ri ri 7J
S3^~nrr
En la ron . ce que tiens la ro
se n'est
plus.
En la ron . ce que tiens la ro . se n'est plus.
r rjL^TTr^i r r^
bel . le cho
se que c'est
de voir
4^ ^^JTJ J-]^
bel . le cho
se que c'est
de voir
L'un del'é.pi.ne piqué, l'au
tre jou . ir
4> j j'pj i'j'j
L'un del'é.pi.ne piqué, l'au . tre jou . ir
j^f frf rTrPr'' ^r
L'un del'é.pi.ne piqué, l'au . tre jou . ir
la fleur.
r LiiJï rrc^Eri r ^
La bel . le cho
se que c'est
de voir
J iJT3-l
de voir
La bel . le cho
Copyriijht h\] Ch. Dela'jravc, I9J4.
se que c est
de voir
SI
ESCYCLOPÉniE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIItE
L'un de l'épi - ne pique, l'au
J'ai dit que le contrepoint de nos vieux maîtres était l'art des mélodies superposées et concertantes.
Mais ces mélodies, qui sont la base, le centre et le couronnement de ces architectures sonores, de ces concerts de voix que, de plus en plus, les sociétés chorales et les maîtrises remettent en honneur, ces mélodies n'ont pas été sans surprendre parfois nos habitudes musicales. Par leur tour, par leur diatonisme spécial, par les harmonies qu'elles provoquent, par leurs cadences, par tout leur être enfin,
elles donnent souvent l'impression de l'inusité, voire de l'étrange. C'est que ces mélodies relèvent de modalités autres que celles que nous pratiquons aujourd'hui.
Regardons rapidement à ces modalités. Parlons d'abord un peu de l'échelle générale, génératrice de tous les modes.
Nous appelons échelle commune diatonique, fondamentale de notre art de musique occidental, la série de tons et de demi-tons disposés ainsi :
qu'on peut étendre au grave ou à l'aiiîu, en observant les mêmes alternances de tons et de demi-tons.
Cette échelle commune est la base des échelles particulières que nous nommons modes.
En effet, sur cette échelle prenons une série de sept sons; on arrive à un huitième son reprodui-
sant le son initial : on a dès lors une octavr, c'est-àdire l'ensemble des tons et des demi-tons nécessaires à la composilion d'une gamme, d'un mode, disons plus précisément une espèce d'octarc.
Sur l'échelle commune on peut former sept octaves.
Ce sont les sept espèces d'octaves traditionnelles.
Si l'on va plus outre, on reprend les mêmes séries.
Nous avons donc sept espèces d'octaves, pas plus;
distinctes chacune par la place des demi-tons et des
tons.
On pourrait s'arrêter là, et dire que nous avons sept modes d'être de la gamme diatonique; mais l'art qui nous occupe est plus complexe. Pour le moyen âge et la Renaissance, l'octave ne fut que le cadre extérieur d'un mode où agissaient intérieurement un pcnlacordc, groupe de o notes, et un tctntcordc, groupe de 4 noies. C'est par l'espèce de ces deux derniers éléments, et la place qu'ils occupaient dans l'octave, que fut caractérisé le mode. Et ainsi, au lieu d'être restreint à 7 modes, on en compta jusqu'à 14, pour les réduire usuellement à II et, selon la classilîcation grégoiienne, à huit.
Expliquons-nous aussi brièvement que possible. Sur l'échelle commune où nous avons pris les 7 espèces d'octaves, prenons des séries de 4 sons formant ce que nous nommons des 4'*' justes, des lctrac<inles (c'est-à-dire des groupes de notes composés de 2 tons et 1 demi-ton).
Nous avons :
la si do ré, une première espèce de quarte, dont la caractéristique est le demi-Ion placé entre le 2'
et le 3'^ degré : c'est le tétracorde de première espèce :
Tétracorde de 1" espèce.
si do ré mi, deuxième espèce de quarle, dont le demi-ton caractéristique est placé entre le l'' et le 2'' degré : c'est le tétracorde de deuxième espèce :
Tétracorde de 2' espèce.
do ré mi f<x, troisième sorte de quarte, où le demiton est placé entre le 3" et le 4" degré : c'est le tétracorde de lroi5i''me espèce :
Télracorde de 3' es|iè-e.
Si, continuant la division de l'échelle en létracordes, on va de ré à sol, on a l'équivalent du tétracorde de première espèce; de mi à la, celui de deu.xième espèce; de sol à do, celui de la troisième espèce :
inSTOmE DE LA MVfifQIIE
XVI» SIÈCLE. — FRANCE I28;t
TatrauorJo de
Tel
Mais de fa à si, on Iroiive un léliMcoido où ne figure pas le (Icnii-ton: c'est une succession de trois tons entiers noiumée trilon. laquelle, à cause de son extrême dureté, a été l'objet des proscriptions de tous les théoriciens passés et présents. On l'a appelée fausse ijiKirlc. et le moyen :\;,'e mystique la maudite sous ré(iithète de iliabultis in music'i. le dialde dans la musique!
Somme toute, il nous reste trois espèces de tétracordcs usui'Is.
Considérons maintenant les divisions de l'échelle en séries de ."> sons, c'est-à-dire eu /loUiicorilcs.
Si, commcnoaul au /■(■ (je suis à dessein l'ordre des anciens maîtres de la théorie), nous prenons une suite de .'i notes formant l'intervalle ipie nous nommons quinic juste, c'est-àdire un ensemble de ;t tons et un demi -ton, nous avons un premier pentacorde ré mi fa sol la. où le demi-ton va du i' au 3" degré: c'est le pentacorde de première espèce :
trii'me espèce
Telr. di' •'5' l'sp.
^ji-^
reiilacortlo do -i' espèce.
De la à mi, le demi-ton se trouve du 2',au 3° déféré; c'est donc une reproduction, une; transposition du pentacoide de première espèce; du do au so/, le demi-ton va du 3° au i" degré, c'est un pentacorde de quatrième espèce :
Pentacorde de lH^esj).
Pentacorde de 4'.' i
PeiUacurde de 1" espèce.
De mi h si, nous relevons un second pentacorde, où le demi-ton va du 1" au 2'= degré : c'est le pentacorde de 2= espèce :
Pentacorde de 2' espèce.
De fa à do, un troisième pentacorde, où le demi- Ion va du i' au 5" degré ; c'est le pentacorde de troisième espèce :
Pentacorde de 3' espèce.
De sol h ré. un quatrième pentacorde, où le demiton va du 3'^ au 4'- degré : c'est le pentacorde de qua-
I)u ,s! au fa. au lieu d'un seul demi-ton, nous en comptons deux : l'équilibre de la consonance juste est dès lors rompu; nous avons une S'" diminuée qui, de même que le trilon, son renversement, n'entre pas en composition usuelle dans les systèmes diatoniques de la llenaissaiice. On nommait le triton fausse quarte ; on nommait fausse quinte la quinte diminuée.
Nous avons donc quatre espèces de pentacordes, dillerenciées par la place du demi -ton dans l'ensemble des 3 tons et demi formant la quinte Juste.
Ce n'est pas un jeu de vaine curiosité que cette division de l'octave en tétracordes et en pentacordes, puisque nos anciens établirent leurs modes d'après ces éléments, adoptant les gammes qui se pouvaient diviser par eux, rejetant celles qui ne pouvaient comporter cette division.
Ainsi, la deuxième octave, si do ré mi fa sol la si, forme un mode extrêmement usité, classé, dans la théorie glaréanienne, le IV» (mode de mi ■plagal), divisé par une quarte juste : si do ré mi, deuxième espèce de tétracorde, et la quinte juste mi fa sol la si, deuxième espèce de pentacorde. C'est là une division appelée arithmétique, plaçant le tétracorde au-dessous du pentacorde.
Eh bien, la même octave si do ré mi fa sol la si ne peut se diviser harmoniquement, c'est-à-dire le pentacorde au-dessous du tétracorde; elle ne forme pas ce que nous nommons un mode authentique, car il en résulterait deux divisions proscrites : la fausse quinte et le triton :
Tétracorde Pentacorde
(quarte juste]. (quinte juste).
Division arithmétique,
mode de mi plagal.
II en est de même de la sixième espèce d'octave : fa sol la si do ré mi fa, qui, au contraire de la deuxième espèce d'octave, peut être divisée harmoniquement, et forme ainsi le V" mode (le mode de fa
Pentacorde Tétracorde
(fausse quintel. (triton).
Division harmonique, mode inusité.
authentique), mais ne peut s'accommoder de la division arithmétique, à cause du tétracorde et du pentacorde défectueux qui se présenteraient :
Pentacorde Tétracorde
(quinte juste). (quarte juste).
Division harmonique,
mode de fa authentique.
Tétracorde Pentacorde
(triton). (fausse quinte).
Division arithmétique, mode inusité.
ESr.yr.LOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIliE
Analysons maintenant les modes eux-mêmes. 11 y en a six principaux, nommés authentiques, et six dérivés des authentiques, nommés plngiiux. Chaque mode authentique est divisé harmoiiiqiiement : un pentacorde suivi d'un tétracorde. Chaque plagal possède les mêmes éléments que l'authentique dont il dérive, mais a l'éiat inverse, selon la division arithmétique : le tétracorde précède le pentacorde. La note principale de tout mode — nous dirions sa tonique — est appelée fii'ule, parce que sur elle a lieu le repos final de toute mélodie régulièrement construite. Celte finale est invariablement à la base du pentacorde, c'est-à-dire au plus bas degré de la gamme des modes authentiques, au i" degré des modes plagaux. Vu leurs éléments constitutifs, un plagal et son authentique ont la même finale; par conséquent la même médiane à la 3'", ou majeure ou
mineure, de la finale, d'où il résulte qu'un mode principal et son dérivé sont du même genre, majeur ou mineur.
Une seconde note de valeur est à considérer dans ces modes, c'est la dominante. Dom Juniilhac dit excellemment d'elle : « C'ext comme la maîtresse et la rriiie des autres notes modales, elle est le soutien du citant, et, jointe à la finale, elle donne la principale forme et la distinction achaiiue mode. ■>
Nous allons voir que la place de la ilumitiaule varie selon les modes, a la dilférence de ladominanle moderne, toujours fixée au b" degré de la gamme.
I'"' MODE. — lia pour finale ré. Il est contenu dans la quatrième espèce d'octave divisée harraoniquement. 11 se compose du pentacorde de première espèce ré-la, et du tétracorde de première espèce la-ré placé au-dessus.
Fr MODK (mode de rt- aulhcntiquc).
Sa dominante est la, placée à la u'° supérieure de la finale. Sa médiane, à la 3'='' mineure de la finale, le classe dans les modes mineurs; mais il dilTére de notre mineur par sa sixte majeure et par l'absence de sensible. Glaréan nous dit que ce mode est le premier des modes, tant par sa gravité vénérable que par sa majesté sublime et en quelque sorte inénar-
rable. Il est des plus répandus; des milliers de composilions sont faites d'après lui.
11= MODE. — Plagal du I" mode, il est contenu dans la première espèce d'octave divisée arithmétiquemenl. Il se compose de la première espèce de tétracorde la-ré, et de la première espèce de pentacorde ré-la placé au-dessus.
Ilo MODE (mode de ré plagal).
Sa finale est ré, sa dominante est fu à la 3"''' mineure de la finale.
Ce mode est d'une gravité sévère et convient généralemenil aux chants tristes et plaintifs, dit Glaréan. Il est à remarquer que la distinction du plagal et de l'authentique est surtout mélodique. Dans les chants de l'Église et dans les chants populaires, elle est en plein relief; mais dans l'harmonisation de ces mêmes chants, dans leur composition polyphonique, la distinction s'elface beaucoup, le mode principal et son dérivé s'unissent alors étroitement. Toutefois, le musicien exercé ne laisse pas, dans le concert des voix, de comprendre la modalité de chacune et d'en goûter la saveur.
Modi natura oppido pulchre expressa est... Ténor nabis llypodorium belle exprimit... Basis pulcherrime hune habet modum... [Glareani Dodecachordon , passim.) Il y a beaucoup à dire sur l'e.xpression propre à chaque mode. Glaréan, le grand législateur en la matière, cite toujours l'opinion traditionnelle sur le
pouvoir esthétique des antiques modalités; mais il a soin d'ajouter :
Quel mode ne pourrait pas être approprié aux chants les plus divers? Il ne faut pour cela que l'heureux génie d'un .losquin des Prés, d'un Pierre de la Rue, ou d'un ma'itre semblable.
Je crois, pour ma part, que chaque mode, bien que doué d'énergies expressives d'un caractère spécial, et qui lui donnent d'ailleurs sa couleur dominante, est une matière plastique qu'un maître manie et modèle au gré de son génie pour en tirer les accents les plus divers. Il y a une infinité d'exemples à citer pour démontrer que chacun des modes 'peut illustrer tous les genres du lyrisme religieux et profane.
111° MODE. — Sa finale est mi. Il est contenu dans la cinquième espèce d'octave divisée harmoniquemenl, et se compose de la deuxième espèce de pentacorde i/ii-si, et de la deuxième espèce de tétracorde s'i-mi, placée au-dessus.
III" MoDii (mode de un uulhenlique),
Sa dominante est ut, c'est-à-dire à la sixle de la finale. Sa médiane sol le classe dans le genre mineur. Plus que le mode de ré, ce mode de mi dilfère de notre mineur moderne. Non seulement il n'a pas de sensible, mais encore sa dominaiile, au lieu de figurer sur le b'degré, se trouve sur le 6«; de plus, le i"' demi-ton est placé, non entre le 2'-' et le 3= degré, mais entre le l"' el
le i". Sa modulât ion sonne étrangement aux oreilles non accoutumées ; toutefois on a bientôt fait d'y trou ver une saveur extrême. 1 1 excelle d'aillouis d'une façon surprenante, dans l'expression religieuse et dans l'héroïque. IV" MODE. — Plagal du 111'- mode, il a, parj conséquent, la même linale uii. Il est contenu dans la deuxième espèce d'octave divisée arithmétiquement.
lllSTOffiK DE LA MVSIQIE
Il se c(im|iosi" lin létracorde ili' seioiidi- osprccm'-mi, ot du (n'iilacordedo sec.oiido espèce mi-si placé au-dessus.
IV" MoiiL! (iHoile lie mi plngal).
Sa domiiianle osl lu, à la iitiaile do la linalc Il ii'esl pas de mode plaçai plus inlinioiiiiMit uni à son authentique. On dit généralement qu'il a quelque chose de triste, do plaintif et de suppliant CS. lilaréanj; mais liien d'autres sentiments, et de l'orl énergiques, et de très plaisants, s'aecommodent de celle gamme et de celle du 111° mode.
V' MODK. — l.e V" modèle; mode triomphal, leniode de l'allégresse, dont la linale est f(t, est formé de la sixième espèce d'octave divisée harmoiiiquenienl. Il se compose du pontacorde de troisième espèce fa-do, et du télracorde de troisième espèce du- fa placé audessus.
\' M»)iiK (inixie di' fti aulhenli<[iu').
Sa dominante est do, 'S' note de la gamme. Sa médiane est ht; c'est donc un mode du genre majeur. Il faut se garder de confondre ce mode avec le
W', qui est notre majeur actuel. I.e V" mode, dans le ton de fii, a un si naturel, hémollsé seulement par accident; transposé en ut, il aurait un fa if.
T? Mode en Fa
Mais, nous dit Glaréan, les exemples de ce mode sont des plus rares, presque toujours les anciens chants où ce mode est expiinié sont gâtés par les compositeurs, qui amollissent le Lydien . V» mode] en Ionien [XI" mode], c'est-à-dire ramènenj le V" mode au XI" par la bémolisation constante du s'.
V? mode transpose dans le ton d'Ut
VI° MODE. — Le VI= mode, plagal du V", a, de même que son authentique, /a comme linale. Il est contenu dans la troisième espèce d'octave divisée arilhmétiquement. Il se compose de la troisième espèce de télracorde do-fa et rie la troisième espèce de pentacorrie fa-do placée au-dessus.
YI° MODE (modo de fii plagalj.
Sa dominante est ta. tierce majeure de la linale. De ce mode, comme du V", on peut dire qu'il est extrêmement rare dans la polyphonie, où les compositeurs substituent la i' espèce de pentacorde à la 3''. Kt, à ce sujet, Glaréan s'écrie : « Ce n'est pas là une petite chose, par Dieu! puisque de celte façon on tombe dans Vliijjioionicn, qui est un mode incomparablement plus souple et plus agréable que Vhijpo- It/dien. »
« Et précisément, ajoute le profond théoricien, cette attraction de Yliypoionien a tellement nui à Vltypolydicn que ce dernier mode a été presque supprimé et
anéanti... Il est difficile de trouver des pièces des yo pt vi(5 niodes qui ne soient pas altérées en quelque endroit et déformées, tellement les oreilles délicates de notre temps s'olfensent de la moindre rudesse. » Le VI'' mode (disons plutôt le XII»), d'une suavité pénétrante, a été justement nommé le mode des larmes.
VU' xioDK. — Le VII' mode, dont la finale est sol. est de la septième espèce d'octave divisée harmoniquemenl. Il se compose de la quatrième espèce de penlacorde et de la première espèce de télracorde au-dessus.
VII<' MODE (mode de soi aulhenlique).
Sa dominante est je. à la quinte de la finale. Sa médiane .si naturel, tierce majeure de sol, le classe dans les modes majeurs.
C'est un mode capital, extrêmement employé. .' Malheureusement, dit Glaréan, la troisième sorte de télracorde remplace trop souvent la première, tant est séduisant et attirant le mode ionien. » Autrement dit,
trop souvent le fa ? intervient et détruit le caractère si spécial de ce mode noble et émouvant.
VlII°iioDE. — L'élégant VIII=mode, plagal du VII«, est contenu dans la quatrième espèce d'octave divisée arilhmétiquement. U se compose de la première espèce de télracorde, et de la quatrième espèce de pentacorde placée au-dessus.
VIII'- MODE (mode de su/ plaga!].
EXCrCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE ET DICTIOXXAIRE DV COXSERl'ATOinE
Sa dominante est do, à la quarte de la finale sol. 1 tave ré-ré; mais par sa finale et sa dominante, par Ce mode ressemble au premier quant à l'espèce d'oc- | ses repos et sa modulation, il en difTére totalement.
it Mode (Mode de Ré anthentiçne) Mode mineur; dominante à la quinte de la finale.
TIII? Mode (Mode de Sol plagal)
Mode majeur; dominante à la quarte de la finale.
IX"^ MODE. — Le IX« mode, dont la finale est la, est | moniquement. Il se compose de la première espèce de contenu dans la première espèce d'octave divisée har- | pentacorde et de la deuxième espèce de tétracorde.
IXc MODE (mode
Sa dominante est r/ii. Sa médiane m, y- mineure de la finale, le classe dans le genre mineur. Et de fait c'est, des modes anciens, celui qui ressemble le plus à notre mineur moderne. Il ne lui manque, pour une ressemblance absolue, que d'avoir le sol altéré par le if, ce qui, du reste, arrive fréquemment, régulièrement même, dans les cadences après l'époque josquinienne. On le confond souvent avec le premier mode, parce qu'il est souvent transposé en rc. Mais alors cette gamme de rr IX= mode (mode de la) porte un si\i à la clef, tandis que la gamme de ré \" mode (mode de ré) use du si naturel et n'accepte le Si h qu'accidentellement. Cette confusion des modes exaspère Glaréan : c'est là une grande honte de l'art, dit-il, qu'une telle confusion, attendu que ces deux modes sont de deux espèces différentes d'octaves : Véotien \l\' mode), de la première, le dorim {\" mode) de la quatrième!
Un autre maître théoricien, compositeur renommé,
de la authentique .
le Flamand Ghiselin Danckerls, n'est pas moins explicite ni moins absolu au sujet des modes que, vers le milieu du xvi= siècle, la pratique allait confondant et altérant de plus en plus, sous prétexte de nouveauté ou de suavité, comme on disait alors. [Cf. Adrien de La Fage, Essai de diphtliérograpltie musicale, p. 221et suiv.]
Il importe également de ne pas confondre ce 1X'= mode avec le Il«; ils sont tous les deux contenus dans la première espèce d'octave, mai.s diffèrent par leur composition intérieure, et, de là, par leurs notes essentielles. Le IX» mode participe, ainsi que le X'=, des caractères du I" et du II", mais en les tempérant, en quelque sorte, d'une grande douceur.
X" MODE. — Le plagal du IX" mode est contenu dans la cinquième espèce d'octave divisée arilhmétiquement. Il se compose de la deuxième espèce de tétracorde ef de la première espèce de pentacorde.
Xe MODE (mode de l<i plagal).
Sa dominante est ut, tierce de la finale la. i espèce d'octave, la cinquième, mais leur composition.
Il convient de ne pas confondre ce mode de la pla- leur être mélodique, leurs énergies expressives, difgal avec le mode de mi authentique. Ils ont la même | fèrent profondément.
X^ Mode (Mode de La plag-al) Mode mineur; dominante à la tierce de la finale.
XI' MODE. — Le XI" mode, dont la finale est iil, est contenu dans la troisième espèce d'octave divisée harmoniquement. Il se compose de la quatrième
III? Mode ( Mode de Mi aothenticjnç ) Mode mineur; dominante à la sixte de la finale.
espèce de pentacorde et de la troisième espèce de tétracorde.
W MODE (mode d'w/ auttientique).
Sa dominante est sol. Sa médiane mi, 3=" majeure de la finale, le classe dans les modes majeurs. En vérité, c'est le prototype de notre mode majeur. Il est extrêmement employé, surtout transposé en fa avec avec silt à la clef. Il faut dire aussi qu'il prend à cet endroit, très souvent, la place du V" mode, dont il adoucit par le bémol le dur pentacorde de troisième espèce où sonne le si naturel. Le mode d'ut, ainsi
que son plagal, relèvent des modes V et VI, mais ils ont plus d'aisance, et plus de facilité pour la composition polyphonique.
XI1= MODE. — Le XII' mode, plagal du XI', est contenu dans la septième octave divisée arithraétiquement. Il se compose de la troisième espèce de tétracorde, et de la quatrième espèce de pentacorde placée au-dessus.
Xllt MODK (mode d'iil plagal).
IIISTOIliE DE LA .yL'SIQIK
Sa dominante est mi, sixte de la lliiale ut.
Le XI' mode (mode ut aiitlicntiqtic), de la mi'mo octave que le Vl" (modo de fn plaj^al), iic doit pas tUre confoiulu avec lui, <i cause du jeu des liiialfs et des doiniiiaiites. Il en est de mi^iin' des moilcs XII'' el Vil", i|iii usi'iil tous deux de la sepllème espi'-ce d'oclave, et di's mndos IX" et 11° qui usent de la première. Voilà liicu (]ui prouve que la distinction des modes n'est pas une chose vaine et de pure sp''cnIalioii, puisque nous voyons qu'une nit^ine octave peut être variée et profondément dilTérenciée par sa composition inléricure de qui relèvent les notes essentielles qui donnent aux modes leurs caractères et leurs énergies esthétiques.
Nous venons de déOnir sommairement les douze modes diatoniques usités au temps de la Renaissance. Ces modes se peuvent ramener à six, harmoniquement parlant, puisque dans le concert des voix le plaj^al s'unit à l'authentique. On a dès lors les modes A'ul, de ré, de mi, de fn, de sol, de la. Trois d'entre eux relèvent du penre majeur, les modes de fa iV-VI), de sol (VII-VIII), d'ut (XI-Xll); trois relè-
vent du ^enrc mineur, les modes de ré ll-II), de vii lIlI-IV), de In (IX-Xl. Toutefois, nous le répétons, ils ne se doivent pas confondre avec notre majeur et nntie mineur modernes, car, même clans le XI' mode, ciul est le plus proche île nous, les fonctions tonales telles que nous les entendons, hases des attraction» harmoniques, sont absentes. Ceux qui les y cherchent s'aliusent, et la beauté propre îles polyphonies du XVI" siècle leur échappe. A moins toutefois tpi'on ne veuille faire abstraction de l'art, de son expression et de son idéal, pour ne considérer scientili(|ui'ment que l'évolution des formes harmoniques; alors on peut suivre à la tiace el saisir, en chaque mode, des ^'erraes de ce qui deviendra, vers la fin du xvi" siècle, par l'altération, par la corruption des gammes antiques, noire mode majeur et notre mode mineur aux puissantes harmonies attractives.
11 faut ajouter à ces modes traditionnels un mode chromatique dont l'emploi fut des plus rares. Voici, comme exemple des plus siKnilicatifs, une courte pièce de Claude I.e Jeune mesurée à l'antique dans le rythme du distique élégiaque :
sopra.no
CONTRALTO
BARYTON
Clacdb lk Jecnk : « Qu'est tîevenu ce lie! n'it ? »
V^(i ^. !>[> Y f pi>p,^; f fjff^ f p f p'Yi!'f-f
Qu'est de -ve. nu ce bel œil qui mon âme é.clairoit ja de ses rays,
Qu'est de .ve . nu ce bel œil qui mon âme é.clairoit ja de ses rays,
Qu'est de -ve . nu ce bel œil qui mon âme é.clairoit ja.de ses rays.