Voir p. 82, note
7. N°45, liv. 28. f. )1 r«. — N« 46, liv. 22, ff. 7 et 8. — N« 53, liv. 33, ff. 25 et 26. — P. Pelliot, Deux Ilinfraires de Chine en Inile, Bulletin de t'Ecote française d'Extrême Orient, 1904, p. 152. — Vi-meoù-syiîn
Poù-lô-ki' ont tous de la musique pour jouer à cheval. L'orchestre de marche Koh tchliw'i était primitivement de musique militaire et jouait à cheval; aussi, depuis les Hàn. la musique des barbares du nord dépendait en totalité du bureau Koû tchhwéi. C'est dans les recueils des \Véi que pour la première fois on trouve des chants du nord : ce sont ceux que les historiens des Wéi appellent « chansons deTai des hommes vrais ■■. » A la capitale de Tài, on ordonna aux femmes du palais latéral de les chanter matin et soir. A l'époque des Tcheoû et des Swêi, on les exécuta mêlés avec la musique des Lyâng occidentaux; maintenant il en subsiste 53; parmi les titres, on en peut expliquer six...; ceux qu'on ne peut expliquer... sont ceux que sous les Wéi on appelait pu-lti-liiiri... Les Thoù-yû-h'n-én sont encore une horde séparée des Moûyông"; on sait donc que leurs chants sont des chants syën-pi du temps de Yen et de Wéi; mais ces chants, musique et poésie, les gens du nord en définitive ne les comprennent pas. » Dans les recueils des Lyâng, musique de marche, dans la musique de marche des Swêi, il y a des chants portant les mêmes titres, mais la musique en est ditl'érente; vraisemblablement, ajoute l'auteur chinois, les textes s'en sont altérés avec le temps.
« La 16''annéeTchëng-yuên(800i,leroideNàn-tclmo, Yi-meoû-syûn", envoya un ambassadeur à Wèi Kâo, gouverneur du Kyén-nàn-si-tchhwân*, disant qu'il désirait otl'rir des chansons des barbares »... Wèi Kâo en forma la danse .Yiîh tchiio fung chéng... en G strophes et 0 systèmes; les danseurs, au nombre de G4, s'agenouillaient, se prosternaient et par leurs évolutions rappelaient le respect dû à la Cour'-'. L'empereur Te tsûng alla assister à la représentation de cette « danse dans la salle Lin-t<-. L'année suivante ou en ^ 802, à l'instigation du >'àn-tchào, le roi de Pyâo"', Yrmgkhyâng, envoya son frère Choû-nàii-thû, seigneur de la ville de Si-li-yi, présenter de la musique nationale par l'intermédiaire de Wèi Kâo, qui fit noter les sons et les danses. Il y avait 3b musiciens et 12 airs tous inspirés des sûtra et des castra; on remarqua chez
monta sur le trône en 770 ; il esl le troisième souverain de l'Etat de N'intch.âo, fondé dans la région de Tâ-li une cinquantaine d'années plus tôt.
8. \Vùi Kiio (746-S06) guerroya pour l'Empire contre les peuples de l'Occident, gouverna pendant 21 ans les provinces du sud-ouest (Soùtchhwân, Y'nn-n;în, etc., d'aujourd'hui) et laissa en mourant un grand nom chez les barbares (X" 4G, liv. 138, ff. 1 à .3).
9. Je suis sur ce point le texte très détaillé du n" 46, liv. 222 c), ff. U à 14; d'après le n» 45 et le n" 35, ce sérail le roi Vi-meoû-syûn qui aurait composé le Fônti chêng yù. L'autre version est plus vraisemblable, la description répondant bien à une représentation orcliestique chinoise; chaque strophe développe et symbolise l'un des caractères du litre ; le caractère ch^nij, saiiU, est traité de manière spéciale, ce qui implique l'usage de la langue chinoise et la connaissance des idées qui s'attachent au mot en question,
10. Le royaume de Pyào correspond â la Birmanie, et spécialement ;t la région de l'rome. sur l'iraonaddi; la tribu princii)ale était celle des Pyu ou l'ru. Ouanl au pays de Mi-lchhên, situé probablement aux bouches de riraouaddi, c'était peut-être u» Etat pégouan ll'çlliot, DeiLV Itinéraires, pp. 172 à 174 ; voir plus haut, note 7); le Thdng hirêi i/iio note que la musique de .Mi-tchhén était semblable à celle des Birmans. Le n* 4G, liv. 222 c), 11". 14 v^ à 17 v^, donne de copieux détails sur les instruments et les douze airs de l'orchestre birman. Tous les chants porlent le nom de p>/''to. le mot même qui désigne le pays ; simple rencontre plionétique vraisemblablement. La mélodie de cinq d'entr.e eux correspond à deux modes chinois, le sf/fio tclù ti/iio ou lin-tchông 2''«, le i/i i/ur li/'J--> ou hwâng-tchông 2''« ; le premier serait le syao chi ly.âo, où lin-tchông est en effet 2''" (X.VXVll, p. I17t : l'autre serait le vue tyào. où hw.'ingtebring est 2*'* (LXXll, p. 118}, Les danseurs sont em[doyés 2, 4, G. s on 10 ensemble. La plupart des instruments birmans ont été mentionnés chacun suivant sa classe ; il faut citer encore trois formes de khin à une ou deux cordes, avec une demi-gourde comme résnnnateur; l'accord se fait soit au moyen de chevilles, soit au moyen de chevalets mobiles : grand modèle, plus de 3 p. de long; cordes a vide fa^ sol p iN* 40. liv. 222 c), f. 15. — Voir p. r.i3. musiciens cambodgiens).
iifsroiiU' DE i.À unsrorr:
CCS musicifiis lour manif^re de chanter i'i l'unisson et tlo liaftre \:i mesure avec les dix doi(,'ts'.
Sous les Si'iiig- on trouve encore quelques mentions de musique élvanfjère : les envoy(5s étrangers présenlent il la Cour (OUI) des chants et des danses de leur |iays; l'orchestre de Kouleha exécute {'.ni) <leux mélodies avec une parlic des instruments traditionnels; le Korve envoie un orciiestre rituel avec des recueils musicaux (lllitl. Mais la Chine n'est plus alors en situation d'attirer les artistes des pays voisins; d'ailleurs le sentiment national et conluciaiiiste s'allirine dans cette période, s'oppose à ce qin n'est pas antique; les lettrés protestent contre les orchestres harhares. La réaction ne peut exclure toutefois les éléments élranfjers admis pendant plus de six siècles, principes musicaux et instruments, airs et costumes; par une élalioration que l'on perçoit surtout sous les Thàn;^, des éléments fondus est sorti un art nouveau dont les restes sont recounaissables à travers les textes.
La division en neuf ou dix orchestres existait encore en 242, lors du banquet offert par Thài tsnng aux grands fonctionnaires, et l'on voit plus tard deux des Dix Orchestres, ceux de Koutcha et des .Si-lyàng, accompagner encore des danses nouvelles '. Toutefois c'est peu après 6't2 ([ue la musique mêlée, tsà yii, San i/i'i. ou musique des banquets, i/('n yij, forma deux sections : Section debout, /'/ pou. qui joue debout dans la cour ou dans la partie basse de la salle; Section assise, t^unpoK, qui est placée dans la salle iiaute. Pendant la durée de la dynastie, le nombre des orchestres de ces deux sections s'est accru ; finalement le Thdng huci yio et les deux Tluing choïi énumèrent huit orchestres ou chonirs de la Section debout et six de la Section assise.