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LA MUSIQUE ASSYRO-BABYLOXIENNE

Par MM. Ch. VIROLLEAUD

MAITBI-: DE CONFÉRENGKS d'aSSYUIOLOOIE A I,.\ l'ACCLTli DIÎS LETTRES DE LYON

Fernand PELAGAUD

AVOCAT A L A C O D R D 'a P P E L D ii LYON

La grande plaine qui s'étend entre le Tipre et I'Kliphrate a été le berceau d'une des plus vieilles civilisations humaines.

Au cinquième millénaire avant notre ère, un peuple, très civilisé déjà, avait fondé des villes dans la vallée du lias Euphrate. Ces premiers habitants de la Chaldée s'appelaient eux-mêmes peuples de Sumer et d'Accad ; les savants modernes les désignent habituellement par le nom de Sumériens.

Ils nous ont laissé de nombreuses inscriptions, f;ravées sur des statues ou sur des briques, en une langue assez difficile à comprendre. Elles nous révèlent une civilisation brillante, où les lettres, les sciences et les arts tiennent une grande place'.

A l'est de ces peuples, sur le territoire actuel de la Perse, vivaient des populations de civilisation analogue, les Elamites, dont les fouilles de M. de Morgan à Suse nous ont fait connaître l'histoire-.

Les villes de Chaldée et d'Elam étaient continuellement en guerre les unes avec les autres. Parfois l'une d'elles devenait prépondérante, et le patfyi, prince sacerdotal, qui la gouvernait, réunissait sous son sceptre toutes les villes voisines.

Vers l'an 4000, un autre peuple apparaît dans le centre de la Mésopotamie. Ce sont les Sémites, dont la descendance était vouée à de très hautes destinées. Rudes et batailleurs, ils triomphèrent des Sumériens après de longues luttes. Mais ceux-ci prirent leur revanche dans le domaine intellectuel; les Sémites s'assimilèrent complètement la civilisation sumérienne. En Elam, au contraire, l'élément sémitique ne put parvenir à triompher.

Le mélange des Sumériens et des Sémites, si différents de race et de culture, a produit la civilisation babylonienne, qui brilla d'un vif éclat durant plus de cinq cents ans. En 1800 avant notre ère elle fut submergée par une invasion de peuples barbares qui, après avoir ravagé l'Elam, s'installèrent en maîtres en Chaldée^.

L'arrière-garde des Sémites, qui était restée sur le Tigre moyen, profita de ces troubles pour constituer un empire nouveau, l'Assj'rie. La nation assy-

1. CeUe réyôlaUon est due surtout aux belles décoaverlps de M. de Sarzec à Telloli, dont les principales sont exposées au Louvre, salle assyrienne. Voir Heczey-de Sarzec, Découvertes en Chaldce, Paris; Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, t. I, p. 53â sq.

rienne, type achevé de nation de proie, finit par imposer sa domination à la Babylonie et à l'Elam (v. 1300 av. J.-C).

Les guerres heureuses des rois d'Assour amenèrent à Ninive les dépouilles des peuples vaincus. Une civilisation luxueuse et brillante se développa en Chaldée et en Susiane. Ce dernier pays, à peu près indépendant depuis Hi7, rivalisait de puissance avec l'Assyrie. Le roi Assourbanipal triompha des Elamites, les transplanta en Assyrie et ruina pom- toujours ce grand empire (6b0); Ninive restait seule debout.

Mais la guerre, qui avait élevé si haut la nation assyrienne, la jeta un jour par terre. En 006, Niuive tomba sous les coups des Perses, et les rois Achéraénides prirent pour capitale sa vieille ennemie, Suse. Celle dernière fut ruinée à son tour en 329 par le grand conquérant macédonien, Alexandre*.

Les Grecs ont peu connu ces vieilles civilisations de l'antique Orient, malgré les nombreuses recherches des savants alexandrins. Les Juifs ont été mêlés, et de plus près qu'ils n'auraient voulu, à l'histoire d'Assour. Aussi la Bible nous en parle-t-elle avec des détails circonstanciés. Ses données, il est vrai, n'embrassent qu'une période restreinte, du ix° au vi= siècle, mais n'en fournissent pas moins de 1res précieux renseignements.

Les découvertes modernes ont agrandi considérablement notre champ d'investigation. >'ous connaissons assez bien maintenant la vie de tous les jours d'un habitant de Babylone ou de Suse, les fêtes de la cour, les cérémonies religieuses.

L'observateur le plus inattentif ne peut manquer d'être frappé de l'importance de la musique en Babylonie. Les bas-reliefs des palais et des temples nous montrent des musiciens partout, derrière des prêtres, autour du roi, dans les festins, à l'armée, etc. Les termes musicaux abondent dans les textes. Ce très grand rôle de la musique dans les civilisations de l'ancien Orient avait été signalé du reste par la Bible et par les polygraphes grecs et romains.

11 est un préjugé assez répandu; c'est que l'Orient est un pays inmiuable, qui a toujours été ce qu'il est aujourd'hui. C'est là une grave erreur, qui ne peut

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