‹ Encyclopédie de la musique et dictionnaire du ConservatoireChapitre 16 sur 1158 · — — O.US · texte numérisé non relu

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A l'embouchure se trouve introduit un brin de paille sortant d'environ 0™,0o.

36. Musée DE Berlin, n° 6823 ^ — Roseau brunâtre. Quatre trous. Long., 0'",214. Diam. emb., 0"',00o; diam. extr., Om.OOib.

i" trou, diam., 0,005; distance, 0,167.

Une bande de roseau manque entre le troisième et le quatrième trou et empêche d'en mesurer le diamètre.

A ces trente-six flûtes il convient, pour compléter la liste, d'ajouter onze flûtes que je ne puis encore, faute de documents, ou par suite d'insuffisance ou de contradictions dans les renseignements publiés, classer que de façon provisoire :

0. Flûte de Béni-Hassan (XII= dynastie)'. — Roseau. Trois trous. Long., 0°',9652. Diam., 0",01b873.

0 bis. Flûte de Béni-Hassan (XII" dynastie . — Roseau. Trois trous. Long., 0", 9144. Diam., C^jOloS'o.

12 lis. Flûte de Kahoun (XVIII» dynastie; ■'. — Roseau. Quatre trous. Long., 0™,444o. Diam., O'",004''.

15 hh. Flûte de Kahoun (XVllI» dynastie). — Ro seau. Trois trous. Long., 0",43b. Diam., 0™,0047.

23 6iS et 2j ter. Flûtes d'IUahoun (XXI1= dyna lie; '. — Roseau. Six trous. La plus grande des deux flûtes mesure 0",3302 de longueur. Ce sont deux flûtes doubles à tuyaux parallèles, encore munies chacune de leurs deux embouchures.

27 bis. Flûte copte de Gourob (vi" s. de notre ère)''.

— Roseau. Cinq trous. Long.. O"',3l7o. Diam.,0"',onH. Flûte double à tuyaux parallèles, à laquelle adhère

encore l'une des deux embouchures.

28 6ts et 28 ter. Flûtes d'IUahoun : XXII» dynastie).

— Roseau. Six trous. La plus petite des deux flûtes mesure O'°,2704 de longueur. Ce sont deux bûtes doubles à tuyaux parallèles, encore munies chacune de leurs deux embouchures.

A et B. Musée du Caire, n»» 859 et 8o9 bis. — « Single and double flûtes*. »

3. Échelle musicale des flûtes. — Grâce aux nombreux spécimens dont nous venons de dresser la liste, il nous est possible de nous faire une idée complète sur ce qu'étaient les flûtes égyptiennes.

La plupart sont en roseau, les plus fortes en un roseau de teinte rougeàtre, les plus grêles en un roseau d'autre espèce, de couleur brun noirâtre. Quatre d'entre elles sont en bois (n°s 29, 31, 32, 33,;. une seule (n" 22) est en bronze.

La longueur des flûtes connues varie, comme on l'a vu, entre 0",96o2 (n" 0) et 0",2i4 (n° 36j. Lorsqu'elles sont en bois ou en bronze, les flûtes ont leurs parois exactement parallèles. Lorsqu'elles sont en roseau, elles sont le plus souvent très légèrement coniques, la tige de la plante s'amincissant a mesure qu'elle s'approche de son extrémité.

Fnfin, les flûtes percées de trois et quatre trous sont en très grande majorité, — trente (quinze de chaque espèce) sur quarante-cinq, c'est-à-dire exactement les deux tiers de la totalité, — puis viennent celles à six trous, au nombre de huit, celles à cinq trous, au nombre de quatre, deux à onze trous, et une seule à huit trous.

Les anches employées sont de deux sortes. Dans les flûtes simples, — excepté pour la flûte satbit, à grand diamètre, qui n'avait pas d'anche, — ce sont des anches doubles, analogues à l'anche du hautbois. Dans les flûtes doubles, ce sont des anches simples ou anches battantes, comparables à l'anche de la clarinette.

Quatre anches doubles nous sont parvenues. Deux d'entre elles (n"^ 20 et 33) sont en paille ; il s'agit en effet de flûtes dont l'embouchure mesure seulement

1. .l'ai décrit et reproduit en dessin la flûte n" 3^ .linsi que son bec mobile dans mon travail sur Us Flûtes égyptiennes antiques, p. 4S- 51 du tirage à part.

2. r^Ius exactement 0™, 22223, soit 8 pouces anglais et trois quarts : " In the Egyptian collection at Ibe British Muséum is a small reed pipe oi" eight and Ihree-quarter inclics in lengtli, and inlo the hollow of tliis little pipe is fittcd at one end a split straw of thicli Egyplian growlh, toformits mouthpiece. a (W. Chappell, The History of music, t. I, p. 216.)

3. Cette flûte fut découverte à Tliêbes, dans un cercueil et auprès de la nifimie, par J. Passalacqua. Elle portait le n'> .565 de sa collection particulière, acquise depuis par ie Musée de Berlin. Cf. J. Passai-acqua, Catalogue raisonné et historique '1rs antiquités ilécouvertes en Egypte, Paris, 1826, p. 30 et 157. Cette Ilùte date de l'époque do Ramsés 11 \Khnigliche Museen zu Berlin : Ausfithrliches Verzeicfcnis der ctgyptischen Altertumer, i' édil., Berlin, 1SU9, p. 190 et 219, n« 6S23).

4. i^our celte flûte et la flûte suivaa;c, cf. T.-I,. Southgate, Some

ancient inusical instruments (dans Musical Aews, London, n*» dui 1" août 1903, p. 102-104).

5. Pour cette flûte et la flûte suivante, cf. [T.-L. Southgate,] The récent discovery of egyptian /lûtes, and their significance fdans The musical Times, London, n» du l'"' ocl. 1S90, p. 585-587); Ttie eqi/ptian flûtes {ibiri., n" du 1" déc. 18'JO, p. 713-716 , Pour la date de la. tombe dans laquelle ont été trouvées les deux flûtes de Kahoun. cf. W. V. BissiNc, Die Datirung des » Maket-Grabes » (dans Zeitschrift fur àgyptische Sprache und Alterihumskunde, Leipzig, t. XXXV, 1897, p. 94-97).

6. Pour les quatre flûtes d'IUahoun (n" 25 ii's, 25 /er, 28 6is et 28 ter',. cf. [T.-L. Southgate,] op. cit. (dans The musical Times, 1890, p. 585 et 5S7I.

7. Pour la flûte de Gourob, cf. [T.-L. Sûctbgate,] op. cit. (dans The 7nusictil Times, 1890. p. 715-716).

8. G. Maspero, Guide to the Cairo Sfuseum, 4« ôJit.. Cairo, 1908,. p. 290.

iiiSToiRE HE LA .tri'srorF:

3 ou -ImiUinu'trcs de dianii-lre; les deux autres, qui [ aiiparlieniuul aux lliUcs d'AUliinini (ii"« 20 cl 33 , ' sout en ro^^eau. D'après la doscriiiliou que ni en ont donnée MM. P. I.c l'a^e llenout et !■". Uossi, les aiiclies de paille sont siniploiiieiit rendues parle milieu, dans le sens de la longueur, sur une étendue de <|uelques millimèlres. C'est là la vulgaire et primitive anche ! de pipean que savent fabriquer de naissance les I jeunes pâtres du monde entier.

L'anche de roseau est de facture plus compliquée. Je l'ai lonsuement étudiée par ailleurs' :, je mécontenterai d'en donner ici le croquis (li^'. 43;. Toute la

des lliUes égyptiennes et sachant au moyen de quelles eniboucliuies on les jouait, il nous est facile, en principe, de reproduire ces Ih'itcs et leurs embouchures, de les Jouer, et de dresser ainsi leur échelle musicale. Kétis l'a essayé, il y a bien lon^'lemps^, pour la llùte de Florence (n» 1 ; je l'ai li'iité en 1890

FiG. 43. — Embouchure de la flùte simple'.

complication résulte de l'étranglement qui sépare la partie plate où sont les anches de la partie cylindrique qui devait s'adapter à l'instrument (dans les llùtcs d'.Mihmim, c'est le tuyau qui s'insère dans l'emboLichurei. 11 est évident que l'on ne pouvait obtenir cet étranglement qu'en nouant très fortement, pendant sa croissance, la tige du roseau à un point situé entre deux nœuds. La lige s'élargissant par la suite à l'endroit où elle n'était pas comprimée artitlciellement, l'étranglement se produisait de luimême. Quant à l'aplatissement, peut-être était-il obtenu d'une manière analogue, alors que la plante était encore sur pied.

L'anche simple, qu'a étudiée M. Southgate d'après une des llûtes doubles d'IUahoun (n» 2.t bis), était exactement semblable à l'anche de la zoimmurah des Égyptiens modernes. On choisissait un petit roseau de 6 à 8 millimètres de diamètre et l'on en coupait un fragment mesurant environ o centimètres de longueur, en ayant soin qu'à l'un des bouts se trouvât un nœud de la plante, de façon que l'embouchure fût fermée à une extrémité. A i'à millimètres environ de l'extrémité ouverte on faisait au canif une entaille oblique dans le roseau, puis on continuait à fendre la lige parallèlement à ses parois, en prolongeant la languette ainsi obtenue jusqu'à une très faible distance du nœud (lig. 44).

Connaissant les dimensions exactes de la plupart

Fio. 4i. — Embouchure tle la fliite double'.

pour un certain nombre d'autres llûtes (y compris la llùte de Florence, dont j'avais des mesures bien plus précises que celles dont s'était contenté Félisi; M. Southgate l'a fait pour les llûtes récemment découvertes.

Malheureusement, le problème est bien plus compliqué qu'il parait tout d'abord. Un .\ralie seul, habitué au liai, pourrait tirer des sons avouables d'une flùte sans anche en y souillant comme dans une clef. D'autre part, l'embouchure de liaulbuis dont je me suis servi n'est pas exactement l'embouchure de la zoummarah que j'aurais dû employer (mais en ISUO, on n'avait pas encore découvert dans les tombes cette espèce d'embouchure). De sorte qu'il y aura certainement lieu de reviser les nombreux diagrammes que j'ai publiés alors». Tous les élémeiits dn problème sont maintenant à la portée de ceux qui s'intéressent à la question de la tonalité égyj'tienne. Puissé-je avoir suscité la curiosité de quelque spécialiste qui nous donnera, un jour, une étude d'ensemble sur la question.

Quoi qu'il en soit, je crois bon de citer quelquesuns des résultats obtenus jusqu'ici, afin de montrer quelles conclusions intéressantes on pourrait tirer de l'examen minutieux de tous les instruments qui nous sont parvenus.

M. Southgate, étudiant les flûtes 12 bis et iï bif, pour lesquelles il se servit d'un fragment de paille taillé en embouchure de zoummarah -il eût dû se servir d'une simple paille fendue en deux, attendu que rien ne prouve que ces deux flûtes soient des dûtes doubles, mais il abandonna ce procédé après plusieurs essais infructueux), obtint les résultais suivants :

Flûte 12 bis :

Flûte 15 bis :

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tez:

La flûte copte de Gourob (n" 27 bis\ avec une embouchure de zoummarah, lui fournit l'échelle :

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i. V. Lovtrr, Sur une aiicitnne flûte èy'jpCienne {v. ci-dessus, p. 19, 11.3). p. 11-13.

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