to.âi yinj, violer l'accord, expression rare; un peu
plus loin, f. 26 r", Tchéng Yî dit encore îf^ ® kiini ym- dans le sens de violer les principes musicaux ; kirâi ying se trouve aussi n^ 65, liv. 33, f. 9 r". Je pense que Tchéng Yi veut parler des trois derniers degrés, 3^^ majeure, 8'» diminuée, 5'" diminuée; ces intervalles sont en elTet plutôt rares dans la musique chinoise. On remarquer.1 que la 3" m.tjeure issue d'une série de quintes justes est également dissonante
Toujours on recherchait et on étudiait, sans que personne en fin de compte pût comprendre. Au temps de Woù ti (560-0/8), il y eut un homme de Koutcha nommé Soû-tchi-phû, qui vint en Chine à la suite de l'impératrice turke ' ; il savait jouer de la guitare phiphâ des harbares. En écoulant ce qu'il exécutait, [on reconnaissait que] dans l'espace d'une |,'amme, yùn, il y avait sept degrés, c.hhig. Ayant donc été interrogé, il répondit [ce qui suit] : son père, renommé en Occident comme musicien, avait appris par une tradition transmise de génération en génération qu'il y a sept sortes de systèmes, tyiio-; dans ces sept systèmes, si l'on compare les sept degrés, on trouve que mystérieusement ils concordent ^ Le premier degré s'appelle sô-thô-lï'-, en langue chinoise « son égal ", c'est le degré kûng; le second degré s'appelle la-ichi, en chinois « son long », c'est le degré châng; le troisième degré s'appelle châ-tchi, en chinois <i son simple et droit », c'est le degré kyô; le quatrième degré s'appelle chd-heoi'i-kiji'i-lân, en chinois « son consonnant », c'est le degré pyén tchi; le cinquième degré s'appelle clin-Ui, en chinois « son consonnant harmonieux », c'est le degré tchi; le sixième degré s'appelle piin-chcûn, en chinois « cinquième son », c'est le degré yù; le septième degré s'appelle seù-li-cM, en chinois « son du bœul7to» », c'est le degré pyén kông. Yi ayant joué ces sons ainsi qu'il savait, on obtint pour la première fois l'exactitude des sept degrés. Si l'on passe aux sept systèmes dont on a parlé, il y a encore l'expression « les cinq tàn »; les tân font les
pour nous ; la 5»" diminuée et la 7"»» majeure (8'« dimiuuéei sont toujours dissonantes; au contraire, l'intervalle de i-^' n est pas rare, du moins sur le kliin 112,
1 . L'impératrice Ngû-chi-nâ élait fille du kliân des Turks, Moû-liàn kalian Scû-kin ; elle i-pousal'Kmpereur en 308 et mourut en 582 à 32 ans [Tclieoii clioii. liv. 9, «'. -2, 3).
2. Le tyiio chinois, ou système, parait répondre en partie à la mûrclianâ sanscrite; cf. n" 90, p. 59.
3. On verra plus loin (cliap. IV) que lej/iiii, gamme, est l'éclielle des sept degrés qui sont dans les rapports définis p. 03; le ti/iio, système, est une échelle partant d'une note doiuiée, mais dont les degrés peuvent ne pas être conformes aux intervalles du y>in. A proprement parler, les degrés, clirtig ou yîn, de l'énuméralion chinoise ne se conçoivent que par rapport à la gamme type ; si l'on parle des degrés dans les divers systèmes, il est sous-cnteudu qu'il s'agit des degrés de celte gamme type. Dire que dans divers systèmes les degrés concordent, c'est constater que ces systt;mes sont construits avec les sons qui sont degrés de la gamme type, et ai-river ainsi à l'idée de la note, élément immuable des modes et des gammes, c'cst-â-dire coniliiner les idées de degré ou de rapport, yiti, et de li/ii ou de hauteur fiïe. L'idée de note n'est pas chinoise, du moins pour la théorie ; elle l'était moins encore à une époque où la seule théorie cohérente élait celle de KiugFâng, distinguant esseutiellement des lyù primilifs le hwâng-lchûng issu du tchông-lyii et HOmmé tclil-clii. ainsi que les on/e suivants, puis les séries produites successivement par le même procédé.
4. Les noms des sept notes donnés par Soû-tchl-phô. comme le nom même de ce personnage, appartiennent à une langue étrangère ; pour en préparer l'idenlification, il est bon d'abord d'en restituer la prononciation ancienne. Voici les lectures que je propose en m'appuyant sur lapins ancienne des tables phonétiques du Khânfj hJ tsei't t;/èn et sur les transcriptions coréennes et japonaises; j'indique par s) des variantes provenant du Siinrj clù (N° 48, Y. 1. t., liv. 51, f. S'a v») et par /) une variante donnée par le Lyào clù (N» 49, liv. 54, f. 7 r").