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avait élé fait sur l'ordre de Goudéa ', en même temps qu'un des temples de cette divinité.
Tous ces musiciens étaient des personnages fort importants, et la petite fille de Naram-Sin, un des plus grands monarques de cette lointaine époque, ne dédaignait pas le litre de chanteuse de Sin^. Les dieux, pensaient les Sumériens, charmés par les doux sons des cithares et des flûtes, se laissaient plus facilement toucher par les prières des hommes. Ce goût pour la musique, on le connaissait bien; ils l'avaient manifesté en maintes occasions; la déesse Nina n'avait-elle pas un jour vivement conseillé à Goudéa de placer auprès du seigneur Nin-Girsou un musicien qui lui fût cher et qui pût charmer ses réflexions par son instrument sonore^? Le dieu lui-même avait ordonné à ce << bon pasteur plein de sagesse » de placer dans son temple son chantre chéri Oushoumgal-kalamma et le joueur de balag, Lougal-igi-boushan, « afin de rendre le séjour du sanctuaire agréable >• i>. La déesse Nina s'adonnait à l'art de la musique; tandis que les dieux, ses frères, travaillaient au bonheur des fidèles sujets du bon palési, elle les encourageait par la douceur de ses chants ^ Ainsi, dans l'Olympe grec, Phoibos- Apollon ravissait les immortels par les sons de sa jihorminx''.
La musique jouait un grand rôle dans les cérémonies religieuses. Quand, sur le parvis du temple, en face de tout le peuple, les prêtres espéraient par leurs prières écarter de leur pays les calamités, les accords graves et puissants des balag, les sons stridents des cymbales d'airain, appelaient sur leurs hymnes l'attention des dieux et surexcitaient la fureur religieuse des dévots^ Alors même que le prêlre-roi pénétrait dans le Saint des Saints pour s'entretenir seul à seul avec son dieu, des musiciens étaient chargés de prolonger son extase mystique par les sons de leurs tlùtes et de leurs balag''.
Aux enterrements, il était d'usage de chanter des psalmodies plaintives que l'on appelait des balag, du nom de l'instrument qui les accompagnait ; des femmes de pleurs poussaient des gémissements, appelant le mort et énuméraut ses vertus. Pendant les épidémies, on entendait fréquemment chanter ces hymnes funèbres; aussi, pour dépeindre l'ère de félicité que fut le règne de Goudéa, un texte nous assure que de son temps « le prêtre ne fit pas de balag, la femme de pleurs ne fit pas de lamentations^ ».
Nous ne connaissons guère que la musique religieuse de ces vieux peuples; les textes ne mentionnent presque tous que des fondations pieuses des patési et des rois. Sans doute, comme à la cour des rois d'Assour, héritiers de la civilisation chaldéenne, y avait-il des musiciens auprès de ces grands monarques; mais les textes et les monuments sont muets à cet égard.
Un curieux cylindre, dont nous avons parlé plus haut'", nous offre une scène musicale amusante. Un berger vient de lâcher dans une prairie les chèvres qu'il a fait sortir de l'écurie; il s'est assis sur un siège portatif, a posé devant lui son bissac et, tandis que ses bêtes gambadent sur l'herbe, il lire d'un long tuyau des sons plus ou moins harmonieux qui font