‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 1134 sur 1158 · TROIS · texte numérisé non relu

TROIS

SOPRANO

CONTRALTO

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ESCVCLOPÈDIE OE LA MUSIQUE ET DICTION XAIRE DU COySERVATOIRE

11 est des contrepoints où la mélodie thématique

est reproduite, soit par fragments, soit en entier, par une ou plusieurs voix, à l'unisson, ou à l'octave, ou à la quarte, ou à la quinte, voire à tout autre intervalle, par mouvement semblable, ou contraire, par mouvement rétrograde; en valeurs identiques, ou diminuées, ou augmentées, etc., etc. Ces mélodies, ainsi disposées, sont régies par les règles de l'imitation stricte, de l'imitation canonique. Et les vieux maîtres excellèrent dans ces artifices de composition, dont ils ont laissé mille et mille exemples de la plus rare ingéniosité.

L'imitation se présente alors comme le principal moyen d'action de la polyphonie; c'est elle qui relie, accorde, dirige et maîtrise le discours des voix concertantes. Par les répétitions de ses dessins, elle multiplie la puissance mélodique des thèmes, comme, par ses dispositions symétriques, elle est l'ordre lumi-

neux dans la variété et la complexité des accents polyphoniques et polyrythmiques. L'imitation est une source de joie pour l'esprit, et d'enchantement pour l'oreille, à qui plaisent les formes harmonieusement cadencées et harmonieusement enchaînées les unes aux autres; elle est souvent un très puissant moyen d'expression par le fait même qu'elle reproduit, qu'elle prolonge, et développe, un thème qui, de lui-même, peut déjà être émouvant.

La pièce de Le Jeune " S'i'baliit-on « présentait dans sa lYpliquc de charmantes imitations libres. Voici une chanson de Clément Janequin qui comprend une imitation stricte, un canon à l'octave entre le Ténor et le Soprano, qu'accompagnent les discrètes lignes de la Basse et du Contralto. A lire celte page, ce gracieux joyau d'art, qui croirait qu'il est conçu en une forme que beaucoup d'entre nous regardent comme difflcultueuse, el contrainte, et lourde?

Clément Janeqcin : « Si j'ai este rimlre amij.

CONTRALTO

à l'es . preu . ve,

Suis je ch;in . gé pour quelque

pour

quel . que

temps per

du?

Nen .

ny, ma

dame, ac

fe

quel . que

temps per

du? Nen .

ny, ma

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temps per .

du?

Nen

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dame, ac

quit.tez

vos . tre

temps per . du?

Nen . ny, ma . dame,ac . quit.tez vos. tre

lIISTOinE DE LA MCSIQirE

XVI' SIÈCLE. — FRANCE lîfl'.i

deu : Le ciieur est tel

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tel

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le cueur est tel,

le cueur est tel que la fa . te l'es.

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cueur est

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preu

ve, que

la fa

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preu

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le cueur est tel, le cueur est tel que la fa . ce l'es, preu . ve.

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIIiE DU COSSERVATOIRE

Je pourrais olfiir nombre d'exemples de compositions basées sur les imitations, libres ou strictes. Qu'il me suffise de rappeler les messes et les motets du XVI" siècle, ces nobles formes d'art où nos maîtres franco-beiges, et leurs disciples de toutes les Écoles, prodiguèrent des trésors d'invention heureuse et d'expression.

Parfois, cependant, le contrepoint se réduisait au rôle simple et effacé d'accompagnement d'une mélodie. Tel ce psaume de Goudimel où la voix principale, le choral liturgique, chanté par le Ténor, est, sauf çà et là aux retards de cadences, soutenu note contre note par les autres voix.

SOPRANO

CONTRALTO

TENOR (Chant choral)

BASSE

Claude Goudimel : « A toi, mon Dieu, mon cœur monte. >•

■^sJl

A toi, mon

A toi, mon

'*' Il .1 J J

A toi, mon

leu.mon cœur

Dieu, mon cœur

Dieu, mon cœur

mon . te.

mon . te,

mon . te,

A toi, mon Dieu, mon cœur mon . te,

En

En

En

En

toi mon es .

poir ai

Fay que je

ne tombe à

toi mon es

poir ai

Fay que je

ne tombe à

toi mon es

poir ai

Fay que je

ne tombe à

toi mon es

poir ai

Fay que je ne tombe à

bon . te.

Au

gré de mes

~a — te,

bon

hon - te,

hon . te.

Au

Au

Au

ffre de mes

gre

gré

de mes

de mes

en . ne

en - ne

mm

mis.

mis

Histoire de la musique

Hon . te n'aii . ront voi . re . ment Ceux qui des

sus toi s'ap

bien ceux qui

sus toi s'ap

pui . ent:

Mais

bien

ceux qui

sus toi s'ap

pui - ent;

Mai

bien ceux qui

sus toi s'ap . pui . ent; Mais bien ceux qui

du . re . ment

Et

sans eau . se

les en . nui

ent

du . re . ment

''<ti

Et

sans eau . se

les en . nui

ent .

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du . re. ment

Et

sans eau . se

les en . nui

ent.

du . re . ment

Et sans eau. se les en - nui . ent.

Voici, encore de Goudimel, le même psaume : la I concertent, usant d'imitations libres; le chant liturmélodie principale, transportée au soprano, s'accom- gique domine dans un ensemble prestii-'ieux. pagne de contrepoints en style fleuri; alors les voix I

1272 EXr.yr.LOPKDIE de la musique et DICTIOSXAIRE nu CONSERVATOIRE

Claude Gocdimel : « A loi, mon Dieu, mon cœur monte. »

SOPRANO (Chant choral)

CONTRALTO

TBNOR

BASSE

f^Vn J J

A toi, mon Dieu, mon cœur mon

En

toi mon es .

poir ai

Fai que je

te,

En toi mon

es . poir

mis:Fki que je"

En toi mon espoi/ ai mis:Fai que je

.mis.Hon . te n'au . ront voi. rement Ceux qui des . sus loi

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

SUS toi s'ap

pui . enf:

Mais

bien ceux qui

*ife

i J JJJ

s'ap . pui

toi s'ap. pui

ent:Mais bien

ceux qui du

ent:

Mais bien

renient, mais

ceux qui du . re

s'ap. pur

ent: Mais bien ceux.

qui du . re

.ment, qui du

La siniultanéilé du cliant et des paroles en toutes les voix, que je nomme contrepoint ntjUabiqiie , ne s'employait pas seulement dans l'accompagnement d'une mélodie donnée. Les compositeurs en usaient parfois dans les œuvres sans thème obligé. Cette

manière nous est resiée; elle est courante dans le choral moderne. Il faut avouer que les vieux maîtres de la Itenaissance nous ont laissé, en ce genre, certains modèles que nous ne surpassons point. Témoin cette jolie hluette de inaistre Clément Janequin :

Clkment .Ianeqcin : k Ce mot/s de wnij.

SOPRANO

CONTRALTO

TBNOR

BASSB

Ce moys de may,

moys de may

12-4 ESCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOSSAIRE DU CONSERVATOIRE

ver . te cot.te,

Ce moys de may, je

vesti . ray. De bon ma . tin me le . va . ray,

de bon ma . tin me le . ve . ray:Ung sault,

sault en ru . e je fe . ray Pour veoir si mon a . my ver . ray.

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

moys de

niay, ce

moys de

iiiay, ce

moys de

may ma

ver . te

cotte, ce

may ma

moys de

may, ce

moys de

may, ce

moys de

ver . te

cotte, ce

moys de

may, ce

moys de

ma)', ce

moys de

may ma

ver . te

cotte, ce

moys de may,

ce moys de may ma ver . te cotte,

ves . ti

moys de

may ma

ver . te

cotte. Ce

moys de

mav, le

ray

xf^

moys de

may ma

ver . te

cotte, Ce

moys de

;nav. le

y, Jt

vesti

ray.

moys de

may ma

ver . te

cotte, Ce

moys de

nay, je

vesti

ray,

moys de may, je

'" Il est des compositions où le style fleuri d'irailations alterne avec le style syllabique.il en résulte des oppositions fort remarquables. Lini;éniosité [d'un maître peut tirer de là de charmants ou de puissants

effets. La Mi'jaonne de Guillaume Costeley en offre un délicieux exemple. Du même maître, voici un morceau d'un travail non moins achevé, d'une expression non moins exquise :

127fi ESr.YCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIO.WAIRE Db COSSERVATOIRE

GciLi.AnMF, CosTELKY : « Atloiis au rerd Itoccitge. "

SOPRANO

MEZZO SOPRANO

HAUTB CONTRE

BARYTON ELEVB

AI - Ions au vert boc . ca - ge,

Soubz le may nou . vel . let,

. let,Soubz le may

^fe

nou . vel

let,

-let, Soubz le may

nou . vel . let.

E . scouter

le ra.ma

ge Du gayRos-

-letjSoubz le may

E . scouter

le ra.ma .

Soubz le may nou .vel - let,

E . scouter le ra

-ge Du gay Ros .

scouter le ra

gnol

ge Du

gay Ros . si. gnol. let, du

scouter le ra

ma . ge Du

.ma . ge

Du gay

gnol . let,

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

gay Ros . si.gnol . let, du gay Ros

gay Ros . si -f^nol

let, du gav Ros

si . gnol

let: Mais

Iet:Mais pren ton

du gay Ros . si . giiol

let:

Mai:

pren ton flageol . let, Mais pren ton flageol . let, Ro . bin, et

iS

si t'ad

Car au jo

si t'ad

si t'ad

ce, Car au jo

h, jo - ly, jo

ly boc.quet,

si t'ad . van

Car au jo.Iy, jo . ly boc.quet,

Ilé'-T r r-

-ly jo - ly, jo -

ly bocquet

Je mené, mené.

Car au jo.ly, jo

ly bocquet.

Je

mene,mene, me . ne

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ly boc . quet

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Car au jo . ly, jo . ly boc . quet

Je mené, mené, me . ne . ray la dan

dan

ce, Je

mené, mené, mené ray I la dan

me.ne.ray la dan . ce,

Je me . ne

ray la dan

E iî !• 1' i^ r

i^ Il j) V i'^

.ce, Je me.ne.ray la

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me. ne, me.ne.ray la dan

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Je mené, mené, me . ne . ray la dan

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Car au jo

ly, jo - ly. jo

Car au jo . ly bocquet,

Car au jo . ly, jo

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Car au jo.ly, jo . ly bocquet,

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Je

mené, mené,

me . ne . ray la

-ly bocquet

mené, mené, me . ne

ray la dan

^ ^ I? Ci l^i

Car au jo.ly, jo

ly boc . quet

Je

mené, mené.

Car au jo . ly, jo . ly boc . quet

insTomE DE LA Mrsroi'E

.ce, Je me.ne, me. ne

.ray la dan

me.ne.ray la dan

me.ne. ray la dan

Je me.ne, me.ne, me . ne . ray la dan

la dan

Il convient enfui de citer la musique mesurée à lantique, traitée, elle aussi, polyphoniquement'. Il est curieux i\nè nos musiciens humanistes n'aient pas, en cette matière, usé de lia monotlie, ne fût-ce que par esprit d'imitation des anciens. Mais peutêtre est-ce précisément par déférence pour cette antiquité qu'ils vénéraient, qu'ils ont voulu parer les

rytlimes gréco -romains des formes supérieures do l'art de leur temps, c'est-à-dire du concert des voix. Toutefois, si riches, si ornées que fussent les polyphonies des musiques mesurées à l'antique, elles conservaient toujours strictement l'ailure syllabique par longues et par brèves : c'était la loi rythmique essentielle du eenre.

SOPRANO

MEZZO SOPRANO

HATTTB CONTRE

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