Expcd. Alex., VI, 3, 10 (éd. Didot, p
ble que le chant' », — idée courante dans la littérature, et que le Traité sur le Théâtre de Bharata avait déjà exprimée ainsi : «J'ai entendu en propres termes cette parole de la bouche de Çiva, dieu des dieux : i< Pour moi, je préfère le chant et la musique des « instruments à des milliers de prières et de bains. (< Partout où porte le son pur des instruments et du « chant, il ne sauraity avoirjaraais là rien d'impur''. »
Témoignage des Grecs, etc. — Les Grecs avaient, dès l'époque d'Alexamlre, remarqué celte passion des Hindous pour le chant, la musique et la danse. Arrien' nous les représente se portant à la rencontre du roi de Macédoine, sur les rives de l'Hydaspe, et lui faisant cortège aux sons de leur musique barbare. « C'est que, dit-il, ils sont, comme pas un, amateurs de musique, et pratiquent avec amour la danse, depuis l'époque oii Bacchus et ses compagnons menèrent leurs bacchanales sur la terre indienne. » Mégasthène raconte que le même Dionysos " apprit aux Indiens à honorer les autres dieux et lui-même en jouant des cymbales et des timbales ; il leur apprit aussi la danse satirique appelée chez les Grecs kordax^. » Ailleurs, .\rrien indique encore la musique parmi les procédés dont ils usent pour dompter les éléphants : « Formant le cercle autour d'eux, les Indiens emploient les chants et font retentir tambours et cymbales, pour chercher à les apprivoiser'". »
Au dire deStrabon {Géographie, X, m, 17), les Grecs regardaient la musique, « considérée au triple point de vue de In mélodie, du rythme et des instruments», comme originaire de la Thrace et de l'Asie... << D'autre part, les poètes, qui ont fait de l'Asie entière jusqu'à l'Inde le domaine ou territoire sacré de Dionysos, prétendent assigner à la musique une origine presque exclusivement asiatique. L'un d'eux, par exemple, en parlant de la lyre, dira : Il fait vibrer les cordes de la cithare asiatique"... ». Il nous apprend (XV, i, oo) que les cortèges des rois indiens étaient précédés de timbaliers et de joueurs de cymbales'^. Nous lui devons encore ce renseignement (éd. Miiller-Didot, 82, 18), que « les jeunes musiciennes d'origine occidentale étaient... un article d'importation assuré de plaire dans l'Inde'^... ». Eudoxe de Cyzique, ce précurseur de Colomb, partant de Gadès pour aller dans l'Inde, embarque en guise de cargaison [jio'jT'.zà -iz-x'.o'.T/.ipii... D'après Pausanias (VIII, 23, 6) et Pline (Hist. nul., IX, l.'j), les Indiens fabriquaient des lyres avec des écailles de tortues.
Indications tirées de la littérature classique de l'Inde. — Mais les ouvrages des Hindous eux-mêmes suffisent à montrer la place que tenaient la musique vocale et instrumentale, aussi bien que la danse, dans toutes les cérémonies du culte, dans tontes les occasions de fêtes, à tous les moments de leur vie, en un mot. Sans toucher à la période védique, qui fera l'objet d'un chapitre spécial'*, nous pouvons enregistrer
9. Cette danse est sans doute le tàndava, créé par Çiva (.V.-ç., IV, 13, 251-263, etc.). Arrien. Indica, VII.
10. Indica, 14 (éd. Didot, p.Jl.'il. Comp. Strabo (XV, I, 42) : |jLe>,'.5|iû -;vi xal T'ja~av.j;j.w; et Martianus Capella, De Xttpt. Mercurii et phUolog., I.\ ; " Elephantos Indicos organica permulsos detincri voce compertum. "