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LES ORIGINES DE L'OPÉRA EN FRANCE

L'iiradéinie de Baïf. — Les Ballots chantés.

Mazariii et les Barberini : VOrfco de I.nis;' Kussi.

Perrin et Cambert.

Maliiré la magnifique floraison du chant polyphonique dans la France du xvi" siècle, le même mouvement qu'en Italie s'y lit sentir, du commencement à la lin du siècle, en faveur de la monodie. 11 s'exprima de diverses façons : les unes qui furent communes à la France et à l'Italie; les autres, tout à fait spéciales à la France et caractéristiques de son génie.

En France, comme en Italie, il y eut toujours des chanteurs à Uulo, des poètes joueurs de lyre, ou luthistes. Tout homme, musicien de goût, sans l'être de profession, chantait en s'accompagnant. Cet art se satisfaisait, à l'ordinaire, de l'improvisation, ou de la tradition orale; cependant, on publiait aussi des réductions de pièces polyphoniques pour voi.'c seule et luth, à la façon de nos partitions d'opéras ou de symphonies réduites pour piano. M. Quittard a signalé un curieu.N- recueil de la Bibliothèque de Dunkerque, Vllorlus Musarum de 1552 (chez Pierre Phalèse), où l'on trouve des arrangements de cliausons polyphoniques de Créquillon, de Clemens non Papa, etc., ou même de motets et de pièces religieuses, comme un S<a6(ï< de Josquin, pour chant à une voi.t.

D'autre part, il y eut toujours, même dans l'œuvre des maîtres les plus raffinés de la polyphonie vocale, un courant populaire, parallèle au courant de la musique savante. On aurait tort de croire qu'il fallut i.LlcuiJre jusqu'à k lin du .\vi' siècle, pour que la

1. Bibliographie : Édodard Fbémy, l'Académie des derniers Valois^ 1S87. — Paul Masson, l'Humanisme musical en France au X\'l* siècle. Essai sur la musique mesurée à l'antiffue, 1906. — Michel Bheset, Musique et Musiciens de la vieille France, 1911; — les Concerts en France sous l'ancien Régime, 1900 ; — I^'otes sur rkisloire du luth en France [Mivista musicale italiana, 189S); — H. Ou'TTARD, Pierre Guesdron {Revue musicale, \" nov. 1905) ; — la Première Comédie en musique (S. I. M., 1909); — les arrangements de pièces polyphoniques pour voix seule et luth {Recueil de la Société Jntvrn. de musique, jaD%'.-mars 1907i. — Paul Lacroix, Dallels et mascarades de cour. — Ro.mai.n Rolland, Musiciens

polyplionie s'acheminât vers la suprématie d'une des parties vocales, appuyée sur les autres parties accompagnantes, comme sur de grands piliers harmoniques. Dès les premières années du siècle, Josquin et Fêvin emploient couramment le contrepoint syllabique, côte à côte avec le contrepoint Henri, pour des effets de contrastes expressifs ou purement musicaux. Telle chanson de Jannequin, comme : Ce mois de may, est une véritable mélodie populaire, qui ressort avec une netteté parfaite de l'accompagnemenl strictement syllabique des autres voix. Des exemples du même genre abondent dans le livre des 31 Chansons musicales, publiées en 1520, chez Attaingnant^, et en particulier dans Fœuvre de Claudin de Sermisy, qui semble avoir eu une prédilection pour ce style. On en trouvera bien d'autres chez Costeley', et chez Claude le Jeune*.

Cette tendance instinctive de l'art vers la simplicité populaire fut renforcée par le grand mouvement protestant, qui naturellement ne cherchait pas l'art pour l'art, mais l'art pour tous, l'art qui est l'expression sobre et directe de l'àme religieuse de tous. Calvin n'admettait dans les temples que le chant à l'unisson; et le plus grand nombre des mélodies du- Psautier furent des adaptations de chants populairesou profanes. Si les Psaumes furent ensuite harmonisés pour être chantés, en dehors des assembléesdes fidèles, dans les réunions particulières, les premiers harmonistes ont bien soin, comme Philibert Jambe de Fer, k d'accommoder le chant et la note le mieux possible aux paroles et sentences »', et, comme Louis Bourgeois, « de conformer au sujet et chant commun des Psaumes trois parties concordantes opposant note contre note ». liourj;eois ajoute que si cette simplification de la polyphonie risque de sembler ridicule aux maîtres musiciens, il s'en consolera aisément par li pensée » qu'il profilera au.x.

d'autrefois (article sur Luigi Rosai). IMS. — .Nuitteh et Thoixas, les origines de l'opéra français. ISSij. — Heskv Hrusiéres, ie- Ballet de cour ; — les Origines italiennes de l'opéra français, 191i.

2. 5° volume de la collection des Maitres musicietu de la Renaissance' française, publiée par .M. Henry Expert

3. Par exemple, le noël : Allons, gaij, bergères (1" Tolnme), ou ; Je vois les glissantes eaux {i' Tolonie).

4. Voir surtout la Villageoise de Gascogne : Débat la nostre triW en may (dans les Mélanges de Claude le Jeune, publiés par 11. Expert).

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