N° 42, liv. 13, fr
pas avec le lyfî du mois : il est à craindre qu'on ne blesse les inllux terrestres. Il conviendrait d'établir les gammes des douze mois pour répondre respectivement à l'inlliix du mois. S'il est donné aux ducs et aux ministres d'entendre le lyu de chaque mois dans les assemblées de la Cour, ils seront capables d'émouvoir le Ciel et de s'accorder aux influx terrestres". » Mais le conseil de Pào Yé ne fut pas agréé d'abord, et c'est seulement quelques années plus tard, dans la période Yuên-hwû (84-8iJ), que Ma Fàng' fit admettre cette réforme. La transposition d'après le lyù de chaque mois était encore dans l'usage ofticiel en 133, et probablement en 203, malgré l'assertion contraire du Sicei f/io»'. En eflFet, c'est à celle dernière date que le Syti hiin chou pn tchi* donne en note les indications suivantes : » quarante-six jours après le solstice d'hiver, le Fils du Ciel va au-devant du printemps dans la salle orientale, à 8 li de la Capitale ; la salle a 8 pieds de haut, le perron a 3 degrés,... on chante en kyô, on danse avec des plumes de faisan dans les mains. » Aux cérémonies analogues qui sont célébrées pour l'été, l'automne et l'hiver, les salles sont situées respectivement au sud à 7 li de la Capitale, à l'ouest à 9 li, au nord à 6 li ; elles ont pour hauteur 7 pieds, 9 pieds, 6 pieds, avec des perrons de 2 degrés, 9 degrés, 6 degrés; la musique est en tch'i, châng, yù; les danseurs tiennent des tambours à manche, des boucliers et des haches, des boucliers et des lances; ils ont comme couleur dominante dans leurs vêtements le rouge, le blanc, le noir (au printemps le bleu). On observera que les éléments de ces cérémonies sont conformes au tableau de la page 93. Le ^yci choi'i^ cite un rapport de 533 qui rappelle que sous les Hân la musique religieuse était, suivant les cérémonies, en hwàng-tchûng, thài-tsheoù, koû-syèn ou jwêi-pïn.
La transposition à titre d'expression rituelle fut donc usitée à la fin du i*' siècle et pendant au moins une partie du n". En 274, Lyé Hwù en connaît encore la théorie et sait que la note fondamentale peut être hwàng-tchông, lîn-tchong, koû-syèn; mais à la même date Syûn Hyûdoit, dans son rapport, expliquer cette combinaison des lyù et des degrés comme si elle était peu connue'", et dès lors il faut attendre plus de deux cents ans pour trouver, en 502, une nouvelle i
mention de la transposition d'après les lunaisons, à I
propos des quatre th(Jng206, instruments de démonstration rappelant le tcliwèii 204 et inventés par Woù ti desLyàng". Apeuprèsàlamême époque'-, les études musicales reprennent dans l'empire du nord avec Lyeoû Fàng et KOng-swên Tchhûng : le lettré Tchhên Tchông-joû leur explique (518) la théorie du tchwén qu'il connaît d'après la notice de Sefi-mà Pyeoû, et leur démontre l'impossibililé de transposer si l'on se contente des douze lyù primilifs; il s'appuie aussi sur l'accord du khin, qui admet cinq tyào ou systèmes différents, chacun ayant pour tonique l'un des degrés de l'échelle primitive '^ C'est sans doute à la suite de ■
12. A partir de la période Trhéng-clii (504-507), Lycoù Fâug et Kûngswén Tchhûng sont oITicieUement chargés d'étudier les réformes et consullcut le lettré Tchhén Tchong-joù (iV» 40, liv. 109, lï. 4 v", 7 v», S r«).
13. N° 40, liv. 109, f. 9 r° : » de plus, il s'appuie sur le procédé d accord du khin selon les cinq sysLèmes pour régler les inslruments de musique. Le système du S'- prend le Long pour tonique ; le système aigu [du khin] prend le châng pour tonique; le système égal [du khin] prend le kniig pour toni>iue. Gliacun des cinq systèmes a pour tonique un des cinq degrés. » Pour le khin et le se, voir chap. X, 112 ot 116; on remarquera ici et ailleurs que le khin. instrument délicat et aristocratique, maintient les traditions, qu'il a plus d'une fois fourni des exemples de musique antique a l'interprétation des théoriciens ultérieurs.
UrSTO/RR DE LA MUSfOIE
Cfs travaux que l.ycoù Krms lixa six règles, kti, peut- Être six modes d'accord, pour diverses sections de la musique impériale; d'après le (-lief do la musique Tcliâni; Klivèii-Uwci répondant à une enquête en 531, l'une des rè;;les, celle du hwàng-lchùnt;, n'était autre qu'une f^auuue ayant invànii-lchring pour tonique el di'bulant paryi-tsr; les deux règles du kofi-syènet du lliài-tslieoi'i débutaient aussi par yi-lsf' : le sens de la transposition est- il alors réellement compris'.' est-on déjà arrivé à la délicatesse des 84 systèmes'-'? La pratique écarte ce procédé prescjue totalement, puisque les carillons n'ont alors que 14 pierres sonores ou 14 cloches, tandis que ceux des âges antérieurs, des Han et des ïchcoii, retrouvés de temps en temps, enavaientl6\ D'ailleurs les historiens disent' : « sous les ïcheon et auparavant, on se conforma an principe de transposition; à partir des 'l'shin, la transposition fut supprimée; sous les Han orientaux elle fut pratiquée, mais sans continuité; des H;in aux Swéi, pendant dix générations, c'est-à-dire en tout plusieurs siècles, on ne garda que le système du liwàng-tchûng; des douze lyû sept seulement étaient usités; les cinq autres étaient appelés cloches muettes parce que l'on ne s'en servait pas. » 11 y a unanimilé pour constater que la transposition était en désuétude et avant et après les Hàn.
Le Swci choit montre toutefois que des systèmes diiïérenls continuaient d'élre en usage pour des airs dill'érents : si donc chaque air était joué sous une forme fixe, sans transposition, du moins les diverses échelles ou systèmes subsistaient implicitement. C'est ce qu'on doit conclure des passages suivants^ : « sous la dynastie des Swêi la musique classique des rites moyens était exécutée seulement avec la fondamentale hwàng-lchOng; pour les sacrifices aux esprits de la nature et aux Ancêtres, ainsi que dans les banquets, on employait un seul système; pour aller recevoir les intlux terrestres, on se servait de cinq systèmes. Les anciens musiciens ayant été remplacés et ayant disparu, on ne comprenait plus les autres degrés el les autres lyû; quelques-uns savaient jouer en jwêi-pin fondamentale ; on les rangeait a leur place lors des sacrifices, en lin de compte il n'y avait personne qui s'en aperçût^.. Autrefois il y avait cinq mélodies, y in. en knng, châng, kyô, tchi, yù; les Lyàng les faisaient exécuter à l'assemblée pléniére du 1" de la 1" lune. A présent on les appelle les cinq mélodies yin; ces airs s'appuient en totalité sur kùng et châng, sans qu'on les laisse sortir de cet ordre. On
1. N" 40, liv. 109, f. tO V" : le Siréi chou, n' il, liv. 13, f. 6 r", meiltionue de même à la date de 4i7 le5 règles du hwdng-tchûDg, du koûsù-n, du jwri-pîn et du thài-tsheoù.