V. fig. 76, p
10. D'après un bas-relief du British Muséum. Rawlinson, Five Great Monarchies, Londres. 1871, t. I. p. 533.
Fis. 73.
Cithare rectangulaire*.
Fig. 74.
Cithare de luxe"
EXCYCLOPÉniE DE LA Mf'SlQIE ET DIcriOWAIRE DU COSSEJiVATOIRE
FiG. 73
Inslrumenls intermédiaires. — On rencontre assez souvent sur les bas-reliefs assyriens un instrument qui, à première vue, est une cithare; mais il n'en a que la forme extérieure et se rattache plutôt à la famille des harpes. En effet, les cordes sont fixées au bord supérieur du corps sonore au lieu de passer par dessus, ce qui est bien la disposition de la harpe. Un bas-relief de Ninive nous donne
'<& I ^ un exemple de cet instrument
4'»^,x- ;-'' -• ' ((ig. 7oj; malheureusement il
Harpe en forme est un peu détérioré, et la
de cithare'. partie la plus intéressante est
cachée par l'instrumentiste ; on
voit assez bien cependant le point d'attache de l'une
des cordes, et l'épaisseur du montant supérieur fait
présumer qu'il devait être creux; les cordes sont
parallèles et au nombre de sept, la traverse est légèrement courbe.
La disposilion de ce type curieux se voit d'une façon plus claire dans l'orchestre ninivite dont nous avons déjà parlé-, entre les mains du premier musicien de droite ; l'instrument offre tout l'aspect d'une cithare; mais les montants semblent être creux , et surtout les cordes s'attachent au bord supérieur de la caisse de résonnance; elles sont au nombre de huit et disposées en éventail; la traverse sur laquelle elles sont fixées est droite.
Nous rattachons à la même famille un petit instrument oùFétis' voyait, sans beaucoup de raisons, une samhiiqtte: la forme en est triangu- ■ Harpe-cithare', laire, et les montants en semblent bien être creux; il y a quatre cordes parallèles dont les ditlérences de grosseur et de longueur sont nettement indiquées (fig. 77). Les instruments à manche. — Les Assyriens ont connu un instrument à manche assez simple qui se retrouve très fréquemment sur les monuments égyptiens.
Le corps, en forme de poire, est de toute petite taille; il est surmonté d'un manche très mince et très long; les cordes ne sont point indiquées; mais l'étroitesse du manche et les deux cordons qui pendent à son extrémité font présumer qu'elles devaient être au nombre de deux (lig. 78). Le musicien tient l'instrument sous le bras droit, de sa main droite il gratte les cordes à la naissance du manche, tandis que delà gauche il les serre contre le manche, pour en diminuer la longueur.
itj. — Orchestre ninivite
Fig. '
Fi». 78. — Instrument k manche'^.
Les Instruments a vent. • — Les Assyriens avaient, nous le verrons plus loin, plusieurs noms pour désigner la ilùte; les monuments nous en présentent fort peu d'exemplaires, et si l'on n'avait pas le témoignage probant des textes, on pourrait croire que cette famille d'instruments fut peu usitée sur les bords de l'Euphrale.
Ceux que nous connaissons sont de ces doubles tliltes à tuyaux égaux que les Latins appelaientllù tes S(/)'rnn(V)!»es, c'est-à-dire tyriennes, parce qu'elles étaient fort en usage à Tyr; nous en trouvons un exemplaire sur un bas-relief de Ninive {fig. 79). Les tuyaux
sont de petite taille; on distingue mal s'ils avaient une ou deux embouchures. Les doigts du musicien y étant tous appliqués, on peut en conclure qu'ils étaient munis de cinq trous; cela ferait six notes pour chaque tuyau; mais les deux tuyaux étaient-ils au même diapason ou non, et, par suite, l'instrument avait-il six notes ou douze'? Bien que cette dernière opinion paraisse vraisemblable, on ne peut l'affirmer avec certitude.
On a découvert dans les ruines de Birs-Niniroud une sorte de sifflet en terre cuite qui se trouve aujourd'hui au musée de la .Société asiatique de Londres (fig.
80), mais on ignore absolument dans quelles conditions il a élé trouvé, et son authenticité est très douteuse. L'instrument est d'ailleurs très simple : un cône à base évasée, évidé à l'intérieur, et le sommet percé d'un trou; sur le pourtour se trouvent une ouverture oblongue taillée en biseau, et au-dessous deux trous circulaires. Le souffle introduit par le trou supérieur était repoussé par le fond et, venant se briser sur l'ouverture biseautée, formait l'intonation, que l'on variait en bouchant les trous avec les doigts. Fétis, qui a pu jouer de l'instrument, a fait les remarques suivantes:
« Lorsque ces trous sont bouchés, le son produit répond à î(< du diapason du conservatoire de Bruxelles, de l'orchestre de Berlin et de celui de Saint-Pétersbourg [la à 90o vibrations). Si un trou seulement est bouché, le son est mi, et si les deux trous sont ouverts l'intonation est sol, en sorte que la
Fig. 79. — Double fliite assyrienne'.
Fig. bO. — Sifflet à deux trous.
1. D'après un bas-rclicf du Ëritisli Muséum. Rawlinsos, Five Great .UonarcAies, IS71, t. I, p. 533.
ï. Voir fig. 76.
3. Bas-relief du Musée du Louvre. Dans Rawlissos, loco cit., p. 535, riii5t''umeDt est mal dessiné.
4 KtTis, Histoire de ta musique, t. I, p. 328
5. Bas-relief du Brilish Muséum. Rawhnsos, toco cit., p. 531.
6. Bas-relief de Koujoundjili, Ijritisli Muséum. Voir Pebhot-Chiime/. Histoire de l'art, t. Il, p. SOI ; Diebsath, die Guilarre seit ilem III Jahrtausend ror (Jliristus, Berlin, 1007.
7. Bas-relief de Koujoundjik, British Muséum ; Rawmsson, Five Great Monarchies, t. I, p. 534.
HISTOIRE DE LA MI'SKjlE
série des sons est celle-ci:
Il est ri'marqiinlilc iiiic, lorsque la tierce du preuiiiMson est l'orniOe en bouchant le trou de la gauche, 1 intervalle est h peu prrs juste; mais si elle se produit en bourlianl le Irou delà droite, elle est plus basse d'un quait de ton'. »
Notons enlin, parmi les instruments à vent, la trompette; ce n'est pas chez les Assvriens, à proprement parler, un instrument de musique, mais philùt une trompe d'appel. Les porteurs de cet instrument sont ordinairement juchés sur un firos bloc de pierre, tiré par des troupes d'hommes, et semblent être des chefs de travau.x.
FiG. 81-S2. — Sonneurs de trompette'.
iNous trouvons deux types de ces instruments: l'un, fort long, est légèrement évasé àson extrémité(fif!.81); il ressemble aux trompettes juives figurées sur l'arc de Titus; l'autre (fig. 82) est plus large, et son pavillon est d'assez grande dimension; l'état ruiné du bas-relief ne permet pas de se rendre compte de sa longueur.
Les instruments a percussion. — Comme tous les peuples d'Orient, les Assyriens ont fait grand usage des instruments à sons bruyants, tambours et cymbales ; nous avons vu que les Sumériens, eux aussi, leur donnaient une grande place dans leurs cérémonies religieuses.
Les tambours. — Les tambours assyriens sont fort différents de notre tambour actuel; ils rappellent plutôt le tambour de basque et la timbale.
Dans l'orcliestre ninivite, dont nous avons déjà parlé', le premier musicien de gauche lient une sorte de disque, sans doute en peau tendue sur un châssis, qu'il frappe avec le plaide la main droite. Il n'y a pas, comme dans le tambour de basque, de rondelles métalliques. Cet instrument, bien connu en Grèce, y portait le nom de lyinpanon.
Les timbales assyriennes se composent d'un corps vraisemblablement en bronze, soit cylindrique et de petite taille, soit très grand et en forme de cône ren-
FiG. 83. — Timbales assyriennes'.