doute de nos altos. Cette circonstance atténue l'inconvénient résultant de la dilTérence de volume et de sonorité de ces deux instruments à archet, mêlés elîectivement au chœur puissant des quatre trombones et des deux cornets.
ESCYCLOPÈDIE DE LA MISIQVE ET niCTIONSAIRE DU C.OXSERVATOrRE
'■Surrexit Christus" Symphoniii 2