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SOPRANO
CONTRALTO
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ESCVCLOPÈDIE OE LA MUSIQUE ET DICTION XAIRE DU COySERVATOIRE
11 est des contrepoints où la mélodie thématique
est reproduite, soit par fragments, soit en entier, par une ou plusieurs voix, à l'unisson, ou à l'octave, ou à la quarte, ou à la quinte, voire à tout autre intervalle, par mouvement semblable, ou contraire, par mouvement rétrograde; en valeurs identiques, ou diminuées, ou augmentées, etc., etc. Ces mélodies, ainsi disposées, sont régies par les règles de l'imitation stricte, de l'imitation canonique. Et les vieux maîtres excellèrent dans ces artifices de composition, dont ils ont laissé mille et mille exemples de la plus rare ingéniosité.
L'imitation se présente alors comme le principal moyen d'action de la polyphonie; c'est elle qui relie, accorde, dirige et maîtrise le discours des voix concertantes. Par les répétitions de ses dessins, elle multiplie la puissance mélodique des thèmes, comme, par ses dispositions symétriques, elle est l'ordre lumi-
neux dans la variété et la complexité des accents polyphoniques et polyrythmiques. L'imitation est une source de joie pour l'esprit, et d'enchantement pour l'oreille, à qui plaisent les formes harmonieusement cadencées et harmonieusement enchaînées les unes aux autres; elle est souvent un très puissant moyen d'expression par le fait même qu'elle reproduit, qu'elle prolonge, et développe, un thème qui, de lui-même, peut déjà être émouvant.
La pièce de Le Jeune " S'i'baliit-on « présentait dans sa lYpliquc de charmantes imitations libres. Voici une chanson de Clément Janequin qui comprend une imitation stricte, un canon à l'octave entre le Ténor et le Soprano, qu'accompagnent les discrètes lignes de la Basse et du Contralto. A lire celte page, ce gracieux joyau d'art, qui croirait qu'il est conçu en une forme que beaucoup d'entre nous regardent comme difflcultueuse, el contrainte, et lourde?
Clément Janeqcin : « Si j'ai este rimlre amij.
CONTRALTO
à l'es . preu . ve,
Suis je ch;in . gé pour quelque
pour
quel . que
temps per
du?
Nen .
ny, ma
dame, ac
fe
quel . que
temps per
du? Nen .
ny, ma
kfe
danie,ac .
temps per .
du?
Nen
ny, ma .
dame, ac
quit.tez
vos . tre
temps per . du?
Nen . ny, ma . dame,ac . quit.tez vos. tre
lIISTOinE DE LA MCSIQirE
XVI' SIÈCLE. — FRANCE lîfl'.i
deu : Le ciieur est tel
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tel
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le cueur est tel,
le cueur est tel que la fa . te l'es.
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.ce l'es
preu
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cueur est
tel que
la fa .
ce l'es
preu
ve, que
la fa
ce l'es
preu
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le cueur est tel, le cueur est tel que la fa . ce l'es, preu . ve.
ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIIiE DU COSSERVATOIRE
Je pourrais olfiir nombre d'exemples de compositions basées sur les imitations, libres ou strictes. Qu'il me suffise de rappeler les messes et les motets du XVI" siècle, ces nobles formes d'art où nos maîtres franco-beiges, et leurs disciples de toutes les Écoles, prodiguèrent des trésors d'invention heureuse et d'expression.
Parfois, cependant, le contrepoint se réduisait au rôle simple et effacé d'accompagnement d'une mélodie. Tel ce psaume de Goudimel où la voix principale, le choral liturgique, chanté par le Ténor, est, sauf çà et là aux retards de cadences, soutenu note contre note par les autres voix.
SOPRANO
CONTRALTO
TENOR (Chant choral)
BASSE
Claude Goudimel : « A toi, mon Dieu, mon cœur monte. >•
■^sJl
A toi, mon
A toi, mon
'*' Il .1 J J
A toi, mon
leu.mon cœur
Dieu, mon cœur
Dieu, mon cœur
mon . te.
mon . te,
mon . te,
A toi, mon Dieu, mon cœur mon . te,
En
En
En
En
toi mon es .
poir ai
Fay que je
ne tombe à
toi mon es
poir ai
Fay que je
ne tombe à
toi mon es
poir ai
Fay que je
ne tombe à
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poir ai
Fay que je ne tombe à
bon . te.
Au
gré de mes
~a — te,
bon
hon - te,
hon . te.
Au
Au
Au
ffre de mes
gre
gré
de mes
de mes
en . ne
en - ne
mm
mis.
mis
Histoire de la musique
Hon . te n'aii . ront voi . re . ment Ceux qui des
sus toi s'ap
bien ceux qui
sus toi s'ap
pui . ent:
Mais
bien
ceux qui
sus toi s'ap
pui - ent;
Mai
bien ceux qui
sus toi s'ap . pui . ent; Mais bien ceux qui
du . re . ment
Et
sans eau . se
les en . nui
ent
du . re . ment
''<ti
Et
sans eau . se
les en . nui
ent .
-rr-
du . re. ment
Et
sans eau . se
les en . nui
ent.
du . re . ment
Et sans eau. se les en - nui . ent.
Voici, encore de Goudimel, le même psaume : la I concertent, usant d'imitations libres; le chant liturmélodie principale, transportée au soprano, s'accom- gique domine dans un ensemble prestii-'ieux. pagne de contrepoints en style fleuri; alors les voix I
1272 EXr.yr.LOPKDIE de la musique et DICTIOSXAIRE nu CONSERVATOIRE
Claude Gocdimel : « A loi, mon Dieu, mon cœur monte. »
SOPRANO (Chant choral)
CONTRALTO
TBNOR
BASSE
f^Vn J J
A toi, mon Dieu, mon cœur mon
En
toi mon es .
poir ai
Fai que je
te,
En toi mon
es . poir
mis:Fki que je"
En toi mon espoi/ ai mis:Fai que je
.mis.Hon . te n'au . ront voi. rement Ceux qui des . sus loi
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
SUS toi s'ap
pui . enf:
Mais
bien ceux qui
*ife
i J JJJ
s'ap . pui
toi s'ap. pui
ent:Mais bien
ceux qui du
ent:
Mais bien
renient, mais
ceux qui du . re
s'ap. pur
ent: Mais bien ceux.
qui du . re
.ment, qui du
La siniultanéilé du cliant et des paroles en toutes les voix, que je nomme contrepoint ntjUabiqiie , ne s'employait pas seulement dans l'accompagnement d'une mélodie donnée. Les compositeurs en usaient parfois dans les œuvres sans thème obligé. Cette
manière nous est resiée; elle est courante dans le choral moderne. Il faut avouer que les vieux maîtres de la Itenaissance nous ont laissé, en ce genre, certains modèles que nous ne surpassons point. Témoin cette jolie hluette de inaistre Clément Janequin :
Clkment .Ianeqcin : k Ce mot/s de wnij.
SOPRANO
CONTRALTO
TBNOR
BASSB
Ce moys de may,
moys de may
12-4 ESCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOSSAIRE DU CONSERVATOIRE
ver . te cot.te,
Ce moys de may, je
vesti . ray. De bon ma . tin me le . va . ray,
de bon ma . tin me le . ve . ray:Ung sault,
sault en ru . e je fe . ray Pour veoir si mon a . my ver . ray.
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
moys de
niay, ce
moys de
iiiay, ce
moys de
may ma
ver . te
cotte, ce
may ma
moys de
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moys de
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moys de
ver . te
cotte, ce
moys de
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moys de
ma)', ce
moys de
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ver . te
cotte, ce
moys de may,
ce moys de may ma ver . te cotte,
ves . ti
moys de
may ma
ver . te
cotte. Ce
moys de
mav, le
ray
xf^
moys de
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ver . te
cotte, Ce
moys de
;nav. le
y, Jt
vesti
ray.
moys de
may ma
ver . te
cotte, Ce
moys de
nay, je
vesti
ray,
moys de may, je
'" Il est des compositions où le style fleuri d'irailations alterne avec le style syllabique.il en résulte des oppositions fort remarquables. Lini;éniosité [d'un maître peut tirer de là de charmants ou de puissants
effets. La Mi'jaonne de Guillaume Costeley en offre un délicieux exemple. Du même maître, voici un morceau d'un travail non moins achevé, d'une expression non moins exquise :
127fi ESr.YCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIO.WAIRE Db COSSERVATOIRE
GciLi.AnMF, CosTELKY : « Atloiis au rerd Itoccitge. "
SOPRANO
MEZZO SOPRANO
HAUTB CONTRE
BARYTON ELEVB
AI - Ions au vert boc . ca - ge,
Soubz le may nou . vel . let,
. let,Soubz le may
^fe
nou . vel
let,
-let, Soubz le may
nou . vel . let.
E . scouter
le ra.ma
ge Du gayRos-
-letjSoubz le may
E . scouter
le ra.ma .
Soubz le may nou .vel - let,
E . scouter le ra
-ge Du gay Ros .
scouter le ra
gnol
ge Du
gay Ros . si. gnol. let, du
scouter le ra
ma . ge Du
.ma . ge
Du gay
gnol . let,
HISTOIRE DE LA MUSIQUE
gay Ros . si.gnol . let, du gay Ros
gay Ros . si -f^nol
let, du gav Ros
si . gnol
let: Mais
Iet:Mais pren ton
du gay Ros . si . giiol
let:
Mai:
pren ton flageol . let, Mais pren ton flageol . let, Ro . bin, et
iS
si t'ad
Car au jo
si t'ad
si t'ad
ce, Car au jo
h, jo - ly, jo
ly boc.quet,
si t'ad . van
Car au jo.Iy, jo . ly boc.quet,
Ilé'-T r r-
-ly jo - ly, jo -
ly bocquet
Je mené, mené.
Car au jo.ly, jo
ly bocquet.
Je
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Car au jo . ly, jo . ly boc . quet
Je mené, mené, me . ne . ray la dan
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ce, Je
mené, mené, mené ray I la dan
me.ne.ray la dan . ce,
Je me . ne
ray la dan
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i^ Il j) V i'^
.ce, Je me.ne.ray la
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^ ^ I? Ci l^i
Car au jo.ly, jo
ly boc . quet
Je
mené, mené.
Car au jo . ly, jo . ly boc . quet
insTomE DE LA Mrsroi'E
.ce, Je me.ne, me. ne
.ray la dan
me.ne.ray la dan
me.ne. ray la dan
Je me.ne, me.ne, me . ne . ray la dan
la dan
Il convient enfui de citer la musique mesurée à lantique, traitée, elle aussi, polyphoniquement'. Il est curieux i\nè nos musiciens humanistes n'aient pas, en cette matière, usé de lia monotlie, ne fût-ce que par esprit d'imitation des anciens. Mais peutêtre est-ce précisément par déférence pour cette antiquité qu'ils vénéraient, qu'ils ont voulu parer les
rytlimes gréco -romains des formes supérieures do l'art de leur temps, c'est-à-dire du concert des voix. Toutefois, si riches, si ornées que fussent les polyphonies des musiques mesurées à l'antique, elles conservaient toujours strictement l'ailure syllabique par longues et par brèves : c'était la loi rythmique essentielle du eenre.
SOPRANO
MEZZO SOPRANO
HATTTB CONTRE