D'après une zoummarah rapportée d'Egypte par l'auteur
5. V. Loret, les Flûtes é^ptiennes antiques ^\. ci-dessus. (■. 14, n. 2), p. 57-64.
ENCYCLOPÉniP: DE LA MVSIQl'E ET DICTIOXWAjnE DU Cn.VSEnVATnmE
Flûte Obis .
De mon côté, j'ai obtenu pour la flûte de Florence (n" i), en la jouant en nai , sans embouchure, les notes :
4 J- U ^ fr
La flûte n" 2, d'un diamètre presque aussi fort que la flûte de Florence et qui était, elle aussi, bien certainement une saibit, a donné, jouée en nul, les notes suivantes :
Ce sont là, peut-être, les deux seuls résultats certains que j'ai obtenus. Ces deux flûtes, en elîet, présentant un diamètre intérieur de lo millimètres, ne pouvaient pas être des flûtes à anches, et il est certain qu'on ne pouvait les jouer qu'en nai.
Mais, pour toutes les autres flûtes, je n'ai obtenu, malgré l'aide empressée de deux professeurs émérites du conservatoire de Lyon, le flûtiste Hitler et le hautboïste Fargues, que des résultats que j'ai publiés par ailleurs, mais qu'il vaut mieux ne pas reproduire ici. C'était, en effet, avec l'embouchure de la zoummarah qu'il nous eût fallu procéder, et non avec celle du hautbois.
Dans la jilupart des cas, en jouant un instrument en nai, M. Uilter obtenait des résultats comme celuici (n" 16) :
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Avec une anche de hautbois, M. Fargues obtenait, pour la même flûte :
Qui sait ce qu'eût donné une anche de zoiimmiuah?
Dune façon générale, les flûtes jouées en nai donnaient des intervalles assez espacés; les mêmes flûtes, j ouées en hautbois, devenaient presque chromatiques.
C'est ainsi que la riche flûte d'Akhmin à onze trous (n" 29), jouée avec une anche de hautbois, a donné la gamme chromatique complète :
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Mais, dans ce dernier cas, je crois bien qu'il y a certitude absolue, et je pense que l'emploi d'une anche de coi(m(7U(î-aA aurait donné le même résultat.
IV'est-cepas, en effet, pour obtenir les douze notes de la gamme chromatique que les Égyptiens ont fabriqué des Uûtes de onze trous, dont le nianienient est si incommode pour qui, comme le commun des
1. Les résultats obtenus par M. Souttigate ont été publiés par lui daus les divers articles que j'ai signalés ci-dessus (p. ;Î0, n. 4).
mortels, ne possède que dix doigts? H est vrai que le dixième trou, latéral, est assez ingénieusement placé pour être bouché par la troisième phalange du doigt dont la seconde phalange couvre le trou n" H.
Il serait à la fois téméraire et prématuré de vouloir établir un système de tonalité éijyptienne d'après les essais trop peu nombreux dont je viens de donner quelques spécimens. Il est pourtant curieus de constater, dès maintenant, que les Égyptiens, sous la XVIII= dynastie, connaissaient la gamme chromatique (flûte n" 29), de même que les cinq premières notes au moins de notre gamme diatonique majeure (flûtes n''s2, 12 bis et Ib lis).
Mais ce sont les flûtes donnant des intervalles espacés et irréguliers qui, si je ne me trompe, sont appelées à nous fournir les renseignements les plus intéressants sur la musique pharaonique. C'est grâce à elles, en effet, que nous pourrons arriver un jour à discerner et à déterminer un certain nombre de modes égyptiens.
Pourquoi, pour ne citer qu'un exemple, la llùte n" 0 a-t-elle été percée de manière à doimer les notes 7)»', fa, sol, si [1? Était-ce uniquement en vue de permettre l'exécution d'un seul air, d'un air qui, par hasard, se trouvait ne comporter que ces quatre notes? J'en doute fortement. 11 est, en effet, diflicile de croire que les Uùtistes égyptiens devaient posséder autant de liâtes qu'ils avaient d'airs différents à jouer. Il me parait plus logique d'admettre que ces quatre notes constituent, en tout ou en partie, la gamme d'un mode spécial. Qu'on vienne à découvrir,, à la suite d'études sur les autres llûtes, trois ou quatre instruments donnant, soit en commençant par un mi, soit en commençant par telle ou telle autre note, la même succession d'intervalles que nous trouvons sur la llùte n° 0, et mon hypothèse se trouvera conlirmée de façon indiscutable.
Il y a, ou le voit, pour celui qui voudra tenter le travail, bien des découvertes curieuses en perspective dans le domaine do la tonalité égyptienne, dont les flûtes datées permettront même de suivre l'évolution pas à pas.