Découvertes en ChaîdA
il. Ce bas-relief estactuelleineat au Louvre, salle assyrienne. II a élé reproduit notamment dans Hiai/tv-DE Sarzec, Découvertes en Clialdie, pi. 23, et Maspero, Histoire des peuples de l'Orient, t. I, p. 610.
3. P. 30. col. 2. Un iuslrument tout à fait analogue, quoique pi us petit
FiG. 69. — Cithare sumérienne-.
Nous ne croyons pas qu'il faille rapprocher l'instrument de Telloh de la famille des harpes. Ce semble être plutôt une cithare, de très grande taille, il est vrai, mais en tout semblable aux cithares assyriennes dont nous parlerons plus loin^. Dans la harpe, en effet, les cordes s'attachent à la caisse de résonnance directement et sans passer par-dessus. Dans notre instrument, au contraire, comme dans la cithare, les cordes sont placées en partie au-dessus de la caisse sonore et y sont fixées par un cordier en saillie. Enfin, dans la harpe, l'un des montants forme caisse de résonnance, ce qui ne semble pas exister dans notre instrument.
Cette grande cithare était un instrument assez perfectionné et devait donner des sons graves et profonds. On en jouait assis, en pinçant les cordes des deux mains.
Au registre supérieur du bas-relief, un personnage s'avance, revêtu d'une longue robe frangée , tenant d'une main une sorte de disque et de l'autre un bâton terminé par un objet cylindrique. Derrière lui marchent un individu, une tige assez indistincte à la main, et deux personnages dont l'un frappe dans ses mains et l'autre chante un hymne religieux. On a voulu voir là aussi des musiciens : le premier frapperait sur un tambourin avec un petit maillet, le second tiendrait une flûte. En réalité, il s'agit de tout autre chose. Le premier personnage semble être un sacrificateur; il porte une patère et un simpulum, irodet de bronze emmanché de bois et servant à puiser le liquide consacré dans les grands vases. On en a retrouvé plusieurs exemplaires dans les ruines de Telloh'. Le second personnage parait tenir une de ces
se trouve entre les mains d'un Syrien peint sur une tombe égyptienne de la XII° dynastie. Voir Musique en Syro-I^hènicie, p. o-, col. 1, où cette peinture est reproduite et commentée. 4. Dtcoucertes en Chaldée, pi. xli.
iirsroiRE /)!■: i..i imJsiQir:
lierminellos chaldcciincs à lonj^ iiiaiiolie, dont les louilleiirs de M. do Sui7.ci; ont découvert ([uelques spécimens '.
11 seinlde donc diflicile de voir là des instruments de nuisitiue.
Le second dociinienl, musical n'a guère do valeur; c'est un cylindre en héinatilcqui so trouve au cabinet des Antiiiues du Louvre. (Jnoiqu'il soil do provenance incertaine, on l'attribue gcnéralcmentaux Sumériens. Il représente des scènes de la vie au.x champs. L'on y voit notannnent un berger qui semble jouer d'une sorte de llftte (lig. 70). La petitesse du sujet et la gau-
FiG. 70. — Musique champêtre^.
chérie de l'artiste ne permettent pas de se rendre très bien compte de la facture de l'instrument. Il parait appartenir au type ?nona!(/e, c'est-à-dire se composer d'un seul tuyau; la façon dont le musicien enjoué tendrait à faire croire que l'instrument n'avait ni anche, ni ouverture à bec, et qu'on se contentait de diriger le courant d'air sur le bord de l'extrémité du tube. Ce dernier, très long, devait permettre l'émission de sons graves.
Telles sont les deux seules représentations d'instruments de musique que les Sumériens nous aient laissées. Mais la première suffirait seule à nous montrer que l'art du luthier était déjà très développé. La cithare de Telloh est un très bel instrument; sa grande taille, sa disposition, son ornemenlation, dénotent une grande habileté de facture.
Les sources littéraires. — Les inscriptions du patt'si de Sirpoula, Goudéa% renferment assez souvent la mention d'instruments de musique; malheureusement, ce n'est qu'en passant et sans beaucoup de détails.
Le plus fréquent est le halag. Le même mot en assyrien désignant une sorte de tambour', on rangea l'instrument sumérien parmi les instruments à percussion. Mais dans une liste de fondations pieuses il est parlé d'un balag en bois de cèdre''; M. Thureau- Dangin" en a conclu que c'était « une lyre », c'està-dire une cithare. Une inscription de Goudéa" décrit ainsi l'i[istrument : n Le corps du halag était comme un taureau mugissant, n Nous traduisons par coj'ps du balag les deux mots sumériens aga bataga, que M. Ïhureau-Dangin rend par « portique de la lyre »;
le mot aga veut dire : ce qui est derrière, et doit ilésigner par suite, quand il s'agit d'un instrument à cordes, la caisse de résonnance. l'récisémeni, celle de la cithare do l'elloli dont nous avons parlé plus haut est (irnéc d'un taureau mugissant qui send)le, avonsnous dit, personnilier sa puissante sonorité. La coïncidence est curieuse; elle nioidre ipio les sujets de (loudéa connaissaient des instruments à sons graves et profonds, ([u'ils comp.Tcaient volontiers aux mugissements sourds des taureaux sauvages.
La fabrication de ces inslruments était un important événement; les rois n'oubliaient pas de mentionner parmi leurs fondations ([u'ils avaient fait un //'/lag^, et l'on voit morne un contrat daté ainsi: " Aimée où a été fait le fca/rtg d'Oushoumgal-kalamma'. >'
On trouve souvent le mot balag associé à un nom propre d'homme ou de femme; M. Thureau-Dangiu a pensé que c'était le nom de l'instrument; nous no le croyons pas, et, dans tous les cas où l'expression ne veut pas dire : balag d'un tel, le génitif étant rarement marqué en sumérien, nous sommes d'avis que le mot a fini par désigner l'instrumentiste.
En outre, les Sumériens appelaient également de ce nom des sortes de chants funèbres, probablement parce que le balag servait à les accompagner'". Chez les Assyriens, c'étaient des litanies religieuses en tout semblables à celles du culte catholique.
Leslextesde Goudéa parlent brièvement de Ia41i1le, tigia: les Assyriens nomniaienl ainsi un instrument à vent en bronze en forme de roseau.
Enfin, il est plusieurs fois fait mention d'instruments qui <• brillent comme le jour », les sim-ala, où M. Thureau-Dangin voit des cymbales, le même mot désignant une sorte de timbale à libations". Les sons nets et bruyants de ces instruments étaient les accessoires obligés des fêtes religieuses qui se déroulaient sur le parvis des temples'-.
La musique et les musiciens. — Les rares mentions de musiciens qui se trouvent dans les textes nous les représentent comme faisant partie du sacerdoce d'une des grandes divinités chaldéennes.
i II est question à plusieurs reprises d'un musicien cher au grand dieu Mn-Girsou, Oushoumgal-kalamma'^ Il était nar, c'est-à-dire quelque chose comme chantre, musicien du dieu; son talent ne se bornait pas à un seul instrument, on lui voit entre les mains tantôt un balag, tantôt une tlùte, voiie même des cymbales. Le dieu, croyait-on, aimait s'inspirer de ses accords harmonieux; aussi était-il fort considéré dans le temple, et c'était lui qui marchait à la tète des processions. Naturellement, un si haut personnage ne se servait pas d'instrument de médiocre facture; son balag avait été fait avec tant de soin que l'année de sa fabrication en avait pris son nom'*.
Dans le même sacerdoce, nous connaissons aussi un autre joueur de balag. Lougal-igi-houshan, moins connu et moins haut placé'». Les textes nous parlent aussi d'une joueuse de balag. Mn-dagal-ki, attachée à la maison delà déesse baou; son instrument